Les grandes leçons du Vendée Globe 2012-2013

Lundi 28 janvier 2013 à 16h17

LA CRISE économique faisait planer la menace d'un Vendée Globe en demi-teinte. Mais la régate planétaire que se sont livrée François Gabart et Armel Le Cléac'h a fait du cru 2012-2013 un ­succès.

©La Chaîne Météo

LA CRISE économique faisait planer la menace d'un Vendée Globe en demi-teinte. Mais la régate planétaire que se sont livrée François Gabart et Armel Le Cléac'h a fait du cru 2012-2013 un ­succès.

Un engouement populaire qui ne se dément pas

La 7e édition a montré que le Vendée Globe fait toujours autant rêver. Le 10 novembre, jour du départ, 300 000 passionnés ont fait le déplacement pour acclamer une dernière fois les 20 skippers, alors que 15 000 personnes ont salué le retour prématuré de Sam Davies et Jérémie Beyou. Si les chiffres définitifs ne sont pas encore connus, on sait d'ores et déjà que cette édition aura battu des records en matière de couverture médiatique et devrait donc dépasser les 56 738 retombées enregistrées en 2008-2009 (nos éditions du 26 janvier). Outre l'apparition de nouvelles chaînes de TV, les caméras embarquées et les visio-conférences ont également joué un rôle crucial. Finie l'époque où les marins disparaissaient pour trois mois une fois la ligne de départ franchie. Aujourd'hui, les skippers envoient régulièrement photos et vidéos, ce qui contribue à renforcer l'intérêt du grand public tout le long de la course, tout comme les vacations radio, diffusées quotidiennement sur le site officiel.

 

La prise de pouvoir des jeunes

En succédant à Michel Desjoyeaux et en pulvérisant son record, François Gabart a ouvert la voie à une nouvelle génération de marins. Une génération à la tête bien faite (Gabart et Le Cléac'h ont fait l'Insa) qui a pris le pouvoir. Exit les aventuriers des premiers tours du monde, place aux sportifs de haut niveau, diplômés de grandes écoles. Derrière, les «quinquagénaires», malgré leur expérience, ont été relégués en milieu de ­tableau.

 

Une réflexion sur les coûts

Pour monter un projet gagnant, il faut compter environ 8 millions d'euros sur quatre ans. C'est la somme qu'a investie Macif, grand vainqueur de cette édition. Mais dans un contexte économique difficile, il est de plus en plus compliqué pour les marins de trouver des sponsors. La classe Imoca réfléchit donc à un projet d'évolution de la jauge de ses bateaux pour en réduire les coûts. «La monotypie porte mal son nom car nous proposerons d'introduire des monotypes (des bateaux identiques, NDLR) dans la flotte actuelle, explique Luc Talbourdet, président de la classe Imoca. L'objectif est de permettre aux skippers d'accéder à la performance à moindre coût. Cela permettrait également à certains marins de trouver des bateaux à prix plus réduits et de ne pas changer l'esprit du Vendée ­Globe qui compte à chaque édition des aventuriers dans ses rangs.»

 

Les quilles en points faibles

Beaucoup de casse au départ mais peu après, pas de drame, pas de collision avec des icebergs. Malgré une fiabilité accrue de ses bateaux, le Vendée Globe aura connu une nouvelle fois son lot d'abandons suite à des problèmes techniques. Jean-Pierre Dick, qui a perdu sa quille, vient d'en faire les frais. Avant lui, ce sont Jérémie Beyou et Marc Guillemot qui ont abandonné après avoir perdu ou failli perdre leur quille. «Force est de constater qu'on est trop proche de la limite en terme de quille, commente Luc Talbourdet. C'est un domaine dans lequel il faut progresser.» À ce jour, 1 bateau a terminé et 11 sont toujours en course.

 

L'importance des «aventuriers»

Certains skippers partent avec l'ambition et les moyens de l'emporter. D'autres, à l'instar de Tanguy de Lamotte, s'élancent avec un objectif différent: vivre une belle aventure. Un aspect important pour que la course garde son âme. Si Loïck Peyron déplorait le manque de préparation de certains skippers, Pascal Bidégorry ne partage pas cet avis. «Il y en a qui y vont pour gagner et d'autres pour partager une aventure. C'est ce qui fait la richesse de la course», estime le marin, pour qui il est important que le Vendée Globe garde cet état d'esprit. «Cela permet de voir pleins d'exercices de style différents en termes de performance...»

L'équipe
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Norbert Conchin
Norbert Conchin
Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
François Tregouet
François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
Sophie Liman
Sophie Liman
Sophie est la dernière recrue de l'équipe de rédaction. Passionnée de loisirs nautiques et de voyages au bout du monde, Sophie est curieuse et dynamique, à l'affut des derniers évènements, bons plans, infos, bonnes adresses, mais ce n'est pas tout ! Douée pour le montage vidéo, elle est derrière la plupart de nos sujets multimédia et elle assure également l'animation des réseaux sociaux de Figaro Nautisme.
Thomas Darbois
Thomas Darbois
Passionné depuis son enfance par toutes les formes de glisse et par la mer, Thomas a longtemps vécu dans le nord de la Floride aux Etats-Unis. Une expérience qui lui a permis de découvrir l'univers du bateau à moteur et du catamaran à travers plusieurs essais et croisières notamment dans les Caraïbes. Il contribue régulièrement à la rédaction de Figaro Nautisme.