Dominique Wavre, une passion millésimée

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PORTRAIT : Un quatrième départ, une quatrième aventure. Le Suisse Dominique Wavre (Mirabaud) part avec enthousiasme vers les mers du Sud. Avec en tête encore l’envie de faire un beau résultat.


Crédits photo : Thierry Martinez/Mirabaud

Enfant, il se rêvait cosmonaute. A défaut d’espace, le lac Léman et la compétition sur tous types de bateaux ont malgré tout été les rampes de lancement d’une carrière chevauchant abscisses et ordonnées de la planète. Un nombre de milles astronomique. Dominique Wavre est le vétéran du plateau. Il en faut bien un. Son CV nautique rend aphone les hérauts de joutes navales tant il est constellé de pérégrinations salées. Whitbread, America’s Cup, Tour de France à la Voile, circuit Figaro, transats en tout genre, et… trois Vendée Globe. Respirez ! C’est l’école des Beaux Arts.


Le Genevois ne pense pas à la retraite. Loin s’en faut. Elle sera sans doute bien maigre. Les hasards et rencontres ont tout simplement conduit sa vie de marin respirant le travail bien fait : « Je n’ai jamais pensé ma vie en termes de métier. Cela s’est déroulé passion après passion. Même après l’accident la dernière fois où j’ai perdu ma quille, j’ai pris la présidence de la classe IMOCA par intérim. En faisant évoluer certains textes sur la jauge pour éviter une trop grande différence entre anciens et nouveaux bateaux. Et puis, comme j’avais su préserver le mien, avec un nouveau sponsor, repartir sur le Vendée avec un petit esprit de revanche était pour moi légitime ».


Confiance


A 57 ans, ses rides halées ne cache pas la rouille. Dominique Wavre se dit affûté : « Il y a une part aventureuse et une part compétition, une part technologie et une part humaine. L’âge n’est pas trop important. Tant que tu te sens capable de le faire, que tes muscles et tes artères vont bien, il n’y a pas de problème. Les critères importants, c’est la qualité de ta préparation, celle de ton bateau, la confiance que tu as en toi pour aller dans le grand Sud où les fortunes, ou plutôt les infortunes de mer, t’angoissent ».
Cinquième en 2001, quatrième en 2005, la dernière édition, donc, s’est malheureusement achevée trop vite. Mais pas dans le désolation : « Nous nous sommes retrouvés avec Bernard Stamm avec nos quilles cassées aux Kerguelen. J’étais à son bord quand son bateau est allé dans les cailloux. Moi, je suis reparti de mon mouillage pour l’Australie. Une chose invraisemblable à faire, débile. J’étais en danger mais je n’étais pas en train de couler. J’ai donc sauvé le bateau et me voici avec lui pour un nouveau départ. Ce n’était donc pas un échec ».


Idée compulsive


Le Suisse n’est pas un homme d’affaires, mais quelqu’un de convaincant. La banque Mirabaud, son sponsor, a apprécié sa personnalité, ses compétences et ses capacités à monter le projet. Et son idée compulsive, croiser à nouveau dans les mers du Sud : « Je connais bien le terrain de jeu de l’Atlantique. Même si le Sud est borné cette fois-ci avec des portes à passer, elles sont là pour nous protéger des glaces mais pas des tempêtes, le A d’Aventure a un peu perdu de sa taille. Mais cela reste des déserts formidables. Être confronté aux vagues et aux houles incroyables est fabuleux. Et à chaque fois, il se passe un truc. Nous savons tous que quelque chose peut nous tomber dessus. Là est la magie ».


Son plan Owen/Clarke mis à l’eau en 2006 a évolué, avec un mât de toute dernière génération, une casquette rallongée. Il est certes plus lourd que certains mais très polyvalent et fiabilisé. Cela donne à Dominique Wavre des envies de briller : « Comme lui, j’ai mes armes. Je suis assez serein, je pense que je vais m’éclater. En tous les cas, cela sera moins dur pour moi que pour ma compagne, Michèle Paret qui est mon chef de projet et co-skipper sur d’autres courses ».
Les jeunes pousses et autres cadors de cette 7e édition du Vendée Globe auront certainement un œil sur la progression de l’Helvète. Rigoureuse en précision n’en doutons pas. En souhaitant qu’il s’abreuve telle une éponge de l’émotion que l’on ressent en rentrant chez soi.

 



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