Régate à vue dans le Sud

Après un demi tour du monde, Le Cléac'h et Gabart naviguent encore au contact


La Chaîne Météo

C'est du jamais vu. Après 13 500 milles de course (24 300 km), les deux concurrents en tête du Vendée Globe, François Gabart (Macif) et Armel Le Cléac'h (Banque Populaire) naviguent encore à vue. Plusieurs fois par jour cette semaine les deux skippers se sont échangés la première place au classement de la course. Jeudi, à la mi-journée, ils se surveillaient même à travers le brouillard, et naviguaient à trois milles nautiques l'un de l'autre. «A moins d'un pépin technique, on devrait faire un bout de chemin ensemble», assurait alors Armel Le Cleac'h.

Un tel mano à mano est inédit à ce stade de la course. En 2004-2005, Vincent Riou et Jean Le Cam, les deux bateaux de tête, s'étaient croisés à 200 mètres l'un de l'autre mais au niveau du Cap de Bonne Espérance.. soit un océan plus tôt. Ils s'étaient bagarré ensuite à distance dans le Grand sud sans jamais se croiser. En 2000-2001, Ellen Mac Arthur et Michel Desjoyeaux étaient ex aequo à 10 jours de l'arrivée mais naviguaient dans des zones et des systèmes météo différents.

En 2012, le Vendée Globe prend donc des airs de régate et éclipse un peu l'aventure. Armel Le Cléac'h et François Gabart ont le même bateau: un plan Verdier appartenant auparavant à Michel Desjoyeaux pour l'un et développé en collaboration avec Desjoyeaux pour l'autre. Les deux marins ont aussi l'habitude de régater bord à bord: lors de la Solitaire du Figaro 2010, ils ont décroché les deux premières places, avantage alors à Armel Le Cleac'h.

Ils se côtoient également pendant les entraînements, au centre de Port-la-Forêt (comme quatre des cinq concurrents du peloton de tête). «Ce qui est magique, c'est de voir leur trajectoire très fluide, observe Christian Le Pape, le directeur du centre d'entraînement. On voit très peu de rupture, à partir du moment où ils font un choix, il n'y a pas de traces d'à-coups.» Christian Le Pape compare les deux marins à des joueurs de tennis de haut niveau qui donnent le sentiment que tout est facile. «On a l'impression qu'on peut faire comme eux mais, en fait, on ne peut pas imaginer ce qu'ils vivent, insiste-t-il. Ils doivent faire face au stress, à la faim, au manque de sommeil. Pour résumer, je dirais qu'ils vivent en primates et qu'ils pensent en stratèges». Le skipper de Banque Populaire a l'avantage de l'expérience: il a couru son premier Vendée Globe en 2008- 2009, arrivant en deuxième position. Le skipper de Macif, surnommé depuis peu le Mozart des mers, peut lui opposer la fougue de sa jeunesse et sa formation aux côtés de Desjoyeaux. «Cela doit être super dur de savoir où placer le curseur, entre vitesse et sécurité, observe Thierry Dubois avec l'expérience de ses deux Vendée Globe. Comme ils ont le même bateau, ils ne peuvent pas décrocher car si l'un va moins vite que l'autre, il se dit tout de suite que ce n'est pas normal». Derrière eux, la flotte s'étire maintenant sur 4 300 milles: le dernier concurrent, Alessandro di Benedetto, navigue au beau milieu de l'Océan Indien, au Nord des Kerguelen, loin de la bataille de tête.

Classement jeudi à 16 heures:

1. Le Cléac'h à 11 593 milles de l'arrivée. 2. Gabart à 3 milles du leader. 3. Dick (Virbac Paprec 3) à 524 m. 4. Thomson (Hugo Boss) à 883 m. 5. Stamm (Cheminées Poujoulat) à 904 m.



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