Les Américains, métamorphosés, se révoltent

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Le defender américain Oracle Team USA (OTU) s'est adjugé la seule manche courue du jour, la seconde ayant été reportée au lendemain à cause du vent devenu trop fort.


Ricardo Pinto

Métamorphosés depuis qu'ils se retrouvent dos au mur face au challenger néo-zélandais, James Spithill et ses équipiers ont grappillé un point de plus dans leur "mission impossible" consistant à sauver 8 balles de match. Plus que 7 duels à remporter pour voir les Américains garder leur prestigieux trophée. Mené désormais 8-2 grâce à un excellent départ du barreur australien James Spithill, le defender veut croire en ses chances. "Yes we can !", assure le barreur en conférence de presse. "On peut gagner d'autres manches, on a réellement progressé depuis les premières confrontations et on a rien à perdre, on ne peut que gagner", a-t-il ajouté fermement.


Le hook de Spithill sur Barker


Le déroulement de la course de ce jeudi restera un exemple pour le defender car dès le départ James Spithill et ses 10 collègues ont exécuté avec succès ce que l'on appelle un hook en match-racing, une manœuvre qui oblige l'adversaire à se maintenir à l'écart et même à virer de bord si la combine est complètement réussie. Dean Barker, trop sur la défensive, fut la victime du joli coup américain. En devant virer de bord dans les 30 dernières secondes avant le départ, Aotearoa, l’AC72 néo-zélandais, a hypothéqué toute chance de remporter la 34e Coupe de l'America à l'issue de la course 12. Les Américains, survoltés, obtinrent leur 2e point (4 duels au total mais 2 de pénalité) en volant au près, tout en contrôlant des Kiwis moins rapides.


Les Américains, plus rapides, décollent même au près


Comment les Américains, totalement dépassés au début de la compétition, sont-ils parvenus à voler à 30 nœuds au près en si peu temps ? "Je ne peux pas vous le dire mais le design team et nous tous avons revu et analysé beaucoup de choses pour en arriver à ce résultat", a déclaré James Spithill, ajoutant "si on regarde d'où l'on est parti et là où se retrouve aujourd'hui on peut facilement comprendre dans quel état d'esprit sont mes équipiers, ils veulent gagner !" Une donnée démontre à quel point l'avantage des Américains est significatif dans ces conditions de vent d'une quinzaine de nœuds : la vitesse moyenne qu'ils affichent est supérieure de 0,89 nœuds à celle des Kiwis (29,90 pour OTU contre 29,01 pour ETNZ) sur la dizaine de milles à parcourir.


Qui a l'ascendant psychologique ?


Imaginez un joueur de tennis se levant trois matins de suite pour servir pour le match d'une finale d'un tournoi de grand chelem. La préparation mentale, physique et tactique qu'induit ce jour exceptionnel épuise l'organisme au point qu'on puisse complètement passer à côté de l'événement. Barker et ses hommes sont en finale de leur grand chelem. "On se prépare chaque jour à gagner cette manche", admet le skipper néo-zélandais, encore un peu émoussé par le report de la seconde manche du jour. Fort heureusement pour les Kiwis, le signal d'alarme n'a pas encore retenti mais la configuration des deux derniers jours de course - avec une seconde course reportée - profite à l'adversaire américain qui, en enfilant les points un à un, place les Kiwis dans une situation paradoxale de pression à assumer chaque matin.


Peut-on relever la limite de vent ?


Iain Murray, le directeur de course, avait fixé une force de vent maximal à 23 nœuds après le décès d'Andrew Simpson dans cette même baie de San Francisco en mai dernier. Chaque matin, à l'occasion du briefing du jour ce dernier insiste sur le fait que cette limite peut être relevée "si et seulement si les deux équipes s'accordent". D'après les dernières courses courues dans une forte brise, il semblerait que les Américains soient avantagés. "C'est vrai que la limite de vent a été fixée un peu trop tôt. Maintenant les équipes ont énormément progressé et on peut rendre possible la navigation au-dessus de la limite", a lancé James Spithill sans occulter le drame passé. "La tragédie (décès d'un équipier d'Artemis) fut terrible et il faut forcément mettre une limite pour éviter que cela ne se reproduise mais je trouve dommage que le public ne se déplace que pour une seule manche avec ces conditions de navigation exceptionnelle", a-t-il complété. De son côté Dean Barker ne s'est pas montré favorable à une augmentation de la limite de vent : "Nous nous sommes concertés tous ensemble avant la Coupe Louis Vuitton et personne ne trouvait rien à redire à cette limite". On comprend aisément que le skipper néo-zélandais soit réticent à l'instauration d'une nouvelle limite haute tant il semblait à l'aise dans des conditions de vent plus clémentes.


D'abord par des moyens techniques, les Américains ont réussi à sortir la tête de l'eau, ce qui a influé directement sur leurs performances et de fait sur leurs états mentaux. Entre un challenger que le monde entier hisse au rang d'ultra-archi-favori et un defender revigoré et orgueilleux qui n'a plus rien à perdre, le match reste indécis et le suspense se prolonge au plus grand bonheur des spectateurs.

 

Deux courses sont programmées ce vendredi à 13H15 et 14H15 (22H15 et 13H15 heure française). 

 

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