« On n'est pas la poubelle de Marseille » : quand les croisières n'amusent plus

Dimanche 8 juillet 2018 à 17h04

Premier port de croisières français avec plus de 500 escales annuelles, la deuxième ville de France profite de la manne financière générée par cette activité touristique, mais les habitants des quartiers Nord dénoncent son coût environnemental exorbitant.


Reuters

Pendant le premier week-end de juillet, la cité phocéenne a accueilli cinq mastodontes des mers qui se sont alignés le long du môle Léon-Gourret, le terminal "méga paquebots" du Grand Port Maritime de Marseille (GPMM), au nord de la ville. "Les retours économiques sont indéniables", dit Jean-François Suhas, président du Club de la Croisière Marseille-Provence en charge du développement de l’activité. Selon une étude réalisée par la Chambre de commerce et d'industrie Marseille-Provence, elle a généré 310 millions d'euros de retombées économiques en 2016, soit l'équivalent de 2.000 emplois temps plein, créés ou conservés. Elle a aussi permis de relancer la réparation navale dans la deuxième ville de France, qui avait été mise à terre par la crise pétrolière et l'émergence de la concurrence asiatique.

Mais le boom de la croisière fait réagir l'opposition socialiste, qui a tenté de faire voter le 25 juin par le conseil municipal une taxe de séjour sur les croisiéristes, un amendement rejeté par la majorité Les Républicains. Chef de file Parti socialiste à Marseille, Benoît Payan : "Chaque touriste s'acquitte normalement d’une taxe de séjour (...) sauf les 1,5 millions de croisiéristes qui font escale à Marseille." Selon l'élu socialiste, les recettes correspondantes auraient pu par exemple "servir à lutter contre la pollution atmosphérique qu'engendrent ces bateaux". En juillet 2017, France nature environnement (FNE) estimait le nombre de particules fines dans l’air jusqu’à 100 fois plus élevé à proximité du port qu’ailleurs dans la ville.

Le groupe italien Costa, leader européen de la croisière, et le port vont déployer des technologies de nettoyage des gaz permettant d’éliminer jusqu’à 97,1% du dioxyde de souffre et environ 90% des particules fines. Le port de Marseille a pour sa part été le premier en France à installer un système de branchement électrique pour les ferries, un dispositif qui pourrait être à terme utilisé par les navires de croisière pour passer du fonctionnement moteur à l’alimentation électrique "sans rupture de service" à bord.

 

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