Bertrand de Broc, un élan partagé

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PORTRAIT : Par deux fois, Bertrand de Broc (Votre nom autour du monde avec EDM Projets) a abandonné sur le Vendée Globe alors qu’il était en troisième position. Pour cette nouvelle édition, boucler la boucle serait une belle histoire.


Crédits photo : Th Martinez/Sea&co

Son premier Vendée Globe, c’était il y a déjà 20 ans. Las ! Vive le chaland qui passe. De ce périple initiatique, le grand public a gardé en mémoire le fait qu’il se soit recousu la langue après avoir pris un coup de bôme en pleine poire. De fil en aiguille, le parcours de marin de Bertrand de Broc a suivi les instincts et aléas du moment. Nouvelle tentative en 96, expériences en multicoques, des dizaines de Solitaires du Figaro et quelques nombreuses navigations alimentaires. Avec comme port d’attache Sainte-Marine en bord d’Odet, fleuve dans lequel il aimait se baigner quand ce dernier était encore clair.
La croix du Sud brille donc à nouveau dans ses yeux : « Prendre le pari de repartir sur une telle aventure le 21 janvier dernier, titillé par des personnes bien intentionnées, fut chose facile. Les nuits qui ont suivi, elles, ne l’ont pas été. Le projet s’annonçait monstrueux. L’histoire de Votre nom autour du monde de 96 était partie alors que nous avions déjà la moitié du budget. Là, il n’y avait absolument rien. On a d’abord lancé l’idée sur Internet et les réseaux sociaux. Rapidement, deux jeunes femmes sont venues bénévolement nous aider ma compagne Isabelle et moi. Elles ont déménagé un boulot incroyable. Et puis il a eu l’arrivée de la société EDM Projets qui a financé la moitié de l’achat de l’ancien Brit Air d’Armel Le Cléac’h. Une centaine d’entreprises nous a également suivi avec des sommes allant de 1000 à 100.000 euros. Mais il y a aussi tous ces particuliers anonymes et skippers comme mon cousin Marc Guillemot qui ont eu un coup de cœur pour cette histoire ».


Coup de blues


L’euphorie est là, mais le Quimpérois de naissance doit avant tout avaler ses 4000 milles de qualification : « En partant en août, après un golfe à fond sous spi, je me suis arrêté à La Corogne faute de vent. J’étais tellement épuisé par toute cette préparation intense que j’ai eu un immense coup de blues. Après une bonne nuit de réflexion, je suis reparti pour 17 jours. Et tout a changé. J’ai repris le goût de la navigation, l’envie ». Celle-là même qui l’avait abandonné en 2002 alors qu’il était en multicoque sur la Route du Rhum.
Son regard azuré sur le monde de la course au large a suivi l’évolution des techniques : « Pas mal de choses ont changé, mais nous restons tous des compétiteurs comme à l’origine. Le parcours est pratiquement le même, les bateaux font la même longueur et il faut avoir la même motivation. Que l’on soit coureur au large ou régatier. D’ailleurs, je ne suis pas certain qu’il y ait cette fois-ci quelqu’un qui éclate tout le monde ».


Confiance


Obligé par deux fois d’arrêter pour des problèmes de quille, en 96 il avait même été hélitreuillé alors que son bateau était en train de sombrer, Bertrand de Broc part en confiance avec le désir de boucler la boucle : « Pour moi la course se joue dans les mers du Sud. J’espère ne pas avoir trop de retard en y arrivant. Il faut vraiment avoir confiance dans son pilote quand le bateau progresse à plus de 25 nœuds au portant. Pour pouvoir se reposer quand le bateau hurle, il faut avoir bien optimisé voilure et poids. Cela permet de soulager les safrans qui souffrent en premier. J’ai d’ailleurs réduit ma corne de grand voile. Là, c’est la réflexion d’un navigateur qui a fait un peu de route et qui sait qu’il ne faut pas naviguer aussi en force avec la quille. Mon tableau de marche sera celui d’Armel en 2008. Une course régulière et intelligente où il termine deuxième ».
Le Finistérien assure que tout le monde a sa chance. Il ne cherchera pas à accrocher le paquet de tête. La timbale n’étant pas le but de son projet. Avec ses deux amis, le pilote et le baromètre, il ne souhaite qu’une chose, raconter une belle histoire enfin achevée.
 



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