Louis Burton retourne aux Sables d'Olonne

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Abordé comme Kito de Pavant (Groupe Bel) par un chalutier, Louis Burton (Bureau Vallée) rebrousse chemin vers la Vendée avec l’espoir de reprendre la course. François Gabart (Macif) est toujours un solide leader.


Crédits photo : Jean-Marie Liot (DDPI) / Vendée Globe

Après Kito de Pavant (Groupe Bel), c’est au tour du benjamin (27 ans) du Vendée-Globe, Louis Burton (Bureau Vallée) d’être heurté dans la nuit de mardi à mercredi (lire son récit ci-dessous) par un chalutier à 400 milles au large de Lisbonne. Si la coque de son monocoque 60 pieds n’a pas souffert lors du choc, l’un de ses galhaubans (qui retiennent le mât latéralement et longitudinalement), le gauche est endommagé à trois endroits sur près de deux mètres au dessus du pont. Burton ne peut pas faire un tour du monde avec une pièce majeure qui risque à tout instant de se rompre en entrainant la chute du mât. Il a donc décidé de rebrousser chemin vers les Sables d’Olonne. Le défi à relever pour reprendre la course : Changer le hauban à quai et reprendre le départ du Vendée-Globe dans les temps impartis. En sachant que la limite pour un nouveau départ est de 10 jours, soit avant le 20 novembre à 13h02 ! Burton était pointé à 15 heures ce mercredi à 700 milles des Sables d’Olonne....le temps presse.

Les leaders accélèrent la cadence !

Pendant ce temps là, les trois leaders : François Gabart (Macif),Armel Le Cléac’h (Bnaque Populaire) et le Suisse Bernard Stamm (Cheminées-Poujoulat) poussés par un vent de nord-ouest soutenu, malgré une mer chaotique, cavalent au niveau de Madère entre 17 et 21 noeuds dans la descente de l’Atlantique Nord. Spectaculaire remontée au classement du lauréat du Vendée-Globe 2004-2005 Vincent Riou (PRB) qui passe de la 10ème à la 4ème place en moins de 24 heures mais qui reste encore distancé à 127 milles de Gabart.

Les écarts vont se creuser

Au nord et à l’est de cette bande des quatre, la situation est plus compliquée. Mike Golding (Gamesa), Jean Le Cam (SynerCiel) et Arnaud Boissières (Akéna Vérandas) naviguent actuellement dans un dédale de grains orageux et des vents très instables. Jean Pierre Dick (Virbac-Paprec 3), Jérémie Beyou (Maître CoQ), Alex Thomson (Hugo Boss), Javier Sanso (Acciona 100% EcoPowered) et plus loin Dominique Wavre (Mirabaud) doivent attendre que la mer se range avant de pouvoir faire parler la poudre. Cet après midi, trois concurrents n’avaient pas encore passé le front : Samantha Davies (Savéol), Tanguy de Lamotte (Initiatives-cur) et Alessandro di Benedetto (Team Plastique). Résultat, les écarts déjà importants - 428 milles entre le 1er et le 15ème – vont encore se creuser. Enfin, les deux derniers solitaires, Bertrand de Broc (Votre Nom Autour du Monde avec EDM Projets) et le Polonais Gutek (Energa), au grand large du cap Finisterre, sont en train de contourner la dépression par le nord.

LES VOIX DU LARGE

Louis Burton (Bureau Vallée) : « Moi ça va, l’émotion du choc est un peu redescendue et je fais route vers les Sables d’Olonne. En fait j’étais parti chercher un front et j’avais encore deux heures à faire avec 30-35 nuds. Il y avait une très mauvaise visibilité, une grosse mer. J’étais connecté, radars et AIS allumés. J’étais sous la casquette du roof en veille et je marchais à 20 nuds à peu près puis j’ai entendu craquer derrière. J’ai tourné la tête et là j’ai vu longer un chalutier de taille moyenne. Tout de suite, j’ai pris une lampe un peu en panique pour aller voir si sur la coque il n’y avait rien et puis j’ai levé la tête et j’ai vu qu’il y avait des chocs sur le hauban. Du coup, j’ai été obligé de virer de bord. Je suis reparti dans un premier temps tribord amure en mettant cap sur Lisbonne en cherchant à m’approcher de la terre le plus vite possible. Ensuite, j’ai pris des photos au lever du jour pour mon équipe technique afin donner une indication sur le niveau du choc au niveau du hauban. En gros, le hauban est trop abimé pour que je puisse continuer comme ça. Il y a peut-être moyen d’arriver à remonter aux Sables dans le délai imparti (Louis à jusqu’au 20 novembre 13h02 pour reprendre le départ, ndlr) pour le retour au port. On est en train d’essayer de faire faire sur mesure cette pièce mais ce n’est pas évident car ça prend environ trois semaines. Voilà, pour l’instant on y croit, je suis en tribord, j’essaye de faire avancer le bateau le plus vite possible pour gagner du temps par rapport aux Sables en sachant que je ne peux pas virer de bord sans risquer de tout mettre par terre. Je suis encore à 700 milles des Sables. Les conditions vont faiblir à partir de demain. Le routage me fait arriver dans quatre jours à peu près en sachant qu’il y a aussi des manuvres en bâbord amure à faire et il y a aussi la pétole à traverser à un certain moment donc je suis malheureusement assez incertain sur mon arrivée précise aux Sables d’Olonne. Ça fait mal car un tel investissement, pendant si longtemps, avec tous les partenaires, avec Bureau Vallée, avec l’équipe, c’est une sensation d’arrêter brutalement à cause d’un choc comme ça, c’est une sensation d’injustice. Ça fait partie du sport mais ce n’est pas facile à gérer et je n’aurai pas cru que ça arriverait »

Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) : « La mer est un peu chaotique, c’est un peu les montagnes russes. On a passé un front, il y a un vent important. C’est un peu du saute-moutons. C’est impossible de tenir debout, même à quatre pattes il faut tenir. A chaque vague, il y a un coup de canon dans le bateau. L’ambiance n’est pas terrible »

Dominique Wavre (Mirabaud) : « C’est parti tambour battant, il n’y a pas beaucoup de pause. J’ai une mer complètement désordonnée, c’est impressionnant de voir comme la mer peut être houleuse et agressive. Gabart a pris d’entrée les bonnes options. Il a un sacré bateau, c’est sacré gaillard. Il fait une très bonne course. Il est impressionnant de maîtrise. Là, j’ai 4h30 assez pénibles à vivre avec beaucoup de manuvres mais après ça devrait aller mieux. C’est assez fatigant mais ce n’est pas non plus tempête. La route est longue. En ce moment, je marche à 4 nuds donc je trouve que 200 milles c’est beaucoup mais les conditions peuvent changer rapidement »

Arnaud Boissières (Akéna Verandas) : « Cette nuit a été laborieuse, vent faible comme je m’y attendais et puis c’est reparti vers 4h. Une mer de 2m et 20 nuds en ce moment. Hier super journée au soleil avec maillot de bain. Là il fait beau mais dehors ça mouille. Tout va bien sur le bateau, j’ai juste bricolé pour vérifier mais c’est plutôt satisfaisant. J’ai tendance à dire RAS. Je passe de l’autre côté du front d’ici 2 à 4 heures. J’aurai une route plus directe et j’irai plus vite. Je fais super gaffe, un cargo est passé un mille derrière tout à l’heure. Ça me fait mal au cur pour Louis, c’est un super gars. Pour Kito, je n’en ai pas dormi de la nuit, je suis très triste pour eux »

Mike Golding (Gamesa) : « La vie à bord se passe bien, j’ai dépassé le front et je fais à nouveau route vers le sud, ce qui est un vrai soulagement. Je suis satisfait de mon parcours ces deux derniers jours, je suis de retour dans le peloton de tête, même si je n’ai pas vraiment rattrapé mon retard sur MACIF, qui avance très vite en ce moment. Différentes options sont possibles, avec à chaque fois des avantages et des inconvénients. La nuit dernière a été plutôt agitée, très dure, et j’ai dû effectuer pas mal de changements de voile et j’ai vraiment besoin de faire un peu de rangement dans le cockpit. Le bateau bouge énormément et cogne si fort que je suis trempé et que c’est difficile de faire quoi que ce soit. Je regarde toujours où sont les autres, c’est un bon indicateur de ce qui se passé sur le parcours ».

Javier Sanso (Acciona 100%EcoPowered) : « Je passe une bonne journée aujourd’hui. Les conditions ont pas mal changé à cause du front, je suis proche du centre et du coup, ça devient plus difficile. Il n’y a pas de vraies bourrasques, le vent est à 14 ou 15 nuds de moyenne et le ciel est très couvert. Je suis vraiment fatigué, j’ai dû changer de voile tellement de fois depuis hier! Je suis passé du génois au solent, puis à la grand voile... J’ai vraiment besoin de dormir. Jusqu’ici, je suis satisfait de ma course. Je n’ai pas regardé mon classement récemment mais de toute façon, la clé, pour l’instant, c’est de ne pas laisser le peloton s’éloigner. Pour l’instant, je m’accroche, il suffirait de pas grand chose pour que je remonte, il faudrait que je pousse un peu plus le bateau. Mais franchement, je suis content, très content. Vu que je n’avais pas d’expérience à ce niveau-là de compétition, il m’a fallu un petit peu de temps pour être au maximum mais ça va. Et je suis vraiment satisfait des performances du bateau »

CLASSEMENT

Positions du 14/11 à 16 heures :1.François Gabart (Macif) à 22 909 milles de la ligne d’arrivée; 3.Armel Le Cléac´h (Banque Populaire) à 52,9 milles du leader; 3.Berrnard Stamm (Cheminées-Poujoulat) à 57,5 m; 4.Vincent Riou (PRB) à 127 m; 5.Mike Golding (Gamesa) à 131,8m; 6.Jean Le Cam (SynerCiel) à 139,3 m; 7.Jean-Pierre Dick (Virbac Paprec) à 141,1 m: 8.Alex Thomson (Hugo Boss) à 147,4 m; 9.Jérémie Beyou (Maître CoQ) à 147,6 m; 10.Arnaud Boissières (Akéna Vérandas) à 173,1 m; 11.Javier Sanso (Acciona 100% EcoPowered) à 198,2 m;.12.Dominique Wavre (Mirabaud) à 257,9 m; 13.Samantha Davies (Savéol) à 287,2 m; 14.Tanguy De Lamotte (Initiatives-coeur) à 320 m; 15.Alessandro Di Benedetto (Team Plastique) à 428,5 m; 16.Louis Burton (Bureau Vallée) à 482,9 m; 17.Bertrand De Broc (Votre Nom Autour du Monde avec EDM Projets); à 564,7 m; 18.Zbigniew Gutkowski (Energa) à 597,6 m. Abandons : Marc Guillemot (Safran); Kito de Pavant (Groupe Bel).
 



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