Mini-Transat : elle a tout d’une grande

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Aucune classe de bateaux n’est capable de réunir une centaine d’unités au départ d’une transatlantique. Seule la Mini-transat réussit cet exploit. Une aventure unique dans le domaine de la course au large.


Le 13 octobre, ils seront normalement une centaine de skippers à s’élancer en solitaire entre Douarnenez et Pointe à Pitre aux Antilles, via une escale à Lanzarotte aux Canaries, dans la 19ème édition de la Mini-Transat. Une épreuve réservée aux monocoques de 6,50 mètres, prototypes et de séries. La Mini-Transat a été créée en 1977 pour réagir au gigantisme des courses transatlantiques qui sont organisées depuis les années 70.

 

Un esprit d’aventure

Dans l'esprit de son fondateur, l’Anglais Bob Salmon, il s'agissait de renouer avec l'esprit aventureux des premières transatlantiques, telles qu'elles étaient vécues par Éric Tabarly par exemple. Ainsi, les concurrents de la Mini-Transat ne disposent que du minimum technique indispensable pour traverser l'Atlantique. Depuis quelques années, GPS et VHF sont autorisés (jusqu'alors, le sextant était encore le seul moyen de navigation autorisé) mais les concurrents ne disposent pas de routage météo par satellite, contrairement à la plupart des autres courses transatlantiques. Les marins n'ont aucun contact avec la terre, ils n'ont pas le droit de demander une assistance au risque d'être disqualifiés. Chaque Mini possède une balise satellite de positionnement et d'appel de détresse en dernier recours. Aussi, les voiliers se doivent d'être insubmersibles. Pour assurer leur sécurité en haute mer, des voiliers appelés « bateaux accompagnateurs » veillent au milieu de la flotte tout au long du parcours. Le règlement en exige 1 pour 12 concurrents. Rares sont les courses qui ont gardé comme la Mini-Transat son esprit originel. Ce qui fait de cette compétition une aventure exceptionnelle.

 

Prototype et série

Les bateaux utilisés sont allégés au maximum. Deux catégories de bateaux courent en même temps mais sur des classements séparés. D'une part, des prototypes, véritables laboratoires de technique nautique (c'est sur les Minis qu'ont été notamment testées les premières quilles pendulaires), d'autre part les bateaux de série, qui sont des anciens prototypes ayant fait leurs preuves et qui sont alors construits en série (plus de 10 unités). Les marins courant en Classe Mini, surtout en prototype, sont généralement des « as de la bidouille » qui ont conçu, préparé et amélioré tout seul leur bateau. En 2011, David Raison innove et gagne la transat avec un bateau presque aussi large à l'arrière qu'à l'avant.

 

Une école de skippers

La Classe Mini, très décriée à ses débuts en raison de la prise de risque énorme induite par la si petite taille des bateaux, s'est peu à peu imposée comme un passage quasi obligatoire pour les futurs grands skippers. C'est une véritable école de la course au large et en solitaire. De nombreux grands noms de la voile contemporaine sont passés par la Classe Mini : Loïck Peyron et son frère Bruno Peyron, Jean-Luc Van Den Heede, Marc Thiercelin, Yves Parlier, Laurent Bourgnon et son frère Yvan Bourgnon, Isabelle Autissier, Michel Desjoyeaux, Ellen MacArthur, Roland Jourdain, Lionel Péan, Marc Guillemot, Thomas Coville, Catherine Chabaud, Lionel Lemonchois, Jacques Caraës, Patrice Carpentier, Thierry Dubois, Halvard Mabire, Didier Munduteguy, Yannick Bestaven, et bien d'autres, ont participé à la Mini-Transat. « C'est la Mini Transat qui m'a donné le goût du large. Je ne l'oublierai jamais » disait Ellen MacArthur.

 

De tous horizons

La particularité de cette Transat est l'extrême variété des concurrents. Certains sont de futurs grands noms de la voile, d'autres viennent réaliser le rêve de leur vie. La modicité des budgets nécessaires à la Transat permet à tous de traverser l'Atlantique. On y trouve tous les types d'amateurs de la mer. Cependant, l'inflation des qualifications nécessaires pour pouvoir participer à la Mini Transat tend à en écarter depuis quelques années les marins qui ont une vie professionnelle à côté, et à privilégier les skippers financés par des sponsors. Certes, les engagés n’ont plus le même profil que ceux qui s‘élancèrent le 8 octobre 1977 de Penzance pour rejoindre Antigua lors de la première édition, mais l’esprit est resté le même car traverser seul l’Atlantique Nord sur un bateau de 6,50 m reste une véritable performance.
 



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