L’irréductible britannique réussit son pari

Mercredi 30 janvier 2013 à 8h34

Alex Thomson a franchi mercredi matin la ligne d’arrivée du Vendée Globe à 08h 25mn 43s. Il finit à 2 jours 17 heures et 07 minutes de François Gabart.

Alex Thomson a franchi mercredi matin la ligne d’arrivée du Vendée Globe à 08h 25mn 43s. Il finit à 2 jours 17 heures et 07 minutes de François Gabart.

Les Sables d’Olonne ont pris un accent britannique ce mercredi avec la présence des supporters d’Alex Thomson. Lors de la dernière vacation du concurrent, la liaison très mauvaise n’a pas altéré l’enthousiasme du public qui l’a chaleureusement encouragé. Le skipper, lui, témoignait de conditions très difficiles pour sa dernière ligne droite avec entre 30 et 40 nœuds de vent. Le trafic maritime était également plus intense : « J'ai croisé un bateau de pêche, mais il était beaucoup trop près à mon goût. »

Vendée Globe : Marcus Hutchinson : « Pour Alex, je crois que c’est maintenant le plus dur. »

 

10 ans pour remonter le chenal des Sables d’Olonne

 

Alex Thomson est donc le troisième concurrent étranger à monter sur un podium de Vendée Globe. Avant lui, deux autres Britanniques avaient réussi cette performance : Ellen MacArthur, dauphine de Michel Desjoyeaux en 2001 et Mike Golding, troisième derrière Vincent Riou et Jean Le Cam en 2005.
A l’image du vainqueur de ce Vendée Globe, François Gabart, la carrière d’Alex Thomson est partie sur les chapeaux de roue : en 1999, il remportait la Clipper Round the World Race et devenait le plus jeune vainqueur d’une course autour du monde. Il n’avait alors que 25 ans. Le jeune skipper était connu pour garder le pied au plancher, remportant au passage des records de rapidité. Jusqu’à ce Vendée Globe et depuis 2003, Alex Thomson détenait le record du monde de vitesse en 24 heures (aujourd’hui entre les mains de François Gabart).
Il se tourne ensuite vers le Vendée Globe mais ses deux premières tentatives se soldent par des abandons. On se souvient que pour sa deuxième participation, en 2008, son bateau était entré en collision avec un chalutier à trois semaines du départ. Déterminé, il avait tout de même choisi de s’aligner après des réparations express mais il avait finalement dû renoncer à sa course, après trois jours de navigation, en découvrant une voie d’eau sur son voilier.

 

Une course à obstacles

 

Pour mener à bien ce Vendée Globe, Alex Thomson a donc joué la longueur et la prudence, se hissant tout de même en tête de classement à la mi-novembre. Mais les mers du sud lui réservent des surprises. Dans la nuit du 9 au 10 décembre, alors qu’il naviguait à vive allure, le skipper d’Hugo Boss a percuté un OFNI (objet flottant non identifié) provoquant notamment la casse de l’un de ses hydrogénérateurs. « Je suis dégoûté d’avoir perdu autant de milles, confiait-il alors, mais aussi heureux que les dommages soient réparables et que je puisse poursuivre ma route. » En revanche, le marin a perdu 50% de sa production d’énergie et il doit donc économiser un maximum de courant pour poursuivre sa route. Il éteint donc son ordinateur, son GPS ou encore son téléphone. En plus du choc de l’avarie, du stress de la navigation avec moins d’outils en route et de la fatigue liée aux réparations, le marin a souffert du manque de communication « C’était dur car Alex est quelqu’un de très sociable qui aime se détendre en surfant sur Twitter ou Facebook pour discuter avec ses proches », explique Rachel Howe. La jeune femme est en charge de l’électronique pour l’équipe technique et c’est elle qui avait dans sa poche le téléphone qu’Alex Thomson appelait en cas de problème. Elle explique que le skipper d’Hugo Boss a su rester positif malgré les soucis, racontant des blagues ou bavardant sur le quotidien de ses équipiers à terre. « Mais quand Jean-Pierre Dick a perdu sa quille, je l’ai senti vraiment choqué et désolé, » ajoute-t-elle. Alex Thomson était très attentif à la navigation du voilier blessé, décidant même de se dérouter pour accompagner Jean-Pierre Dick dans un front avec du vent fort. « S’il a un problème, je suis prêt à l’aider, expliquait-il alors. Une fois qu’il aura fait face au plus dur de la météo et qu’il aura confirmé que tout va bien avec le bateau, s’il décide alors de continuer la course, alors je reprendrai ma route et ma course vers Les Sables-d'Olonne. ». C’est finalement ce qu’il a fait tandis que l’ancien troisième (qui décidera ce mercredi s’il poursuit sa route) choisissait de longer les côtes pour plus de sécurité.


Ce mercredi matin, Alex Thomson va donc amarrer son bateau à côté de Macif et Banque Populaire, après une course remarquable sur un bateau plus ancien que les deux bateaux jumeaux déjà aux Sables d’Olonne. Hugo Boss est un plan Farr mis à l’eau en 2007.

 

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Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Sophie Savant Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
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Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
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Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
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Passionné depuis son enfance par toutes les formes de glisse et par la mer, Thomas a longtemps vécu dans le nord de la Floride aux Etats-Unis. Une expérience qui lui a permis de découvrir l'univers du bateau à moteur et du catamaran à travers plusieurs essais et croisières notamment dans les Caraïbes. Il contribue régulièrement à la rédaction de Figaro Nautisme.