Course au large : de plus en plus de collisions avec les géants des mers

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La collision entre le skipper du Vendée Globe et un chalutier pose la question de la sécurité en mer et notamment de la navigation dans des zones de trafic très dense.


Crédit Photo AFP.

Le trafic maritime augmente et les risques de collision aussi. L’incident survenu à Kito de Pavant lundi au large du Cap Finistère est devenu classique au large de nos côtes. « Je n'ai pas de colère contre les pêcheurs mais contre moi, expliquait le marin lundi, parce que ce truc-là n'aurait pas dû arriver. On ne pouvait pas le prévoir, mais je m'en veux de m'être couché au mauvais moment. Ce risque de collision existe toujours en solitaire, avec les cargos, les pêcheurs. »

Lors de la dernière édition du Vendée Globe, c’est Bernard Stamm qui avait dû rentrer précipitamment au port après avoir percuté un cargo. Quelques jours auparavant, c’est le Britannique Alex Thomson qui avait heurté un chalutier lors de son convoyage vers les Sables d’Olonne.

Pour se signaler et anticiper la trajectoire de leurs voisins, les bateaux utilisent le système AIS (Automatic Identification System). C’est un système automatique d’échange permanent de signaux entre navires. Ce dispositif est utilisé en complément des radars. Il permet aux navires et aux autorités de surveillance de trafic de connaître l'identité, la position et la route des navires croisant dans une zone de navigation.

Trafic dense

Lorsqu’ils sont dans leur cabine, les marins du Vendée Globe ont en permanence à l’écran l’état du trafic maritime. Ils peuvent à chaque instant visualiser l’ensemble des bateaux sur leur route et connaître leur vitesse, leur cap ainsi que le risque de collision. Lorsqu’ils vont se coucher, les marins peuvent également paramétrer une alarme qui les réveillera en cas de danger.

Le système AIS est obligatoire sur tous les cargos, sur tous les bateaux de pêche de plus de 10 mètres ainsi que sur tout bateau de pêche naviguant dans un « dispositif de Séparation de Trafic » (DST), ces rails de navigation qu’empruntent les cargos devant le Cap Finistère ou Ouessant.

Malheureusement, selon l’infortuné concurrent du Vendée Globe, le bateau de pêche n’avait pas allumé son système AIS ou n’en n’avait pas. Figaro Nautisme a tenté de retrouver Groupe Bel et un éventuel bateau de pêche dans cette zone au moment du drame mais sans résultat. En revanche, il ressort de nos recherches que le trafic était particulièrement dense sur la zone au moment de l’accident (voir notre capture écran).

Un rapport de mer va maintenant être rédigé par le skipper et des expertises seront demandées par les assurances. Selon le code de la route de la mer, le Ripam : « Tout navire doit en permanence assurer une veille visuelle et auditive appropriée ». Un article régulièrement cité pour pointer les dangers de la course en solitaire. « C’est toujours une prise de risque, reconnaît Franck Legal, skipper et expert en assurances. Les bateaux vont vite et avec les conditions météo de ce matin, Kito de Pavant ne devait pas avoir une grande visibilité. » Les règles maritimes indiquent que le voilier est privilégié, « mais si le chalutier était en pêche, c’est le contraire », précise Franck Legal qui a lui-même vécu une collision lors de la Solitaire du Figaro 2008.
 



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