Louis Burton : « Je n'ai qu'une envie, c'est d'y retourner »

Mots clés : ,

INTERVIEW. Pour sa première participation au Vendée Globe, Louis Burton, le benjamin de la course (27 ans) a dû abandonner dès le cinquième jour de course, après une collision avec un chalutier. Le skipper de Bureau Vallée est certes déçu, mais se projette déjà vers les prochaines échéances.


La Chaîne Météo

Figaro Nautisme. - Une semaine après votre abandon, quel est le sentiment qui prédomine?

Louis Burton. - Je pense que ce que j'ai vécu est quelque chose qui reste gravé à vie dans la mémoire d'un homme. J'ai pris une semaine de break où j'ai fait beaucoup de choses qui ne sont pas en rapport avec la voile. Maintenant, on part mardi pour La Corogne pour rapatrier le bateau. On verra tout ce que l'on peut récupérer de ce bateau parce qu'en dehors du hauban, le reste est encore en très bon état. On a du temps en plus par rapport aux autres concurrents pour préparer les prochaines échéances, il faut le voir de cette façon.

 

Quelles sont vos prochaines échéances?

Dans la voile, mon prochain objectif est la Transat Jacques Vabre l'an prochain. Mercredi, on va remplacer le hauban du bateau et ramener le bateau aux Sables d'Olonne pour revoir les sponsors et tous les gens qui nous ont soutenus. J'ai simplement le regret de ne pas avoir pu ramener le bateau aux Sables en étant en course. Mon équipe avait fait un travail énorme à terre, pour permettre aux pièces nécessaires à la réparation d'être prêtes à temps. Malheureusement, je n'ai pas pu remplir ma part du travail.

 

C'est la deuxième fois que vous êtes percuté par un chalutier (après la Route du Rhum 2010). Pensez-vous que la malchance vous poursuit?

Je ne pense pas que ce soit de la malchance. Peut-être qu'il n'y a pas assez de moyens de sécurité. Aujourd'hui, avec toutes les technologies qui existent, on devrait être capable d'avoir des instruments anti-collision. Surtout en solitaire, on ne peut pas être tout le temps devant les radars. Après, je n'ai pas encore discuté avec Alain Gautier (directeur de la sécurité du Vendée Globe), peut-être qu'il me dira que c'est trop compliqué.

 

Que vous inspire ce nombre impressionnant d'abandons précoces?

C'est la course en solitaire la plus difficile au monde et ça se confirme tous les jours. Ça renforce aussi ce que je disais précédemment. Les conditions de sécurité ne sont peut-être pas optimales surtout pour ce qui est des collisions avec des chalutiers. Mais je n'ai aucune rancoeur, que ce soit envers la sécurité du Vendée Globe ou même envers le pêcheur qui m'a percuté. Il faisait son travail, il n'y a rien à redire à cela. C'est simplement dommage.

 

Malgré votre abandon, vous avez vécu le départ de cette course, quelles sont les émotions positives que vous gardez?

Déjà, monter ce projet c'était quelque chose d'exceptionnel et de très positif. J'ai eu beaucoup de chance d'avoir la confiance de mes partenaires. J'ai notamment eu une équipe super au niveau technique et la gestion de ce projet jusqu'au départ de la course est une grande satisfaction. En plus, il n'y a pas de rancoeur du sponsor qui n'a pas du tout l'intention de laisser tomber la voile. Pour ce qui est de la course, la sortie du chenal a évidemment été un grand moment. En prime, je n'avais pas trop mal réussi mon départ...

 

Pensez-vous déjà à un prochain Vendée Globe?

Bien sûr, même s'il y a d'autres échéances entre temps. Cette course c'est du délire. Surtout après ce qui m'est arrivé, je n'ai qu'une envie, c'est d'y retourner. J'aimerais beaucoup m'aligner à nouveau sur le Vendée Globe pour aller découvrir ces mers que je ne connais pas. Mon partenariat avec Bureau Vallée se termine initialement fin 2013, mais nous allons avoir un entretien dans les prochains jours et lors du salon nautique avec bien sûr l'envie de continuer ensemble.

 

Continuez-vous à suivre la course?

Je n'ai jamais cessé de la suivre. Même si pendant la semaine qui a suivi mon abandon j'ai fait beaucoup de choses extérieures à la voile, je m'intéresse toujours à ce qui se passe. Mais c'est un autre point de vue, celui du passionné avec tout de même des connaissances d'initié. Par contre, mon favori a abandonné dès les premières heures de course, c'était Marc Guillemot...



SERVICE:
Toutes les prévisions météo du littoral et en mer pour la France par téléphone au 3201*.
Toutes les prévisions météo de vos voyages et vos navigations à l'étranger au 3264**.
* 3201 : Prévisions pour la France - 2,99€ par appel   ** 3264 : Prévisions pour le Monde - 2,99€ par appel
Fermer
Recevez chaque jeudi les coups de coeur de la rédaction