Golding tente sa chance

Samedi 2 février 2013 à 22h04

Mike Golding a pris le meilleur pour le moment sur Jean Le Cam pendant que Jean-Pierre Dick s’apprête à reprendre la mer dans les prochaines heures.

Mike Golding a pris le meilleur pour le moment sur Jean Le Cam pendant que Jean-Pierre Dick s’apprête à reprendre la mer dans les prochaines heures.

Samedi après-midi, Jean-Pierre Dick n’avait pas encore décidé de l’heure exacte de son départ de l’anse de San Ciprián sur la côte nord de l’Espagne : « Je vais voir si je pars dans la nuit de samedi à dimanche ou si j’attends le lever du jour. Je vais essayer d’arriver dans des heures convenables lundi. C’est important que la mer diminue parce que quand on regarde la sortie du port, c’est assez impressionnant, la mer a l’air très formée. Il y aura d’autres dépression il s’agit de ne pas être sur l’eau à ce moment-là, mais à un moment il faut bien y aller ». Un chose est sûre, le skipper niçois reprendra la mer avec encore une avance confortable sur le cinquième Mike Golding (Gamesa) qui était de 445 milles samedi à 16 heures.

 




A chacun son option



Le skipper britannique devance de 64 milles Jean Le Cam (SynerCiel). Un écart qui est loin d’être définitif en faveur de Mike Golding car les deux hommes n’ont pas la même vision de la stratégie adoptée. Le Cam, au nord des Açores, a opté pour la voie classique, celle qui consiste à contourner l’anticyclone par l’ouest. Il navigue au reaching puis bientôt au portant. Golding, lui, a choisi depuis quarante-huit heures de se décaler 260 milles plus à l’est. Et de couper au plus court les hautes pressions, quitte à faire beaucoup plus de près que son camarade. En sachant aussi que le Finistérien est trois degrés plus nord que Golding à trois jours de l’arrivée aux Sables d’Olonne et naviguait à 12,2 noeuds de moyenne, contre 10,5 pour le skipper de Gamesa. En prenant en compte tous ces éléments, la balance semble pencher en faveur de Le Cam même si Golding ne l’entend pas de cette oreille : « Je progresse bien. Pour dépasser Jean (Le Cam), j'avais besoin de faire quelque chose de différent. Je suis un peu devant maintenant. D’après les infos météo, Jean n’est peut-être pas dans les meilleures conditions pour naviguer. Je vais essayer de couper par l’intérieur »... A suivre.

 


Wavre se rapproche



Derrière, Dominique Wavre (Mirabaud) a profité du ralentissement du couple franco-britannique pour réduire considérablement l’écart qui les sépare d’eux. Au niveau de Madère samedi après-midi le Suisse ne comptait plus que 261 milles de retard sur SynerCiel. 130 milles dans le tableau arrière de Mirabaud, Arnaud Boissières (Akéna Vérandas) garde toujours l’espoir de conquérir la septième place. Neuvième, Javier Sanso (Acciona 100% EcoPowered) a fait une belle opération en devançant de 130 milles supplémentaires Bertrand de Broc (Votre Nom Autour du Monde avec EDM Projets) lors des dernières vingt-quatre heures. Pendant que Tanguy de Lamotte (Initaitives) remontait péniblement à moins de 9 noeuds l’Atlantique Nord dans des alizés de nord-est poussifs. Fermant la marche, Alessandro Di Benedetto (Team Plastique) devrait quitter l’hémisphère sud lundi prochain en franchissant l’équateur.

 




LES VOIX DU LARGE



Javier Sanso (Acciona 100% EcoPowered) : « La nuit est passée très vite mais le bateau tape fort, contre des vagues de nord-ouest de 2 à 3 mètres qui rencontrent des vagues d’est de 2 mètres. Ce n’est pas très confortable mais au moins, dans cette zone vers les Açores, ça va vite. Par contre, à bord il faut presque ramper. Parfois, on se prend une vague et une autre, latérale, arrive avant que la première ne soit partie. Le bateau se met alors à gîter et l’arrière se retrouve subitement sous le vent tandis que l’étrave tape contre les vagues. Peut-être qu’une fois plus au nord, les vagues n’iront plus que dans une seule direction. Aujourd’hui il y a un grand soleil et moins de brouillard qu’hier, quand on ne voyait pas à plus de 2 milles. Je ne sais pas encore comment aborder l’anticyclone des Açores : la tactique idéale n’est pas encore tout à fait claire. Dans deux jours, j’en saurai plus pour décider par où passer ».


