Port-la-Forêt en tête de flotte

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Christian Le Pape, directeur du pôle d’excellence de Port-la-Forêt, revient pour nous sur les performances de ses pensionnaires. Quatre des cinq skippers de tête s’entraînent avec lui.


crédits photo: Vincent Curutchet

Exception faite d’Alex Thomson, la tête du Vendée Globe vient tout droit de Port-la-Forêt. Lors des sessions de préparation, les entraîneurs leur proposent de se mesurer les uns aux autres - comme sur une navigation de 1000 milles jusqu’à Gibraltar pour se préparer aux 72 premières heures du Vendée Globe - puis ils débriefent ensemble et s’échangent des conseils. « Ce sont des battants, ils ont une énergie hors du commun, explique Christian Le Pape. Que ce soit Jean Le Cam ou François Gabart, ils ne sont pas là par hasard. » Le skipper de Macif, actuellement en deuxième position, à trois milles seulement d’Armel Le Cleac’h au classement de jeudi midi, est un bizuth qui impose l’admiration. « Il ne connaît pas les mers du sud, il n’a pas l’habitude des contraintes qui pèsent sur son matériel, observe Christian Le Pape. Mais jusque-là, il a réussi à préserver son matériel tout en claquant des records. » Ainsi, François Gabart a passé le Cap Leeuwin (au sud de l’Australie) au bout de 34 jours, 10 heures et 23 minutes de mer, soit deux jours de moins que le précédent temps de référence.


Duel en tête de flotte
 

« Ce qui est magique, c’est de voir la trajectoire très fluide des deux leaders, observe Christian Le Pape, le directeur du centre d’entraînement. On voit très peu de rupture, à partir du moment où ils font un choix, il n’y a pas de traces d’à-coups. » Christian Le Pape compare les deux marins à des joueurs de tennis de haut niveau qui donnent le sentiment que tout est facile. « On a l’impression qu’on peut faire comme eux mais en fait on ne peut pas imaginer ce qu’ils vivent, insiste le directeur de Port-la-Forêt. Ils doivent faire face au stress, à la faim, au manque de sommeil. Pour résumer, je dirais qu’ils vivent en primates et qu’ils pensent en stratèges ». Le directeur du pôle de course au large ajoute : « Parfois, j’entends dire que le discours est lisse comme celui des hommes politiques. Mais imaginez alors la force de caractère pour dire que tout va bien alors qu’on lutte constamment et que peut-être l’instant d’avant on était en vrac au fond du bateau. Ce n’est pas un gentil petit tour de circuit, c’est la guerre, insiste-t-il. C’est la guerre contre eux-mêmes. » Les deux leaders viennent de passer la dernière terre verte avant le Cap Horn. « Ils sont entrés dans un désert liquide, observe Christian Le Pape qui répète que le Vendée Globe, même avec tous les moyens de communication moderne, est loin d’être banal. « Ils sont dans l’émotion pure, sur des bateaux qui vont vite, très vite », explique-t-il. Le directeur du Pôle Course au large remarque toutefois que les deux leaders ont levé le pied en entrant dans l’océan Pacifique car ils ne naviguent plus à 100% des capacités de leur bateau (18 nœuds au classement de jeudi midi).

 

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