L’irréductible britannique réussit son pari

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Alex Thomson a franchi mercredi matin la ligne d’arrivée du Vendée Globe à 08h 25mn 43s. Il finit à 2 jours 17 heures et 07 minutes de François Gabart.


crédits photo: D. Meyer / AFP

Les Sables d’Olonne ont pris un accent britannique ce mercredi avec la présence des supporters d’Alex Thomson. Lors de la dernière vacation du concurrent, la liaison très mauvaise n’a pas altéré l’enthousiasme du public qui l’a chaleureusement encouragé. Le skipper, lui, témoignait de conditions très difficiles pour sa dernière ligne droite avec entre 30 et 40 nœuds de vent. Le trafic maritime était également plus intense : « J'ai croisé un bateau de pêche, mais il était beaucoup trop près à mon goût. »

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Alex Thomson est donc le troisième concurrent étranger à monter sur un podium de Vendée Globe. Avant lui, deux autres Britanniques avaient réussi cette performance : Ellen MacArthur, dauphine de Michel Desjoyeaux en 2001 et Mike Golding, troisième derrière Vincent Riou et Jean Le Cam en 2005.
A l’image du vainqueur de ce Vendée Globe, François Gabart, la carrière d’Alex Thomson est partie sur les chapeaux de roue : en 1999, il remportait la Clipper Round the World Race et devenait le plus jeune vainqueur d’une course autour du monde. Il n’avait alors que 25 ans. Le jeune skipper était connu pour garder le pied au plancher, remportant au passage des records de rapidité. Jusqu’à ce Vendée Globe et depuis 2003, Alex Thomson détenait le record du monde de vitesse en 24 heures (aujourd’hui entre les mains de François Gabart).
Il se tourne ensuite vers le Vendée Globe mais ses deux premières tentatives se soldent par des abandons. On se souvient que pour sa deuxième participation, en 2008, son bateau était entré en collision avec un chalutier à trois semaines du départ. Déterminé, il avait tout de même choisi de s’aligner après des réparations express mais il avait finalement dû renoncer à sa course, après trois jours de navigation, en découvrant une voie d’eau sur son voilier.

 

Une course à obstacles

 

Pour mener à bien ce Vendée Globe, Alex Thomson a donc joué la longueur et la prudence, se hissant tout de même en tête de classement à la mi-novembre. Mais les mers du sud lui réservent des surprises. Dans la nuit du 9 au 10 décembre, alors qu’il naviguait à vive allure, le skipper d’Hugo Boss a percuté un OFNI (objet flottant non identifié) provoquant notamment la casse de l’un de ses hydrogénérateurs. « Je suis dégoûté d’avoir perdu autant de milles, confiait-il alors, mais aussi heureux que les dommages soient réparables et que je puisse poursuivre ma route. » En revanche, le marin a perdu 50% de sa production d’énergie et il doit donc économiser un maximum de courant pour poursuivre sa route. Il éteint donc son ordinateur, son GPS ou encore son téléphone. En plus du choc de l’avarie, du stress de la navigation avec moins d’outils en route et de la fatigue liée aux réparations, le marin a souffert du manque de communication « C’était dur car Alex est quelqu’un de très sociable qui aime se détendre en surfant sur Twitter ou Facebook pour discuter avec ses proches », explique Rachel Howe. La jeune femme est en charge de l’électronique pour l’équipe technique et c’est elle qui avait dans sa poche le téléphone qu’Alex Thomson appelait en cas de problème. Elle explique que le skipper d’Hugo Boss a su rester positif malgré les soucis, racontant des blagues ou bavardant sur le quotidien de ses équipiers à terre. « Mais quand Jean-Pierre Dick a perdu sa quille, je l’ai senti vraiment choqué et désolé, » ajoute-t-elle. Alex Thomson était très attentif à la navigation du voilier blessé, décidant même de se dérouter pour accompagner Jean-Pierre Dick dans un front avec du vent fort. « S’il a un problème, je suis prêt à l’aider, expliquait-il alors. Une fois qu’il aura fait face au plus dur de la météo et qu’il aura confirmé que tout va bien avec le bateau, s’il décide alors de continuer la course, alors je reprendrai ma route et ma course vers Les Sables-d'Olonne. ». C’est finalement ce qu’il a fait tandis que l’ancien troisième (qui décidera ce mercredi s’il poursuit sa route) choisissait de longer les côtes pour plus de sécurité.


Ce mercredi matin, Alex Thomson va donc amarrer son bateau à côté de Macif et Banque Populaire, après une course remarquable sur un bateau plus ancien que les deux bateaux jumeaux déjà aux Sables d’Olonne. Hugo Boss est un plan Farr mis à l’eau en 2007.

 

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