Route du Rhum : une première nuit agitée

Après un départ spectaculaire devant la pointe du Grouin dans une jolie brise de secteur Sud 20 nœuds, la flotte des 123 solitaires a rapidement pris le rythme de cette onzième édition de la Route du Rhum-Destination Guadeloupe. Sébastien Josse est parti comme une fusée alors que plusieurs concurrents se sont arrêtés, soit pour réparer, soit sur problèmes techniques.


Après un départ spectaculaire devant la pointe du Grouin dans une jolie brise de secteur Sud 20 nds, la flotte des 123 solitaires a rapidement pris le rythme ! / Alexis Courcoux

Incontestablement, Sébastien Josse a des chevaux sous le capot : son trimaran volant s’en est donné à cœur joie pour ces premiers bords depuis Saint-Malo, parfois à près de 38 nœuds de moyenne ! Cela lui a permis de prendre la tête de cette onzième Route du Rhum-Destination Guadeloupe et de faire le break vis-à-vis de ses concurrents. De plus, le solitaire est sorti d’une zone de vents faibles le premier en milieu de nuit, alors que François Gabart, Francis Joyon et Thomas Coville peinaient encore à franchir cette molle ce lundi matin. Quant à Armel Le Cléac’h, après son arrêt express (35 minutes) à Roscoff pour régler des problèmes électriques, il comptait près de cent milles de retard…

« J’ai fait un arrêt express à Roscoff. J’ai dû m’arrêter réparer la pièce cassée avant le départ. Je suis reparti derrière. Je suis un peu décroché, mais je vais traverser cette dépression pour avoir du vent plus soutenu derrière, du vent de Nord Ouest. Ce n’est pas simple ; entre les fichiers qu’on analyse et le vent qu’il y a sur l’eau, il y a pas mal de choses différentes. On essaie de trouver le meilleur passage pour aller chercher le vent de Nord Ouest derrière. Il y a pas mal de monde sur l’eau, pas mal de trafic. On va essayer de ne pas prendre trop de retard par rapport aux conditions qui arrivent derrière et qui vont donner un peu plus de mer et de vent. On va essayer de se sortir de là mais c’est sûr que pour le moment on est plutôt en mode chasseur. Il faut être patient » a déclaré Armel lors de la vacation.

Armel Le Cléac'h, après son arrêt express (35 minutes) à Roscoff pour régler des problèmes électriques, compte près de cent milles de retard. / Yvan Zedda

Chez les Multi50, Erwan Le Roux a aussi dû s’arrêter à Roscoff pour circoncire un problème de safran ayant entraîné une voie d’eau, sans gravité mais pénalisante : après quatre heures de pit-stop, le skipper a repris la mer mais avec cent milles de delta sur Armel Tripon, leader depuis le coup de canon ! Ces multicoques de 50 pieds sont tous passés par le Sud de Ouessant, par le chenal du Fromveur, dans le sillage des premiers ULTIME.

Une dépression à traverser

Ce n’est pas le cas pour les monocoques IMOCA puisque la flotte s’est scindée en deux groupes avant la pointe bretonne : le Britannique Alex Thomson est ainsi le plus au Nord du groupe de tête quand Vincent Riou emmène une poignée plus compacte plus au Sud avec Jérémie Beyou et Yann Éliès. Les vitesses ont sensiblement baissé pour cause de traversée d’une dépression peu marquée, mais installée à une cinquantaine de milles de Ouessant… Et pour Louis Burton, la course est mal engagée puisque son puits de foil tribord est en vrac : il fait route vers Roscoff (ou Saint-Malo) et doit fournir plus d’explications en matinée.

Côté Class40, la renverse de marée à Ouessant a incité le leader Louis Duc à passer au Nord du DST (Dispositif de Séparation du Trafic) avec Maxime Sorel dans son sillage… Mais par le Sud, Yoann Richomme et Luke Berry tentent de s’extirper les premiers de cette molle dépressionnaire : ils devraient redémarrer au lever du jour. Et peut-être retrouver Fabrice Payen qui mène la danse parmi les Rhum Multi, le skipper ayant choisi de se décaler un peu plus au Nord sur la route directe (orthodromie). Enfin, notons que le Guadeloupéen Willy Bissainte a dû être remorqué des Sept Îles à Roscoff, suite à un échouement imprévu devant Perros-Guirec.

Peu après 5h30, Sébastien Josse a prévenu son team manager d'une avarie majeure à bord du Maxi Edmond de Rothschild. Alors qu'il naviguait en tête de la flotte, le solitaire a subi un arrêt brutal. / Alexis Courcoux

La flotte s’est donc bien étirée lors de cette première nuit noire (nouvelle lune le 7 novembre…) puisqu’on comptait plus de 250 milles entre le leader Sébastien Josse au milieu du golfe de Gascogne et Laurent Jubert au large de Perros-Guirec… Jusqu'au moment où, peu après 5h30, Sébastien Josse a prévenu son team manager d’une avarie majeure à bord du Maxi Edmond de Rothschild. Alors qu’il naviguait en tête de la flotte, le solitaire a subi un arrêt brutal. Son équipe à terre et sa cellule de routage cherchent une solution pour rallier au plus vite la terre ferme. En effet, l’essentiel est désormais de mettre le marin à l’abri car une nouvelle dépression va balayer le golfe de Gascogne dans les prochaines heures.

En effet, les prévisions météorologiques annoncent une grosse dégradation des conditions de navigation : le vent de Nord-Ouest au large des côtes bretonnes doit passer à l’Ouest puis au Sud-Ouest fort en soirée de lundi.

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