Route du Rhum : 3 phénomènes météo redoutés par les marins

La 11ème édition de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe se poursuit après quelques jours difficiles pour les concurrents, parfois confrontés à des conditions météo délicates. La rédaction fait le point sur les 3 phénomènes météorologiques les plus redoutés par les marins.


Yann Eliès / UCAR - StMichel

Le passage des fronts froids actifs

Naviguer en automne sur l’Atlantique comme le fait la centaine de marins de la route du Rhum – Destination Guadeloupe, c’est se confronter au régime d’ouest perturbé sous l’influence de dépressions plus ou moins vigoureuses : celles-ci circulent depuis Terre-Neuve vers le nord-ouest de l’Europe. Les fronts froids sont particulièrement redoutés des marins. Ils matérialisent une limite entre de l’air subtropical qui remonte du sud-ouest et de l’air polaire qui arrive par le nord-ouest. Le vent se renforce nettement à l’avant du front et peut atteindre 40 à 45 nœuds avec des rafales tempétueuses pouvant atteindre plus de 60 nœuds au passage du front. Le vent de sud-ouest vire au secteur nord-ouest à l’arrière du front froid, avec un temps très instable et de violentes rafales au passage des grains. A ces fortes conditions de vent s’ajoutent des conditions de mer très dégradées. A l’avant du front, la mer est croisée avec la houle de nord-ouest, qui arrive du large, et la mer du vent de sud-ouest, ce qui ralentit l’avancée des skippers.

Les zones de molle sous les anticyclones

Si les marins ont pour objectif d’éviter le gros temps au plus près des dépressions, ils doivent aussi rester à l’écart des zones de vents faibles au cœur des anticyclones ou au passage des dorsales. Pour éviter la « pétole »  (absence de vent) et ne pas se retrouver immobilisé sur l’eau, l’objectif est de contourner les zones de hautes pressions pour garder suffisamment de vent, tout en ne rallongeant pas trop le parcours. Pour se diriger vers la Guadeloupe, la plupart des navigateurs de la route du Rhum longent la bordure orientale de l’anticyclone des Açores avec un vent de nord-ouest qui tourne progressivement au secteur nord puis nord-est. Débute alors une longue route sous les alizés…

Les ondes d’est

Si l’alizé souffle une grande partie de l’année entre les Canaries et les Antilles, celui-ci n’est pas toujours aussi régulier qu’on voudrait bien le croire. Dans le flux général d’est à nord-est qui domine aux latitudes tropicales, il arrive que des perturbations appelées « ondes d’est » se créent le long des côtes africaines, lorsque de l’air froid descend le long de l’anticyclone des Açores et plonge vers le sud. Une zone de nuages convectifs très compacts se crée en circulant lentement de l’est vers l’ouest de l’Atlantique. Au passage de l’onde d’est, de fortes pluies à caractère orageux se produisent sous les gros cumulonimbus avec des vents très irréguliers (en force et direction) ce qui met à rude épreuve les navigateurs.

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