Tout schuss vers le Pot au noir

Mots clés : ,

La flotte du Vendée Globe s'apprête à aborder l'un des passages les plus stratégiques de cette première partie de course.


La Chaîne Météo - Jean-Pierre Dick est aux avant-postes depuis le départ.

La lutte est intense. Solide leader depuis vendredi, Armel Le Cléac'h (Banque Populaire) emmenait dimanche en fin de journée le peloton de tête du Vendée Globe dans des alizés de nord-nord-est assez soutenus. Au programme: de longues glissades et un pont sans cesse arrosé pour les marins qui peuvent se reposer d'un début de course mouvementé mais sont contraints à une vigilance de tous les instants.

En fin de semaine dernière, Jean-Pierre Dick (Virbac-Paprec 3) a annoncé avoir percuté une baleine tandis que Vincent Riou s'est fait une belle frayeur samedi en tapant dans une bille de bois qui flottait entre deux eaux. Les concurrents joints dimanche par la terre n'avaient qu'une préoccupation: trouver la bonne trajectoire vers le Pot au noir dont les effets devaient se faire sentir dès lundi. «Je vais passer pas mal de temps à la table à carte pour élaborer ma stratégie d'approche du Pot au noir que je devrais atteindre lundi, expliquait Dick aux avant-postes depuis le départ. Ce n'est pas un endroit simple à négocier.»

Dans cette zone de convergence entre les alizés d'hémisphère nord et ceux d'hémisphère sud, les grains violents alternent avec des périodes de calme plat, et tournent parfois à la loterie pour les marins. «Autour de l'Équateur, les modèles météo sont moins précis, prévient Charles Caudrelier, vainqueur de la Volvo Ocean Race à bord de Groupama et prétendant au Vendée Globe 2016. Des différences de 20° dans la direction du vent sont fréquentes.»

 

Coup dur pour Beyou

 

À l'approche du Pot au noir, les concurrents, en file indienne, ont deux options: prendre la voie directe ou se déporter un peu plus vers l'ouest, là où la zone de convergence et donc de vents capricieux est la plus étroite. Les choix qui se prendront durant les prochaines 24 heures seront cruciaux pour bien démarrer la descente de l'hémisphère sud et dessiner une hiérarchie dans un groupe de sept bateaux qui ne se quittent pas depuis le départ: Armel Le Cléac'h (Banque Populaire), Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat), François Gabart (Macif), Jean-Pierre Dick (Virbac-Paprec 3), Vincent Riou (PRB), Alex Thomson (Hugo Boss) et Jérémie Beyou (Maître Coq). Ce club des sept est passé dimanche à six. Jérémie Beyou a été contraint d'appuyer sur «pause» et de s'abriter sous le dévent des îles du cap Vert. Dans la soirée de samedi, le marin a eu un problème avec une pièce névralgique: la tête de vérin de quille qui permet de basculer l'appendice en latéral pour augmenter son efficacité a cassé net.

Un coup du sort puisque cette pièce en titane est conçue pour supporter des charges de 120 tonnes et que sur un 60 pieds, la charge maximale est de 40 tonnes. Le skipper a sécurisé son lest avec des cordages. «Cela permet de se mettre à l'abri, mais pas de faire un tour du monde. Surtout que dès que le bateau gîte, il prend l'eau maintenant. Les pompes fonctionnent en permanence, ça arrive à peine à étaler les rentrées d'eau.» Aucune décision n'avait officiellement été prise dimanche mais il semble peu probable que le vainqueur de la Solitaire du Figaro en 2011 s'aventure dans le Grand Sud avec un bateau blessé.

 

LIRE AUSSI:

Grave avarie de quille sur Maître Coq

Vendée Globe: Comment financer son rêve ?

Le clin d'oeil des internautes au malheureux Kito

 



SERVICE:
Toutes les prévisions météo du littoral et en mer pour la France par téléphone au 3201*.
Toutes les prévisions météo de vos voyages et vos navigations à l'étranger au 3264**.
* 3201 : Prévisions pour la France - 2,99€ par appel   ** 3264 : Prévisions pour le Monde - 2,99€ par appel
Fermer
Recevez chaque jeudi les coups de coeur de la rédaction