Mike Golding, oldie but goldie

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PORTRAIT : L’Anglais Mike Golding (Gamesa) a fait table rase de son échec sur la précédente édition. C’est avec confiance qu’il s’élance pour son quatrième Vendée Globe.


Crédits photo : Lloyd Images/Gamesa

Il doit y avoir quelque chose de particulier dans les eaux ceinturant le pôle Sud pour qu’il repasse à nouveau les plats. Mike Golding est en effet lancé sur sa neuvième course autour du monde à la voile. Comme si la force de Coriolis était en lui. Ce fut parfois en équipage, contre les vents dominants, et bien évidemment en solitude, là où l’albatros est le seul confident.
Enfant, dans le Norfolk, il rêvait déjà d’espace liquide. En bon Britannique, c’est en suivant l’Ostar, la fameuse transat anglaise gagnée par deux fois par un certain Éric Tabarly, qu’il décide qu’un jour il sera skipper : « La voile était un sport important mais complètement différent d’aujourd’hui. Il n’y avait pas de classe, de règlements comme maintenant. Tout était permis. Mais l’évolution a été lente. Comme je n’ai pas pu être pro rapidement, j’ai donc fait une carrière d’officier pompier pendant onze ans. J’ai terminé comme responsable de l’un des plus grands centres de secours d’Angleterre, celui du comté de Berkshire. »
Ses aptitudes à mener les hommes lui ont offert en 1992 l’opportunité de manager un bateau sur le British Steel Challenge. La ligne de départ de sa vie de marin.


Hauts et bas


Une vie, comme l’échelle de Beaufort, avec ses hauts et ses bas. « Il y a eu énormément de bons moments. Il y a ma troisième place dans mon deuxième Vendée Globe alors que j’avais perdu ma quille 50 milles avant l’arrivée. C’est un souvenir inoubliable. Et puis, j’ai été le premier non Français à être champion du monde IMOCA pendant deux ans », explique avec le sourire Mike Golding. Mais parcourir autant de milles n’est jamais un long fleuve tranquille : « Il est évident que j’ai connu des déceptions. Cela reste un sport mécanique et avoir des problèmes fait partie du jeu. Mais j’ai fait aussi des erreurs. Lors d’Around Alone, en 99, alors que je suis largement en tête, j’ai dû abandonner, planté sur un banc de sable en Nouvelle-Zélande. C’est le seul moment où j’ai pleuré. Après, tous les incidents ont été plus faciles à digérer. Il y a quatre ans, j’étais en tête quand j’ai démâté. J’ai accepté le fait immédiatement, froidement, sans état d’âme. Ce n’était pas une bonne attitude, je le reconnais, mais je ne voulais plus entendre parler d’IMOCA 60 pieds ».


Sagesse


Pendant deux ans, la parenthèse s’appelle Extreme 40. L’aimant Vendée Globe est malgré tout trop puissant. Se présente alors l’an dernier un sponsor espagnol, spécialiste de l’éolien offshore, séduit par l’image véhiculée par la voile et surtout par les champs bien ventés de Grande Bretagne. « Je me sens bien, capable de gagner. Cela va être dur car les autres concurrents sont très forts et cela reste une compétition. Combien de tour du monde faut-il pour être sage ? Il faut trouver le juste équilibre entre la prise de risque et le résultat. La dernière fois, je pense avoir été sage et cela n’a pas marché. En fait, les statistiques parlent d’elles-mêmes. Sur les dix bateaux qui vont vite, il y en a au moins un qui va gagner. Aller sagement veut donc dire qu’on ne finira pas premier », affirme le marin de 52 ans
En 2008, la remontée du diable vauvert de Michel Desjoyeaux l’avait poussé à tenter le diable. J’ai pris un risque tactique, mais il pouvait me donner un avantage conséquent. Pratiquement un système météo d’avance. Malheureusement, à son plus grand désespoir, son espar s’est effondré lors du 37e jour de course.
Mike Golding certifie que son 60 pieds est le plus développé de la génération précédente avec Safran. Peut-être un peu moins rapide mais solide. En ayant gardé toute sa puissance. Cela le rassure. En espérant qu’il se soit bonifié comme lui avec le temps. Good luck Mr Golding.
 



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