Scénario hollywoodien à San Francisco

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Alors que les Kiwis possédaient plus d'un kilomètre d'avance sur les Américains, la course 13, celle qui aurait pu leur rapporter le point du titre qu'ils cherchent depuis mercredi fut annulée pour dépassement du temps limite. Le defender en a tiré profit en remportant cette manche remise quelques minutes plus tard lorsque le vent se leva.


Ricardo Pinto

Le chiffre 13 ne leur porte pas chance pas plus que les caprices de la météo et les règles de course. À la recherche du point fatidique qui leur permettrait d'enregistrer l'aiguière d'argent en supplément de bagage vers Auckland, les Kiwis alternent le manque de chance et les erreurs. "C'est une journée très frustrante", a avoué Dean Barker, de plus en plus marqué par la répétition des efforts et des circonstances de la course. Proche d'une troisième Coupe de l'America après celles de 1995 et 2000, la Nouvelle-Zélande ne cesse de louper le coche et de reboucher la bouteille de champagne, trop vite sortie.

 

Dans des conditions dites "de demoiselle" - moins d'une dizaine de nœuds - les hommes en noirs menaient aisément cette course numéro 13 avec une avance considérable de plus d'un kilomètre. Si bien que l'adversaire principal devint non plus le defender mais la montre : la limite de temps fixée par la direction de course pour terminer le parcours de plus de 10 milles est de 40 minutes. Au delà, si aucune équipe n'a été en mesure de franchir la ligne d'arrivée, la course est annulée puis remise. Un véritable scénario hollywoodien se produisit, au grand dam des Kiwis qui ne pointaient plus qu'à une centaine de mètres de l'arrivée, proche des quais et des centaines de spectateurs venus assister au sacre encore une fois reporté. "On savait qu'on ne serait pas dans les temps lorsqu'on a attaqué le dernier bord. C'est comme ça, c'est le jeu, on reste confiant", a déclaré le skipper néo-zélandais, fataliste.


Barker : « On pensait que ça allait passer »


D'une faiblesse jamais aperçue depuis le début des hostilités, le vent complique la tâche des organisateurs et de l'équipe kiwi. Forcé d'annuler certaines courses à cause d’une brise trop forte ces 3 derniers jours, Éole a cette fois été trop faible pour sacrer les Néo-Zélandais. Opportuniste, James Spithill s'est accaparé de la manche reportée alors qu'il se retrouvait mené par Emirates Team New Zealand (ETNZ). Au bénéfice d'une bonne tactique côté large du plan d'eau, le defender revenait au contact se retrouvant tribord amure en route de collision avec ETNZ et par conséquent prioritaire. "On pensait que ça allait passer", a précisé Dean Barker mais le skipper australien d’Oracle Team USA a été obligé de modifier sa route pour éviter la collision ce qui infligea une pénalité aux Néo-Zélandais.


Le vent tourne en faveur des Américains


"Au début de la Coupe tout semblait contre nous, on perd notre régleur d'aile en plus des 2 points de pénalité infligés par le jury. Désormais certains faits de course tournent en notre faveur", a souligné James Spithill. La faible brise soufflant à San Francisco a obligé les deux équipes à sortir leurs "code 0", une voile d'avant utilisée lorsque les conditions de vent ne permettent pas de faire décoller les AC72 sur leurs foils. Une voile de plus qui accroît l'effort physique à donner à bord. "Ces gars (les wincheurs) sont d'incroyables athlètes, les meilleurs du monde, et ce, dans les deux équipes. Imaginez, ils se sont entraînés physiquement depuis le début de la campagne comme des forcenés : musculation le matin, navigation durant la journée puis encore une séance physique en rentrant le soir", a expliqué James Spithill rendant hommage au travail de l'ombre de ses équipiers.


Pourtant encore menés 8-3 les Américains reprennent clairement l'ascendant sur leur adversaire en tirant profit des aléas météorologiques. Sur les 6 derniers duels disputés, le defender mène aux points 4-2. Impensable au lendemain du 4ème jour alors que les Kiwis menaient 6 à -1, un retour des Américains n'est plus si saugrenu. Six manches restent à gagner pour conserver le pichet d'argent tant convoité.


Les catamarans volants seront en représentation ce samedi pour au moins une manche voire deux si les Américains remportent la première, à 13h15 et 14h15 (22h15 et 23h15 heure française).

 

 



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