Vendée Globe
Au cœur de la course

Gabart s'échappe doucement

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François Gabart accentue son avance sur Armel Le Cléac’h tandis que Jean-Pierre Dick reste confiant pour la suite. 



Crédit photo : Vincent Curutchet (DPPI) - Vendée Globe

Vendredi après-midi, François Gabart (Macif) continue à accentuer l’écart qui le sépare d’Armel Le Cléach (Banque Populaire), pour le porter à 162 milles. Le skipper de Macif, bénéficiant d’un vent de nord-est plus soutenu, remontait l’Atlantique Sud par le travers de Rio de Janeiro à 15 noeuds contre 13 pour son dauphin.

 



L’analyse de Thomson





Troisième à 392 milles de Gabart, Alex Thomson (Hugo Boss), qui s’écarte actuellement des côtes brésiliennes à 12 noeuds, analyse son choix stratégique : « Mon choix d’une trajectoire bien plus à l’ouest que les trois bateaux devant moi a payé et je suis désormais en troisième position.  Mes choix de trajectoire sont plutôt standards, je passe à l’Ouest du front quasi-permanent qui part de Rio et qui s’étend au Sud-Ouest. Cette stratégie comporte des avantages et des risques. L’avantage, c’est que quand je traverserai ce front, je serai proche du centre d’une zone de basse pression, ce qui veut dire que j’espère ne pas subir les vents faibles trop longtemps. L’inconvénient, en revanche, c’est que les modèles météo ne sont jamais très précis en ce qui concerne les vents proches des fronts. En fait, il n’est pas impossible qu’il y ait un peu de pétole quand je traverserai le front. Mais les trois bateaux de tête, qui sont plus à l’est, auront un meilleur angle d’approche du pot-au-noir et une plus grande vitesse ».



 88 milles derrière Thomson, Jean-Pierre Dick (Virbac-Paprec) ne progressait qu’à dix noeuds mais restait confiant, sachant que les écarts devraient se réduire entre les deux hommes. .




Le Cam sur un nuage

 



Cinquième de la hiérarchie, Jean le Cam (SynerCiel) a beau avoir sur ses talons Mike Golding (Gamesa), il vit sur un petit nuage : « Je vais très bien, j’ai eu une nuit paradisiaque : le bateau marchait bien, j’ai pu dormir, je n’ai eu aucune avarie pour me réveiller, il n’y avait pas d’algues... C’était une nuit remplie de plénitude, de bonheur. C’était magnifique et d’une pureté incroyable. Mais je ne l’ai pas volée ! En ce moment c’est top. Mais c’est toujours pareil, c’est quand tu as vécu le pire, quand c’est dur, que le beau devient encore plus beau ».
 
 

Trois dans un mouchoir de poche





Toujours à couteaux tirés, Dominique Wavre (Mirabaud), Javier Sanso (Acciona 100% EcoPowered) et Arnaud Boissières (Akéna Vérandas) se tiennent en 52 milles seulement au niveau des îles Malouines. Côté Pacifique Sud, Bertrand de Broc (Votre Nom Autour du Monde avec EDM Projets) et Tanguy de Lamotte (Initiatives-Coeur) se rapprochent tranquillement du cap Horn dans un flux modéré de secteur Ouest. Tandis que Alessandro Di Benedetto (Team Plastique) plonge vers la dernière marque de parcours, la porte Pacifique-Est.


