Guillaume Verdier: Pourquoi ses bateaux sont en tête

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Quatre plans VPLP-Verdier filent en ce moment sur la route du Vendée Globe. Macif, Banque Populaire, Virbac-Paprec et PRB sont respectivement 1er, 3e, 6e et 10e pour Vincent Riou qui tente la route à l’ouest.


Guillaume Verdier, architecte naval, est fier des performances de François Gabart sur Macif, 1er au classement depuis samedi soir. « Jusqu’aux mers du sud, les bateaux sont poussés à leur maximum en mode régate », détaille Guillaume Verdier. Et à ce jeu-là, les 4 plans VPLP-Verdier en course sont très bien placés. D’autant que le sprint dans le golfe de Gascogne mettait les voiliers à égalité avec un vent tribord amure pour tous. Dimanche, Macif frôlait les 20 nœuds au nord de Gijón et il a passé le Cap Saint-Vincent avec 24 heures d’avance sur l’édition 2008-2009. Les trois autres ont tous couru dans le peloton de tête, et si Vincent Riou pointe ce lundi soir à la dixième position, c’est parce qu’il a tenté une option plein ouest pour gérer la dorsale qui barre la route des skippers.


Voiliers dernière génération
 

« Lors du précédent Vendée Globe, analyse Guillaume Verdier, Nous avons eu la chance de concevoir deux bateaux remarqués pour leurs innovations côté forme et côté performance, celui de Kito de Pavant et celui de Marc Guillemot (ndlr : 3e du Vendée Globe 2008-2009). Nous avons donc eu la chance de travailler sur des bateaux de dernière génération pour cette édition » Au total, 6 plans VPLP-Verdier ont pris le départ mais Marc Guillemot et Kito de Pavant ont été contraints à l’abandon. « Mais moi j’aime la diversité, assure Guillaume Verdier, c’est très dommage que Farr n’ait pas sorti de bateau de dernière génération. » Guillaume Verdier a commencé sa carrière au sein du groupe Finot. Il suit très attentivement Jérémie Beyou sur son ancien plan Farr et il confie volontiers son intérêt pour le voilier de Bernard Stamm, un plan Kouyoumdjian qui exploite la jauge de puissance à son maximum. « C’est un bateau très rapide en travers du vent, présente l’architecte naval. De notre côté, nous avons choisi de ne pas aller jusqu’à cette puissance car c’est plus dur à mener pour un skipper en solitaire. D’ailleurs, Bernard Stamm en est un peu revenu puisqu’il a finalement choisi des voiles moins puissantes. » Un bateau puissant est aussi plus lourd donc il repart moins vite après avoir traversé des molles, comme la dorsale que rencontrent actuellement les skippers. « Là, les écarts se creusent et sont très durs à rattraper », estime Guillaume Verdier.

 

L’influence du Professeur


Le voilier de François Gabart est le frère jumeau de Banque Populaire, un Imoca conçu pour Michel Desjoyeaux et mené par Armel Le Cleac’h : la marque du double vainqueur du Vendée Globe est omniprésente. Côté performance, le matossage est facilité par l’aménagement intérieur et la coque a été optimisée pour exploiter au mieux la jauge : plus de puissance, sans alourdir. Autre astuce : leurs safrans sont suspendus, interchangeables en quelques minutes en cas de casse. Comme Macif et Banque Populaire, le voilier de Vincent Riou possède un mât aile, plus puissant que le mât classique. « Nous nous adaptons aux souhaits des marins, explique Guillaume Verdier. Vincent Riou fonctionne très bien avec un mât aile car il maîtrise parfaitement ses réglages, selon la prise de ris. » C’est un bateau très léger à l’équipement minimaliste. PRB se démarque des autres plans VPLP-Verdier car il est très à l’aise au portant tandis que les trois autres performent plus sous reaching. Puis, vient Virbac-Paprec. « C’est un voilier que j’aime bien », nous confie spontanément Guillaume Verdier. Ce plan VPLP-Verdier est doté d’une coque très puissante avec un grand nombre de ballasts. Il a un mât fixe, jugé plus fiable que le mât aile. « Sa quille en acier a fait l’équivalent de 2 à 3 tours du monde", ajoute l’architecte naval. L’acier permet un plus grand aérodynamisme que le carbone, la quille est plus fine mais aussi plus lourde. « On le paye aux allures au portant », explique Guillaume Verdier. Le Virbac-Paprec est doté d’une carène de deuxième génération, plus puissante que la première génération mais tout en restant dans des ratios de puissance à l’échelle humaine. Six mois d’études ont été nécessaires pour la mettre au point.


La crainte de la casse

 

Sur l’eau, les skippers n’oublient pas l’architecte naval. « Je leur ai demandé de passer des coups de fil régulièrement, pas seulement en cas de problème, assure Guillaume Verdier. Je leur rappelle parfois d’aller vérifier tel ou tel équipement. » Ces appels sont des moments de complicité précieux mais ce lundi, la nouvelle arrivant du bateau de Kito de Pavant était beaucoup moins joyeuse. « Heureusement qu’il n’était pas loin des côtes car avec le trou dans la coque, le bateau aurait pu se remplir très rapidement », commente Guillaume Verdier. Pendant la collision avec le chalutier, le bout-dehors (l'espar à l'avant du monocoque) a été arraché et le pont s'est soulevé sur deux mètres. « Le plastique ça se répare, le composite est assez incroyable pour cela, relativise l’architecte naval. J’estime qu’il faudra quatre mois de boulot pour les réparations. Mais c’est surtout un coup dur pour l’homme et son équipe. Je comprends l’amertume de Kito de Pavant, c’est vraiment dommage. » Guillaume Verdier apparaît très touché par cet accident, le deuxième abandon après celui de Marc Guillemot.

 

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