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Les concurrents du Vendée Globe ont attaqué l'Océan Indien, déjà à la hauteur de sa réputation


SAILING - PRE-VG 2012-2013 - VIRBAC PAPREC - AERIAL VIEW / La Chaîne Météo - Photo: JM liot/DPPI/Virbac-Paprec Sailing Team.

Terminée la régate fine, voici venu le temps de l'aventure, la vraie, dans le Grand Sud. La tête de course du Vendée Globe est en effet entrée en début de semaine dans l'Indien. Cet océan, surnommé «pays de l'ombre» par les marins, est pour l'instant fidèle à sa réputation qui en fait la partie du parcours la plus redoutée des concurrents: plafond bas, vents forts, mer chaotique, embruns glacés.

«Le vent est d'une instabilité assez exceptionnelle. Pas facile de se reposer mais je ne vais pas me plaindre, ça pourrait être bien pire. J'ai manoeuvré cette nuit sur le pont: le froid commence à être bien vif. Les glaces ne sont pas très loin», écrivait ainsi François Gabart (Macif) jeudi dans un message envoyé à terre.

Un panorama lunaire qui ne semble pas pousser les cinq bateaux de tête à la prudence, bien au contraire. En témoigne la valse des podiums virtuels: après avoir perdu la tête de la course le week-end dernier au profit de Jean-Pierre Dick (Virbac Paprec 3), Armel Le Cléac'h (Banque Populaire) a repris les commandes cette semaine avant de les laisser jeudi à Gabart. Dick a même quitté le podium pendant plusieurs heures dans la journée à la faveur du retour aux avant-postes de Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat).

Plonger dans le sud

Les marins du groupe de tête ont franchi, jeudi dans la journée, la «porte de Crozet», deuxième marque de passage virtuelle pour empêcher les bateaux d'aller flirter trop près avec les glaces de l'Antarctique, particulièrement nord cette année. Une «porte» qui ne semblait pas assez dissuasive pour les skippers qui, pris par l'enjeu de la régate planétaire qu'ils se livrent, ont replongé dans le sud dès la porte franchie, pour récupérer plus de vent en attendant de remonter pour la prochaine marque virtuelle.

«Après ce passage, je plongerai à nouveau dans le sud pour bénéficier de vents plus soutenus», expliquait ainsi Jean-Pierre Dick (lire ci-dessous). Au concours de tête brûlé, c'est Alex Thomson (Hugo Boss) qui est allé très au sud pour compenser le déficit de vitesse de son bateau plus ancien, et Bernard Stamm qui est revenu sur le trio de tête en deux jours, qui remportent la palme de la semaine.

Bagarre à tous les étages

Derrière, à distance raisonnable (environ 700 milles) mais pas encore insurmontable à l'échelle de la planète, le trio des «tontons flingueurs» -Le Cam, Golding et Wavre - a été décroché du fait de hautes pressions synonymes de vents mous qui les ont rattrapés et ralentis.

Jean Le Cam (SynerCiel) s'est illustré en début de semaine en plongeant dans une eau à 10 degrés pour libérer un filet qui s'était pris dans sa quille. Un peu plus loin derrière encore, les aventuriers continuent également leur progression au sud ouest du Cap de Bonne Espérance. Tanguy de Lamotte s'est fait une grosse frayeur mercredi avec des problèmes de pilote qui lui ont fait perdre le contrôle de son bateau et ont entraîné des bris de matériels. le marin-architecte, ralenti dans sa progression, a sorti la trousse à outil pour continuer sereinement son Vendée Globe et réparer sa grand-voile endommagée.

La bagarre est donc intense à tous les étages de la course, que les marins se battent pour la victoire ou contre eux même pour réaliser un rêve personnel.



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