Louis Burton : « Au moins, je passerai Noël avec mon enfant »

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Louis Burton est revenu en Bretagne, auprès de sa famille. Ce mardi matin, il s’est occupé de son fils, Lino, tout en revenant pour nous sur son premier Vendée Globe, beaucoup plus court que prévu.


crédits photo: Jean-Marie Liot / DPPI / Vendée Globe

« Je n’avais jamais abandonné de course jusque-là, cet abandon je l’ai vécu comme une déchirure. » Louis Burton a dû laisser son bateau à la Corogne après une collision avec un chalutier, à l’ouest de Lisbonne. L’accident s’est produit le premier mardi de course mais le benjamin de la course n’était pas décidé à baisser les bras, il a donc tenté de rejoindre les Sables d’Olonne pour réparer et repartir dans les dix jours impartis par le règlement. « C’était frustrant parce que j’avais l’impression que tout n’allait pas si mal sur Bureau Vallée, explique le skipper. La collision n’avait endommagé que le hauban bâbord donc une fois que j’ai viré de bord, j’étais plutôt en sécurité ». Malheureusement, 48 heures plus tard, une bascule de vent dans le golfe de Gascogne a mis fin à ses espoirs : les nouvelles conditions météo l’auraient obligé à virer de bord et à exposer le hauban abîmé au vent, mettant en péril l’intégrité de son mât. C’est la fin de son Vendée Globe.


« Je n’avais pas prévu de carte bleue ! »
 

Louis Burton a regagné le Cap Finisterre de nuit, une zone peu clémente. « Quelques jours seulement après ma collision, c’était l’angoisse de traverser ces rails de cargos qui montent et descendent sans cesse. » Aux alentours de 5 heures du matin, il entre au port de La Corogne et s’installe seul au ponton, son équipe technique n’a pas eu le temps de le rejoindre. « Je suis resté sur Bureau Vallée, j’étais très fatigué et j’ai ouvert mon sac de couchage que je n’avais pas touché depuis mon départ des Sables, explique-t-il. Quand je me suis réveillé, à midi, j’ai réalisé que je n’avais emporté de monnaie ou de carte bancaire avec moi ! Il faut dire que je n’avais pas du tout envisagé cette fin précoce. » Il part donc à la recherche d’un bureau de poste pour retirer de l’argent et s’arrête manger un morceau dans un fast-food. « Toujours seul, précise-t-il. Moins d’une semaine après avoir pris le départ pour un tour du monde de trois mois, je me retrouvais à terre dans un port inconnu. Le choc était rude. » Louis Burton explique qu’il avait alors deux options : broyer du noir ou relativiser. Il choisit la seconde. « Au moins, je passerai Noël avec mon enfant. » Lino fêtera son premier anniversaire le 30 novembre prochain.

 

Des projets sur l’eau et sur le macadam
 

Premier impératif en arrivant à terre : rédiger le rapport de mer, remplir des déclarations… Les formalités administratives reprennent vite le dessus. « Il y a des franchises comme dans toutes les assurances, explique le skipper. Et pour l’assurance d’un Imoca sur le Vendée Globe, les frais engagés sont élevés. » Louis Burton ne souhaite pas révéler le montant de la franchise mais il précise que le remplacement du hauban est à ses frais. Le hauban avait été commandé au moment de la collision, dans l’espoir de réparer le voilier avant de reprendre le Vendée Globe. « Il est actuellement aux Sables d’Olonne, précise Louis Burton. Nous organisons donc le rapatriement de Bureau Vallée. Il devrait quitter la Corogne dans huit jours pour une arrivée en France prévue à la fin du mois de novembre. »

Louis Burton est maintenant de retour en Bretagne auprès de sa compagne et de leur fils. « C’est bizarre, je suis content de les retrouver mais on n’avait pas prévu de se revoir avant le mois de février. » Avant d’enchaîner sur ses projets – car le benjamin est bien décidé à regarder de l’avant – le skipper de Bureau Vallée nous demande un instant : « mon enfant est en train de faire une bêtise ». On entend les cris de protestation de Lino puis il revient. « Il a réussi à attraper un objet placé en hauteur, je ne sais pas comment il a fait. » Puis très vite, il reprend d’une voix égale l’énumération de ses projets à venir. Le Vendée Globe 2016, oui, mais c’est encore loin. En revanche, l’année prochaine, à la même époque, il est bien décidé à reprendre la mer pour la Transat Jacques Vabre. En 2011, il avait prévu de la courir avec sa compagne, Servane Escoffier, mais la navigatrice était finalement restée à terre avec une excuse très valable : la naissance de leur enfant. Louis Burton avait donc pris le départ avec son frère Nelson, un duo performant arrivé en 7e position après être monté dans les premières places du classement pendant quelques heures de course. Louis Burton espère aussi profiter de sa deuxième passion : la course automobile. « On m’a proposé de faire quelques essais en formule Renault en début d’année prochaine », explique le skipper. Lors de ce Vendée Globe, Louis Burton était parrainé par le champion automobile, Romain Grosjean (voir ci-dessous). « L’histoire de Romain m’a laissé rêveur », explique le skipper aux mille projets.
 

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