Tanguy de Lamotte (Initiatives-cœur) :
« Ça va bien, je crois qu’on a vécu une soirée assez exceptionnelle hier, on a eu plus de 30 000 clics sur le site. J’étais vraiment content, ça m’a donné du baume au cœur pour arriver jusqu’aux Sables. Mes vidéos ont bien plu et c’était un beau vendredi, ça a été bien repris dans les médias et ça me fait très plaisir de pouvoir annoncer deux nouveaux petits enfants opérés. C’est la fin du Pot au Noir, il y a des nuages avec du vent qui arrive et qui repart, une mer de face, alors que ce matin le ciel est tout bleu et la mer est beaucoup plus calme. Ça fait plaisir même si on est toujours au près. La température extérieure est de 28 degrés. Je pense qu’il va vraiment faire chaud aujourd’hui parce qu’il n’y a pas un nuage dans le ciel. J’ai de la chance parce que j’ai un hublot à l’arrière du cockpit qui permet de faire rentrer de l’air pour me rafraîchir. C’est super pour dormir ».


Alessandro Di Benedetto (Team Plastique) :
« Je vais bien, j’ai du soleil et je continue à accélérer depuis deux jours, la vitesse augmente. Cette nuit j’ai fait plus de 12 nœuds de moyenne, ça me fait environ 300 milles dans les 24 heures. Je pense passer l’équateur d’ici deux jours, deux jours et demi. Je me rapproche de la maison. Il y a une grosse différence avec le 6,50. C’était beaucoup plus difficile en 6,50 mais les choses sont très différentes. Ici ce sont de gros efforts, je suis en course mais je me sens beaucoup plus en sécurité avec l’organisation, le traçage des icebergs. Avant je me sentais beaucoup plus seul. Le bateau est plus grand, je me sens plus en sécurité. J’ai presque terminé mes réparations de voiles. J’attends les bonnes conditions, le bon angle pour envoyer la seule voile d’avant qu’il me reste, le petit gennaker. J’espère que la réparation va tenir ».


Arnaud Boissières (Akéna Vérandas) :
« Avec Alessandro on s’écrit un peu comme avec Bertrand de Broc et Dominique Wavre. Voir Team Plastique évoluer sur la carte me rappelle beaucoup de choses, des moments extraordinaires que j’ai passés sur ce bateau-là. Ce bateau à un parcours extraordinaire et Alessandro est à la hauteur. Ça me fait très plaisir. Il peut se passer beaucoup de choses mais il faut être aussi réaliste, j’ai 120 milles de retard sur Dom. Plus on approche de l’échéance, plus ça va être compliqué mais je n’ai rien à me reprocher. Je vais batailler parce que c’est important. C’est important de se sortir les doigts parce qu’il peut se passer encore beaucoup de choses d’ici l’arrivée ».


CLASSEMENT



Positions du 02/02 à 16 heures : 1.François Gabart (Macif) arrivé le 27/01 à 15h18; 2.Armel Le Cléac´h (Banque Populaire) le 27/01 à 18h35; 3.Alex Thomson (Hugo Boss) le 30/01 à 8h25; 4.Jean-Pierre Dick (Virbac Paprec) à 291,8 milles de la ligne d’arrivée; 5.Mike Golding (Gamesa) à 736,4 m; 6.Jean Le Cam (SynerCiel) à 802,1 milles de Dick;  7.Dominique Wavre (Mirabaud) à 1 061,3 m; 8.Arnaud Boissières (Akéna Vérandas) à 1 193,5 m; 9.Javier Sanso (Acciona 100% EcoPowered) à 1 402,5 m; 10.Bertrand De Broc (Votre Nom Autour du Monde avec EDM Projets) à 1 882 m; 11.Tanguy de Lamotte (Initiatives-Coeur) à 2 461,8 m; 12.Alessandro Di Benedetto (Team Plastique) à 3 374,5 m. Abandons : Marc Guillemot (Safran); Kito de Pavant (Groupe Bel); Samantha Davies (Savéol); Louis Burton (Bureau Vallée); Jérémie Beyou (Maître CoQ); Zbigniew Gutkowski (Energa); Vincent Riou (PRB); Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat)

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Geoffroy Langlade
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Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
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Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Passionné depuis son enfance par toutes les formes de glisse et par la mer, Thomas a longtemps vécu dans le nord de la Floride aux Etats-Unis. Une expérience qui lui a permis de découvrir l'univers du bateau à moteur et du catamaran à travers plusieurs essais et croisières notamment dans les Caraïbes. Il contribue régulièrement à la rédaction de Figaro Nautisme.