Jérémie Beyou : «On a peur de fâcher certains coureurs»

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Obligé d'abandonner pour la deuxième fois en deux participations, Jérémie Beyou (Maître Coq) se projette déjà sur l'avenir. La Transat Jacques Vabre, mais aussi déjà le Vendée Globe 2016 sont au coeur des projets du skipper de 36 ans que nous avons joint vendredi après-midi alors qu'il faisait route sous voile vers la France.


SAILING - PRE-VG 2012-2013 - MAITRE COQ / La Chaîne Météo - Crédit photo: Jean-Marie Liot/DPPI/VENDEE GLOBE

Figaro Nautisme.- Où êtes-vous actuellement?

Jérémie Beyou.- Je ne suis parti qu'hier soir du Cap Vert donc là je suis environ à 230 milles au nord-ouest des îles du Cap Vert. J'ai choisi de prendre une trajectoire nord-ouest parce que si j'emprunte la route directe je vais naviguer en risquant d'avoir un vent de 60 noeuds au près et ce serait prendre un risque inutile. Le but désormais est de ramener le bateau.

Vous étiez très énervé sur le moment, votre état d'esprit a-t-il changé?

Oui, je ne suis plus énervé. A part s'énerver contre la malchance, il n'y a pas grand-chose à faire mais sur le moment c'était légitime. Mais il faut relativiser. J'ai la chance d'être encore en mer, de naviguer sur un beau bateau. Il y a beaucoup de gens dans le monde qui n'ont pas une vie facile, ce serait ridicule de me plaindre. Même si ce qui m'est arrivé n'est pas drôle, je vis ma passion, c'est déjà une grande chance.

Vous sortiez d'une année 2011 très prolifique (vainqueur de la Transat Jacques Vabre et Solitaire du Figaro). Pensez-vous que ce sont des courses qui vous conviennent mieux?

Je n'ai pas de préférence. J'apprécie plus les courses en solitaire, c'est vrai. C'est sûr qu'on ne prépare pas un Vendée Globe de la même façon qu'une Transat, mais je n'ai pas une course qui me convienne plus qu'une autre. J'ai plus de réussite sur la Solitaire du Figaro, c'est indéniable, mais j'ai mis 9 ans avant de la gagner. Il faut travailler, se remettre en question, parfois innover, et surtout être patient.

Vous projetez-vous déjà sur un prochain Vendée Globe?

C'est l'objectif. On pense d'abord à la Transat Jacques Vabre mais avec mon équipe, on s'est fixé des objectifs techniques et on a commencé à établir un calendrier. C'est important de prendre ces décisions pour améliorer le bateau. Il faut profiter d'être de retour avant les autres pour prendre de l'avance sur les projets d'avenir. On va optimiser et peaufiner ce bateau, je pense qu'il a un bon potentiel à ce niveau-là.

Suivez-vous la suite de la course?

De loin. Aujourd'hui par exemple, je n'ai pas encore regardé le classement. Je regarde un petit peu la météo et les classements mais ça ne sert pas à grand-chose de se faire du mal. D'autres suivent pour moi et me tiennent informé. Armel est fidèle à lui-même, il navigue de façon métronomique, sans prendre trop de risques. Après, Vincent (Riou) et Jean-Pierre (Dick) ne lâcheront pas. Ça va être une belle bagarre.

Six abandons en deux semaines, qu'est-ce que cela vous inspire?

Ça m'inspire exactement la même chose que la dernière fois. Je me lasse un peu de toujours le répéter. Il faudrait peut-être, par exemple, créer des doubles vérins pour les quilles. Tout fait partie de la course, mais il faudrait interdire les quilles en titane qui sont une catastrophe. Si elles cassent, c'est une catastrophe pour celui qui était aux commandes et s'il finit la course, ça aura quand même creusé un énorme gouffre financier. Après les abandons sur collision, ce sont des choses qui arrivent.

Vous avez également dit en interview que des équipes mettent trop de moyen. Pensez-vous qu'il faudrait instaurer un budget maximum pour participer?

Non pas un budget maximum. On ne peut pas empêcher les gens de dépenser de l'argent pour gagner. Mais on pourrait imposer certaines normes techniques. Vincent Riou me dit que ce que j'attends c'est qu'on atteigne le monotype, c'est faux. Je pense simplement qu'il faut imposer des matériaux, des poids et des normes de sécurité. Malheureusement, il n'y a pas assez de réflexion au niveau de l'IMOCA parce qu'on a peur de fâcher certains coureurs...



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