Armel Le Cléac'h : « Il y a de la frustration »

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INTERVIEW. Deuxième du Vendée Globe, Armel Le Cléac'h a perdu beaucoup de terrain sur François Gabart dans la journée de mardi. Un retard dû à un fichier météo trompeur qui provoque la frustration du skipper de Banque Populaire joint mardi après-midi.


La Chaîne Météo

Figaro Nautisme. - Vous avez pris une route plus à l'ouest que François Gabart, est-ce un pari pour revenir ou une trajectoire normale?

Armel Le Cléac'h. - L'écart ouest par rapport à François n'était pas énorme, environ 10 milles. J'aurais dû trouver du vent portant mais la transition a été plus lente pour moi que pour François. Je ne me l'explique pas, les fichiers météo m'indiquaient du vent et je n'en ai pas trouvé... Aujourd'hui, je le paie au classement...

Ce retard de 100 milles avec le leader fait-il mal moralement?

Il y a de la frustration, c'est évident. Je suis dégoûté de la façon imprévue de ce retard, les fichiers étaient formels. Par rapport à la route optimale, ce choix paraissait idéal, c'est vraiment dommage et incompréhensible. Quand on fait une erreur et que l'on prend du retard, on ne peut s'en prendre qu'à soi-même mais là je n'ai pas fait d'erreur, c'est frustrant.

Préférez-vous la place du chasseur ou celle du chassé?

Je n'ai pas de préférence. C'est toujours mieux d'être devant mais c'est vrai qu'à l'avant on a plus de pression. L'important, c'est d'être en tête aux Sables d'Olonne. J'espère revenir au contact. Il va falloir s'accrocher mais la course est encore assez longue pour espérer revenir.

Voyez-vous François Gabart comme unique concurrent ou craignez-vous le retour de Jean-Pierre Dick voire d'Alex Thomson?

Je surveille toujours derrière surtout que Jean-Pierre était bien revenu ces derniers jours mais avec son problème hier, il a repris du retard. Il faudra faire les comptes à l'Equateur pour bien réaliser les forces en présence, ce sera un point significatif. Il ne faut négliger personne. Alex Thomson par exemple peut encore jouer le podium.

Pensez-vous avoir passé le plus difficile maintenant que l'Indien et le Pacifique sont derrière vous?

Pas du tout. La remontée de l'Atlantique est très difficile. Il y a souvent du vent de face, la mer est très changeante et il y a beaucoup d'orages donc ce n'est vraiment pas drôle. On tombe sur tout et n'importe quoi et ça met à mal le bateau mais aussi le skipper. Même si ça fait du bien de quitter le froid des Mers du sud, on reste dans une partie compliquée.

La différence va-t-elle se faire uniquement dans la tête?

Le mental va jouer, c'est certain, mais chaque skipper qui fait du solitaire a reçu l'entraînement nécessaire à ce genre de situations. Il faut une bonne stabilité morale et sur cette fin de course, il va falloir tenir. On est dans un vrai marathon, c'est normal que ça se joue dans la tête, beaucoup de choses peuvent encore se passer.

On vous a senti très fatigué lors de la vacation de lundi...

C'est vrai qu'il y a de la fatigue surtout que les deux derniers jours ont été compliqués avec beaucoup de changements de vent et des orages, ce n'était pas simple de rester dans le bon sens. Maintenant ça va un peu mieux même si j'aimerais bien des conditions plus clémentes pour récupérer. Ça ne sera pas tout de suite mais je pense que ce week-end sera plus calme. Je ne vais pas me plaindre parce que physiquement, je n'ai pas eu de pépins mais la météo est compliquée et stressante, ça use...



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