Tanguy de Lamotte : « Je manque de marche à pied ! »

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Initiatives Cœur navigue en douzième position, juste derrière Bertrand de Broc, tout en menant une belle aventure humaine avec un cinquième enfant opéré par Mécénat Chirurgie Cardiaque grâce à l’opération « 1 clic = 1 cœur ».


Au classement de midi, ce vendredi, Tanguy de Lamotte naviguait à 16.6 nœuds, juste derrière Bertrand de Broc (Votre Nom autour du monde). Le skipper d’Initiatives Cœur vient de passer la porte Australie-Est.


Comment vous sentez-vous ?
 

Je vais bien, je dors 5/6 heures par nuit avec souvent une sieste dans la journée. Les muscles nécessaires à la manipulation du bateau sont en forme même si je sens un manque de tonus général. Certains muscles ne sont pas sollicités à bord et mes jambes sont un peu molles. Il me manque un peu de marche et de course à pied pour me sentir vraiment bien !


Quelle température fait-il à bord ?

 

La température extérieure tombe à 5/6°C la nuit et j’arrive à conserver 8°C à l’intérieur du bateau. C’est difficile quand il faut faire des manœuvres dehors la nuit mais finalement je ne souffre pas trop du froid, je pensais que cela allait être pire.  La journée, j’arrive à me réchauffer assez vite et le soir je mange quand la température commence à baisser.


Est-ce que la période des fêtes est compliquée au niveau du moral ?
 

Noël s’est bien passé, j’ai réussi à avoir mes proches au téléphone. Disons que je ne me suis pas senti plus seul que les autres jours ! En fait, je suis très content d’être encore sur l’eau pour les fêtes, surtout quand je pense à ceux qui ont dû rentrer prématurément. C’est vrai que c’est spécial de passer les fêtes ici mais j’ai choisi d’être seul en mer. Pour la solitude en général, j’ai quelques appels par jour mais je suis bel et bien seul pour prendre toutes les décisions alors ça commence à être long. Mais le chemin du retour, c’est pour bientôt, et les choses se passent bien. J’en profite !


Que pensez-vous du duel en tête de flotte ?

 

C’est exceptionnel d’être aussi proche pendant aussi longtemps, de régater autour du monde. Ils étaient venus pour cela alors c’est génial qu’ils y arrivent. Moi, je ne suis pas venu pour la même chose. 


Comment jugez-vous votre première partie de course ?

 

Je suis content d’être arrivé à 50 % du parcours avec mon bateau et moi dans cet état là. Je ne pouvais pas rêver mieux je pense, surtout que je ne suis pas très loin de deux bateaux plus récents (ndlr : Tanguy de Lamotte navigue sur un plan Lombard 1998). Pour la suite, j’espère que le Pacifique ne sera pas trop dur mais pour l’instant, tout se profile bien jusqu’en Nouvelle-Zélande. J’espère aussi rester au contact de Bertrand de Broc, c’est un plaisir d’avoir une raison de m’impliquer, de pouvoir comparer nos performances. Après tout, je ne suis pas parti en croisière ! Et c’est toujours gratifiant de gagner quelques milles. Après, j’espère aussi garder mon rythme. Je crois que j’ai mis le curseur au bon endroit entre performance et sécurité.


Quelle a été votre plus grande frayeur ?

 

Quand le bateau s’est couché sur l’eau, avec 30 nœuds de vent, alors que le pilote automatique venait de se décrocher, cela aurait pu être la fin de la course. Mais j’ai réussi à ne pas me faire peur, j’essaye de garder une marge entre ma sécurité et ce que les éléments peuvent me fournir.


Comment vivez-vous les mers du sud ?
 

J’ai mis longtemps à y entrer, à trouver mon rythme en bonne harmonie avec les éléments. Là, c’est bon, c’est très satisfaisant de trouver le bon tempo. Je suis très heureux d’avoir de vraies conditions de mers du sud avec 45 nœuds de vent, de la vitesse, de grandes vagues, des albatros et le soleil qui perce de temps en temps les lourds nuages bas et gris. C’est ce que je suis venu chercher ! Et j’ai découvert des petites choses qu’on ne sait pas avant d’être venu comme cette luminosité particulière, la forme des vagues et la rapidité des nuages.


Vous envoyez des vidéos régulièrement, comment décidez-vous de leur thème ?
 

La plupart des vidéos sont instantanées. Pour la vidéo de mon ascension dans le mât, cela me paraissait évident de m’équiper de la caméra pour grimper et les conditions météorologiques étaient idéales. Pour la séance de gym, c’était une journée où j’avais la forme et j’avais envie de rigoler. Le jour de celle de air guitare, j’avais entendu la chanson (Smoke on the water) le matin et quand le temps a changé, il m’a semblé évident d’en profiter pour faire cette vidéo. Ce matin, j’ai tourné une séquence avec Nao, mon robot. Les vidéos avec Nao sont moins spontanées car il faut prévoir ce que va dire le robot.
 

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