Golden Globe Race : Jean-Luc Van Den Heede a 9 jours d'avance

Jean-Luc Van Den Heede, âgé de 73 ans, continue de défier son âge et ses poursuivants malgré les meilleurs efforts des skippers de la Golden Globe Race. Son avance s’est étendue à travers le sud de l'océan Indien, à plus de 9 jours sur le peloton. Il espère passer le cap Leeuwin le week-end prochain.


Jean-Luc Van Den Heede a été contraint de grimper au mât pour réparer sa drisse de trinquette aujourd'hui mais mène toujours la course avec 9 jours d'avance. / Christophe Favreau

Avant le départ des Sables d’Olonne, le 1er juillet dernier, les meilleures prévisions informatiques suggéraient que le vainqueur pourrait accomplir ce tour du monde en solitaire en moins de 200 jours. Et bien, d’après le tracker, Matmut le Rustler 36 de Jean-Luc retournerait dans le port Vendéen dans 199 jours ! Cela en se basant sur sa moyenne de 5,3 noeuds sur les dernières 24 heures, ce qui est optimiste, mais avec ce septuagénaire, tout semble possible. Jusqu’à aujourd'hui, la pire chose avait été la perte d'une de ses chaussures “croc” - tombée à l’eau la semaine dernière, mais lundi, Van Den Heede a annoncé sa première casse. "La manille de la drisse de la trinquette s’est défaite. J’ai dû monter au mât à la deuxième barre de flèche pour réparer - je suis trop vieux pour le faire!" a-t-il admis.

À 1100 milles derrière, le Néerlandais Mark Slats, deuxième aux commandes de son Rustler 36 Ohpen Maverick, a encore perdu 300 milles sur son rival Matmut la semaine dernière. Il a fait part de ses inquiétudes quant à l’état de ses drisses car, sans système d’enrouleur de voile, le changement constant des voiles provoque un frottement considérable. Un autre inconvénient est la nécessité de faire glisser les voiles vers le bas pour les affaler, ce qui rend l'intérieur du bateau à la fois humide et froid. Le combat pour la troisième place est beaucoup plus intense. Le tracker lundi matin à 08h00 indique que l’Irlandais n’a plus que 8 milles d’avance sur le voilier indien d’Abhilash Tomy, une réplique moderne de Suhaili de Sir Robin Knox-Johnston. Thuriya est la pochette surprise de ce 50ème anniversaire de la course originale du Sunday Times Golden Globe. Même Sir Robin avait prédit qu'il serait lent par rapport aux bateaux de production mais le voilier et son skipper se révèlent exceptionnellement rapides dans l’Océan Austral, après être passé de la 10ème à la 3ème place depuis le Cap de Bonne-Espérance.

L'Indien Abhilash Tomy avec son mentor Sir Robin Knox-Johnston à bord de Thuriya - un design de 1923 comme le Suhaili, démontrant ses qualités une fois de plus dans l'océan Austral.

Tomy et McGuckin sont maintenant en contact avec la VHF et échangent constamment avec une rivalité qui n’a d’égal que celle entre le Tradewind 35 Puffin de l’Américain-Hongrois Istvan Kopar, et Asteria, le Gaia 36 du Finlandais Tapio Lehtinen. Lundi, ils étaient à 37 milles l'un de l'autre, disputant la 7e place. Kopar est toujours en proie à des problèmes de régulateur d’allure et dans un rapport publié dimanche, il a ajouté : "Une bourrasque de 50 noeuds a déchiré mon foc et réduit mon seul pavillon américain en lambeaux pendant la nuit".

L’Estonien Uku Randmaa a également participé à la bataille. Il a rapporté "30-50 nds. DERNIÈRE 24H. Pas de belles conditions pour naviguer ce week-end". Et lors de son appel sécuritaire à la Direction de course, a ajouté que son Rustler 36 One and All avait été frappé par une grosse vague qui avait fait éclater sa casquette en épais tissu et tordu l’armature en métal.

Mercredi dernier, le Français Loïc Lepage a quitté le Cap en catégorie Chichester suite à un arrêt forcé pour réparer sa radio BLU et ravitailler en eau douce son Nicholson 32 Laaland. Ces derniers temps, cette région d’Afrique a connu de graves pénuries d’eau, mais la marina a bénéficié d’une autorisation spéciale pour pouvoir ouvrir les vannes et permettre à Lepage de remplir ses réserves d’eau potable. Il a fait un départ parfait en traversant le courant Agulhas à son point le plus étroit puis a bénéficié de trois jours de courant Est avant de plonger vers les latitudes des 40èmes rugissant.

L'Australien Mark Sinclair a fait un arrêt impromptu à Table Bay pour déposer ses films, tout comme Bernard Moitessier, lors de la première édition il y a 50 ans. / Riaan Smit

Ce n’est pas le cas avec l’australien Mark Sinclair, qui a fait un arrêt impromptu à Table Bay jeudi pour déposer ses pellicules et ce qui semble avoir été un pèlerinage du lieu de naissance de son Lello 34 Coconut. Sinclair a rencontré trois autres propriétaires de Lello, qui ont récupéré son colis et ont écouté ses anecdotes. Riaan Smit a déclaré: "Il était de bonne humeur - avec Coconut - et comme s’il venait de sortir faire sa balade du dimanche après-midi."

Sinclair a peut-être été attiré par le paysage et les montagnes en décidant de faire le tour du Cap en continuant sur la côte est, malgré la promesse de vents légers et celle de devoir traverser le courant au point le plus large. Ce matin, Coconut, qui avait franchi le Cap de Bonne-Espérance en 9ème position vendredi dernier, était toujours en train de longer la côte à 1,4 milles au sud de Cape Seal et de se diriger vers Port Elizabeth. "Nous nous demandons s’il convient d’inaugurer une nouvelle catégorie « Hiscocks » pour Mark qui reflète sa passion de naviguer à travers le monde. J'espère qu'il rejoindra bientôt de nouveau la flotte GGR !" raconte Don McIntyre.

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