Le regard de Loïck Peyron sur la course

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 Actuellement à San Francisco où il joue le rôle de « pilote d’essai » à bord du AC72 d’Artemis Racing, Loïck Peyron livre au Figaro Nautisme ses premières impressions sur le Vendée Globe.


Benoît Stichelbaut - BPCE

 Contraint à l’abandon sur la dernière édition du Vendée Globe pour cause de démâtage alors qu’il faisait course en tête depuis 16 jours, Loïck Peyron a suivi le début de la circumnavigation en solitaire, sans escale et sans assistance avec attention, même s’il se trouve à l’autre bout du monde. « La course est passionnante, ils régatent vraiment sérieusement. François Gabart (MACIF) a imprimé un beau rythme dès le début, il navigue bien et proprement, mais ce n’est pas vraiment une surprise. Fort heureusement, c’est quelqu’un d’un peu plus âgé qui a repris les rennes. Il faut bien un peu respecter la hiérarchie », plaisante Loïck Peyron, qui estime que jusqu’à présent, les leaders ont navigué dans des conditions plutôt favorables, ce qui a été moins le cas de l’arrière de la flotte. Dans quelques jours, c’est l’anticyclone de Sainte-Hélène qu’il faudra contourner. « Les côtes brésiliennes sont les plus pénibles à négocier, aussi bien à l’aller qu’au retour mais ça devrait passer en souplesse », poursuit-il. « Ils devront tous être extrêmement attentifs à l’angle qu’ils choisiront pour contourner Sainte-Hélène, que ce soit par rapport au vent que par rapport aux vagues. Il faudra qu’ils essayent de raccourcir la route, mais pas trop. Il y a aura quelques réglages à faire et sûrement quelques grains mais les skippers vont passer un moment relativement tranquille dans les jours à venir. Après, ils commenceront à préparer le Sud, verront leur premier albatros…les choses sérieuses pourront commencer », ajoute-t-il.

 


Alors que l’on déplore déjà sept abandons après seulement deux semaines de course, Loïck Peyron revient sur le côté aléatoire de la course au large. « Ces courses là sont aléatoires, peut être maintenant plus que jamais. Il y a de plus en plus d’objets flottants sur l’eau, ce qui augmente les probabilités de chocs, alors que l’on n’a pas beaucoup de moyens pour les éviter. C’est comme une épée de Damoclès permanente. On n’est jamais sûr de pouvoir continuer la course, ni même de pouvoir rentrer », explique-t-il, notant néanmoins que certains abandons sont liés à des problèmes purement mécaniques, qui continueront d’exister quoiqu’il arrive. Côté sportif, Loïck Peyron déplore le manque de préparation de certains skippers, étrangers notamment. « Le Vendée Globe est devenu une régate planétaire pour la majeure partie des Français mais reste une aventure exceptionnelle pour les étrangers, à part pour Alex Thomson qui m’impressionne. Je ne le sentais pas aussi efficace que ça. Et même ceux qui acquièrent de l’expérience n’ont toujours pas le budget et le bateau à la hauteur de leur talent. Il faudra encore attendre longtemps pour voir un étranger dominer un jour le Vendée Globe, si tant est que l’on peut le dominer ».

 


Trois « bateaux de cœur »


Difficile pour Loïck Peyron de se frotter au jeu des pronostics. « Je vois les trois premiers du classement final sur le podium ! En fait, c’est impossible de prédire quoique ce soit, même si sur le papier, plusieurs bateaux sont capables de s’imposer. Ce qui vient d’arriver à Vincent (Riou) le prouve. Même si on a de nombreux de milles d’avance, tout peut se passer », commente-t-il. Le skipper a tout de même ses favoris. « J’ai quand même trois bateaux de cœur. Celui d’Armel (Le Cleac’h), qui s’appelle Banque Populaire et qui m’évoque beaucoup de souvenirs (Loïck Peyron a battu le record du Trophée Jules Verne à bord du Maxi Banque Populaire V le 6 janvier dernier, ndlr), celui de Jean-Pierre Dick, à bord duquel on a gagné la dernière édition de la Barcelona World Race et enfin SynerCiel, mon ancien Gitana 80 à qui je n’ai pas réussi à faire faire un tour complet. Ca serait bien qu’il le fasse avec Jean (Le Cam), même s’il a déjà bouclé une Barcelona World Race ».

 

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