Lipopette, le Lagoon 450F qui s’offre une seconde vie après un refit ambitieux
Dans l’univers de la plaisance, certains bateaux ne se résument pas à une fiche technique. Lipopette fait partie de cette catégorie. Ce Lagoon 450F mis à l’eau en 2012 a déjà derrière lui une histoire bien remplie, marquée par plus de 7 traversées transatlantiques, de nombreuses navigations au long cours et un rôle important au sein de la flotte VogWeek.
Utilisé pour des stages de voile, des croisières et des navigations en catamaran, il a accueilli au fil des années des centaines de stagiaires et d’équipages. Le bateau a aussi traversé des épisodes plus rudes, dont une tempête tropicale en Corse en 2022, présentée comme l’un des moments marquants de son parcours. Cette longévité explique en partie l’intérêt de son refit : Lipopette n’est pas seulement un catamaran remis à niveau, c’est une unité déjà chargée d’expérience, dont la carrière nautique se prolonge.
Le chantier engagé sur Lipopette ne se limite pas à une opération cosmétique. La remise à niveau touche aussi bien la structure, les coques, le pont, l’accastillage, la motorisation, les systèmes électriques, la plomberie, les aménagements intérieurs et plusieurs éléments liés au confort à bord. Le programme comprend notamment un contrôle structurel et fonctionnel, un nettoyage complet intérieur et extérieur, une révision du cockpit, le remplacement de joints, l’entretien des winchs et des poulies, le décapage complet de l’antifouling, l’application de nouvelles couches de primaire époxy et d’antifouling, ainsi qu’un polissage de coque. Des réparations polyester ont également été prévues, avec 100 heures consacrées aux rayures. La partie mécanique occupe elle aussi une place importante, avec le remplacement des 2 moteurs, des faisceaux électriques, des échappements, des panneaux de contrôle et des commandes de gaz. À cela s’ajoutent des interventions sur les vannes, les passe-coques, les robinetteries, les flexibles de douche, le chauffe-eau, les pompes de cale et différents éléments électriques du carré.
L’intérêt de ce type de refit tient souvent à l’équilibre recherché. Il ne s’agit pas de transformer totalement le bateau, mais de lui rendre un niveau de confort, de sécurité et de présentation cohérent avec un usage intensif. Sur Lipopette, plusieurs travaux vont dans ce sens : remplacement des portes et tiroirs, rénovation du meuble de cuisine bâbord, reprise des sols centraux, plan de travail en Corian, nouveaux rideaux, liseuses remplacées, éclairage d’ambiance de pont, habillages remis à neuf et reprise de certains panneaux de plafond. L’extérieur bénéficie lui aussi d’un traitement poussé. Le chantier comprend notamment un cockpit en teck, la pose d’Iroko sur les marches arrière, le remplacement d’éléments de pont, la reprise de hublots et panneaux ouvrants, le remplacement du lazybag, le remplacement du filet de trampoline et du capot de sécurité, ainsi que plusieurs interventions sur le système de barre. Plusieurs points structurels figurent également dans le programme, avec des réparations sur la cloison de mât, la cloison de baie vitrée, le collage du pédiluve, les vitrages de roof, l’étanchéité de l’accastillage ou encore la porte de roof. Ces détails donnent une idée plus précise de l’ampleur du chantier : Lipopette est un bateau refité en profondeur, pas seulement un catamaran rafraîchi pour l’image.
En avril dernier, Lipopette faisait partie des unités visibles au Salon International du Multicoque de La Grande-Motte. Dans un rendez-vous où les nouveautés et les derniers modèles attirent naturellement l’attention, ce Lagoon 450F de 2012 portait un message différent : un catamaran déjà éprouvé peut retrouver une vraie place dans une flotte moderne lorsque sa remise à niveau est menée sérieusement. Cette présence avait aussi valeur de démonstration. Au-delà de son histoire, le bateau montrait concrètement ce qu’un refit complet peut apporter à une unité de plus de 10 ans : une meilleure fiabilité, un confort actualisé, une présentation renouvelée et une capacité à repartir pour de nouvelles navigations.
Cette approche rejoint une évolution plus large du marché. Face au coût du neuf, aux délais de production et à l’intérêt croissant pour la prolongation de vie des bateaux existants, le refit s’impose comme une piste de plus en plus regardée. Il ne remplace pas la construction neuve, mais il offre une autre manière de faire durer les unités, de sécuriser leur usage et de préserver leur valeur.
Après son passage à La Grande-Motte, Lipopette doit reprendre sa place dans les activités nautiques de VogWeek, entre stages, formations et croisières. C’est aussi ce qui rend son histoire intéressante : le catamaran n’est pas restauré pour rester à quai ou devenir un objet de vitrine, mais pour retourner naviguer. Un documentaire consacré à cette seconde vie doit également retracer le convoyage, le chantier et la présentation du bateau, avec des images embarquées et des témoignages de skippers ou de membres de l’équipe. Le projet prolonge le récit autour de Lipopette en donnant une dimension plus humaine à une opération très technique.
Car derrière les travaux, les pièces remplacées et les finitions reprises, il y a surtout une idée séduisante : celle d’un bateau qui continue sa route. Lipopette n’a pas été pensé comme une simple occasion remise au goût du jour, mais comme un catamaran dont l’histoire se prolonge, avec ses milles parcourus, ses équipages passés à bord et une nouvelle saison à écrire sur l’eau.


