Vendée Globe : Le Cléac'h et Beyou à maturité

Mots clés : , ,

Quatre ans après leur première circumnavigation aux fortunes opposées, les marins ont pris une nouvelle dimension.


- / La Chaîne Météo

UN MÊME terreau, la baie de Morlaix. Un apprentissage commun, le circuit Figaro. Il y a quatre ans, Jérémie Beyou et Armel Le Cléac'h avaient débarqué aux Sables-d'Olonne, figures d'une nouvelle garde sans peur à l'idée de caracoler aux côtés d'illustres aînés. À bord de leur machine rutilante, ils participaient à l'euphorie d'une édition d'exception. Leur destin sur leur premier Vendée Globe a été opposé, le premier voyant son voyage stoppé net avant le demi-tour de la planète, l'autre bouclant la boucle en deuxième position.

 

Quatre ans plus tard, ils ont gagné quelques cheveux gris et ce détachement de ceux qui ont roulé leur bosse. Cette fois, ils n'ont pas eu de prototype à concevoir. Armel Le Cléac'h a intégré l'écurie Banque populaire pour piloter l'un des nouveaux plans Verdier-VPLP, celui que Michel Desjoyeaux a imaginé en 2010. L'an passé, Maître Coq a permis à Jérémie Beyou de récupérer le plan Farr, vainqueur de la dernière édition dans les poignes du même Desjoyeaux. Avant d'annoncer jeudi la prolongation de ce partenariat jusqu'à l'édition 2016. «Pour notre premier Vendée Globe, nous étions trop dans la technologie, l'innovation, pose Jérémie Beyou. Cette dimension rassure ou stresse. Mais elle prenait tout notre temps, notre énergie. Alors que l'important est de naviguer.» Et, pendant quatre ans, les deux compères ont avalé des milles sur ces monstres de 60 pieds, toujours plus exigeants. Et ils sont revenus à plus de simplicité, de celle qui parle juste de maîtrise. «Cette fois, on est allé vers l'essentiel, sans révolutionner les choses», abonde Le Cléac'h. Et les lauriers ont fleuri. À un an d'intervalle, en 2010 et 2011, ces marins élevés à la raison de la «Vallée des fous» de Port-la-Forêt sont entrés dans le cercle des doubles vainqueurs de la Solitaire du Figaro. Celui des grands.

 

Le Vendée Globe n'était pas une obsession pour cette génération de figaristes, à laquelle appartient Yann Eliès, gravement blessé sur le Vendée Globe 2008. Il l'est devenu. À 35 et 36 ans, les deux complices de la baie deviendront comme deux frères «ennemis». Armel Le Cléac'h a été intronisé favori, Jérémie Beyou, outsider sérieux. Le premier a l'expérience d'une circumnavigation en solitaire et dispose d'un bateau récent. Quand le second doit boucler son tour avec un bateau de l'ancienne génération, fiable mais un ton en dessous à certaines allures. «Avoir pris de l'expérience sur ces gros bateaux permet de ne plus être effrayé par la machine, pose Beyou. Et je suis plus confiant de partir sur mon bateau que sur d'autres. Je crois que cela se verra dans la façon de naviguer.» Le «Chacal», surnom de Le Cléac'h, serait bien le dernier à ne pas craindre le Beyou sortant du bois. Tout en assumant son statut: «En 2008, dans le sud, je n'étais pas dans le tempo des leaders, je n'étais pas à l'aise. J'ai fait ma course car l'objectif était de finir. Cette fois, la barre est placée plus haut. Je pousserai le curseur plus loin.»

 

L'expérience de 2008 a appris à ces deux régatiers dans l'âme que l'aventure pouvait être au coin d'une vague, d'une casse, d'un appel à se dérouter. Ils l'intègrent mieux aujourd'hui. «À défaut de peur, il y a du stress, oui. Les accidents des autres sont durs à vivre. J'ai vécu celui de Jean (Le Cam). Ça vient d'un coup, on s'imagine plein de choses», souligne Armel Le Cléac'h. «Nous ne cherchons pas l'aventure, nous sommes dans le cadre d'une grande course», rappelle Jérémie Beyou. Dans laquelle ils auraient aimé voir, comme eux en 2008, plus de jeunes sur leur premier départ.



SERVICE:
Toutes les prévisions météo du littoral et en mer pour la France par téléphone au 3201*.
Toutes les prévisions météo de vos voyages et vos navigations à l'étranger au 3264**.
* 3201 : Prévisions pour la France - 2,99€ par appel   ** 3264 : Prévisions pour le Monde - 2,99€ par appel
Fermer
Recevez chaque jeudi les coups de coeur de la rédaction