Route du Rhum : deuxième nuit au coeur de la dépression

Tandis que les deux premiers Ultimes continuent leur route et ont réussi à éviter le coup de vent, il n’en est pas de même pour le gros de la flotte de cette onzième Route du Rhum-Destination Guadeloupe.


François Gabart et Francis Joyon ne se quittent pas d'une semelle et ont déjà atteint la latitude du cap Saint-Vincent, pointe Sud-Ouest du Portugal. / Benoit Stichelbaut / ALéA / Macif

Le vent de Sud-Ouest a forci cette nuit, puis le front est passé sur les leaders de chaque catégorie en basculant à l’Ouest, créant une mer très désordonnée. Plusieurs solitaires ont choisi le repli vers des ports bretons ou espagnols…

Après 40 heures de course, de nouveaux solitaires ont décidé de s’abriter au vu de la situation météorologique : la deuxième dépression commence à sévir sur les concurrents au cœur du golfe de Gascogne et les conditions, surtout de mer, se sont sensiblement dégradées… Ainsi parmi les Rhum Multi, Loïck Peyron suivi par Yann Marilley tout comme Gilles Buekenhout, tente de rallier la côte Nord de l’Espagne, probablement vers Gijon ou La Corogne, tandis que Charlie Capelle, Pierrick Tollemer, Christophe Bogrand, Gérald Bibot font route vers la Bretagne Sud.

Un golfe de Gascogne particulièrement agité !

Les Class40 ont été secoués par une houle de Nord-Ouest contrariée par des vagues de Sud-Ouest et un vent qui oscille entre 35 et 40 nœuds avec rafales ! Et il y a déjà plus de 150 milles d’écart latéral entre Louis Duc, au Nord et Kito de Pavant, au Sud. Pour l’instant, c’est Yoann Richomme qui conserve le leadership.

Côté monocoque IMOCA, la bataille Nord-Sud perdure toujours avec le Britannique Alex Thomson qui conserve la main sur la route directe (orthodromie) tandis que Vincent Riou et Paul Meilhat ont croisé en milieu de nuit, l’un choisissant de partir à l’Ouest derrière le front quand l’autre plonge vers le Sud face à une mer très dure… Or la situation est déjà très différente pour les Multi50 puisque deux d’entre eux ont réussi à déborder le cap Finisterre cette nuit : Armel Tripon et Lalou Roucayrol glissent désormais le long des côtes du Portugal, certes dans un flux de Sud-Ouest mais nettement moins musclé qu’au Nord, et surtout avec des vagues plus négociables que pour Thierry Bouchard, Thibaut Vauchel-Camus ou Gilles Lamiré en plein milieu du golfe de Gascogne.

Côté monocoque IMOCA, la bataille Nord-Sud perdure toujours avec le Britannique Alex Thomson qui conserve la main sur la route directe / Alex Thomson Racing

Échappée par le Sud

Enfin pour les grands multicoques, deux d’entre eux vont pouvoir éviter le gros de la dépression, voire passer dessous : François Gabart et Francis Joyon ne se quittent pas d’une semelle et ont déjà atteint la latitude du cap Saint-Vincent, pointe Sud-Ouest du Portugal. Ce qui n’est pas le cas pour Armel Le Cléac’h, 200 milles plus au Nord, qui a dû enchaîner deux virements de bord cette nuit. Le premier lorsque le vent s’est installé au Sud-Ouest 35-40 nœuds au large du cap Finisterre, le second quelques heures plus tard quand la bascule à l’Ouest 30-35 nœuds a eu lieu derrière le front. Il y a ainsi plus de 300 milles de décalage Nord-Sud entre les deux leaders et leur poursuivant ! Quant à Romain Pilliard, toujours au cœur du golfe de Gascogne, la situation météo n’est pas très favorable à la glissade : 35 à 40 nœuds de Sud-Ouest et une mer forte…

Les avaries sous la nuit noire

À 3h50 ce matin, l’IMOCA MONIN d’Isabelle Joschke a cassé son mât. Isabelle naviguait bâbord amure au près serré avec deux ris dans la grand-voile et sa trinquette à 200 milles nautique dans le nord-ouest de La Corogne lorsque, suite à un problème de pilote, l’Imoca a viré de bord inopinément. Isabelle a alors pris le temps de bien préparer un autre virement pour remettre son soixante pieds sur le bon cap quand le mât s’est brisé. Les conditions sur le moment : mer forte, vent de 30 à 35 nœuds de sud-ouest. Isabelle a pu couper les haubans afin de libérer tout le gréement et sécuriser son bateau avant d’informer la direction de course, qui était déjà en alerte à la vue des données de vitesse anormale en provenance de la balise de MONIN.

Alors que Sam Goodchild était pointé en 8ème position chez les Class40 sur la Route du Rhum - Destination Guadeloupe, le skipper de Narcos : Mexico a signalé à la direction de course avoir démâté. Le skipper est sain et sauf. Il a réussi à sécuriser le gréement et fait route vers la terre, il devrait arriver à Brest d’ici quelques jours.

À 3h50 ce matin, l'IMOCA MONIN d'Isabelle Joschke a cassé son mât. / Emmanuelle Delteil

Enfin, David Ducosson (Air Antilles- Caseneuve) a déchiré son gennaker. Il s’est naturellement mis au vent arrière pour récupérer sa voile et mettre de l’ordre à l’avant du bateau, sur cette mer infernale qui rend toute intervention sur le pont pour le moins périlleuse. David occupait les avant postes au moment de son avarie. Il va pouvoir repartir, hélas privé de cette importante voile d’avant.

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