 

LES VOIX DU LARGE

 



Dominique Wavre (Mirabaud) : « J’ai actuellement 30 nœuds de vent, je suis au reaching, c’est assez sportif. La mer n’est pas encore trop mauvaise. Je sors de deux ou trois jours de calme et ça commence seulement à secouer un peu. Mon gennaker est bien rangé pour d’autres conditions. Le problème était compliqué à résoudre car cette voile de 330m2 était en chiffon dans la soute. Il m’a fallu une heure à une heure et demie pour le sortir en élaborant une sorte de grue. Une fois sur le pont, il m’a fallu  remettre l’avant à l’avant et l’arrière à l’arrière. Mais c’était presque la partie facile. Il a ensuite fallu le désemmêler, ce qui n’a pas été simple car il était complètement serré et étouffé sur lui-même. Une fois entièrement déployé, j’ai pu l’enrouler de nouveau correctement. Je suis tellement content d’avoir pu rattraper cette voile que je n’ai pas eu besoin de récupérer : j’ai réglé le bateau et écouté de la musique ».



 

Jean Le Cam (SynerCiel) : « Hier, j’ai récupéré une algue dans le safran, c’était quelque chose ! Ce ne sont pas de petites algues qui glissent, elles ont des sortes de tentacules qui viennent se coincer dans les safrans ou la quille. C’est comme ça qu’elles peuvent arrêter les bateaux de course, ces coquines ».



 

Bertrand de Broc (Votre NomAutour du Monde avec EDM Projets) : « Ça va, c’est les vacances en ce moment ! Les conditions - pour le coin - sont assez exceptionnelles : il fait beau, la mer est belle, le vent est correct, il n’y a pas de grains... ça devrait durer encore 72 heures. Le cap Horn est encore loin, vu le vent qui n’est pas très fort (15-20 nœuds) et malheureusement, je suis en plein vent arrière. Il faut donc que je tire des bords et la route est encore longue ! J’ai fait trois empannages dans la nuit, avec la quille au vent. Je matosse donc simplement les bastaques, les voiles restent centrées au milieu. Je fais du « moitié-moitié » avec la quille qui passe d’un bord à l’autre. Ce ne sont pas des grandes manœuvres. Concernant l’arrivée au cap Horn, le routage me fait arriver le long des côtes chiliennes. J'ai empanné dans l'après-midi et comme il faisait beau, j'ai commencé à réparer ma grand voile : couture au soleil sur la bôme et collage d'un renfort en cuben avec du sikka flex. Il me reste à coller un renfort de l'autre côté de la voile et je pourrai renvoyer, mais ce ne sera pas avant le cap Horn ».



 

Tanguy de Lamotte (Initiatives-Coeur) : « Je suis vraiment content d'avoir pu commencer cette réparation aujourd'hui car je ne pensais pas pouvoir le faire si tôt, ni dans d'aussi bonnes conditions. Tout va bien à bord, ça fait vraiment du bien d'être dehors dès qu'il y a du soleil. Vivement le retour dans l'Atlantique ! ».

 



CLASSEMENT



Positions du 11/01 à 16 heures : 1.François Gabart (Macif) à 4 552 milles de la ligne d’arrivée; 2.Armel Le Cléac´h (Banque Populaire) à 162,7 milles du leader; 3.Alex Thomson (Hugo Boss) à 392,3 m; Jean-Pierre Dick (Virbac-Paprec) à 480,3 m; 5.Jean Le Cam (SynerCiel) à 1 588,1 m; 6.Mike Golding (Gamesa) à 1 626,5 m; 7.Dominique Wavre (Mirabaud) à 2 014,1 m; 8.Javier Sanso (Acciona 100% EcoPowered) à 2 059,1 m; 9.Arnaud Boissières (Akéna Vérandas) à 2 066,4 m; 10.Bertrand de Broc (Votre Nom Autour du Monde avec EDM Projets) à 3 380,6 m; 11.Tanguy de Lamotte (Initiatives-Coeur) à 3 655,5 m; 13.Alessandro Di Benedetto (Team Plastique) à 4 446,2 m. Abandons : Marc Guillemot (Safran); Kito de Pavant (Groupe Bel); Samantha Davies (Savéol); Louis Burton (Bureau Vallée); Jérémie Beyou (Maître CoQ); Zbigniew Gutkowski (Energa); Vincent Riou (PRB); Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat)



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