Gabart a-t-il course gagnée ?

Jeudi 24 janvier 2013 à 18h29

Après les Açores, le sprint final a débuté entre François Gabart et Armel Le Cléac’h, avec un avantage certain pour le skipper charentais.

Après les Açores, le sprint final a débuté entre François Gabart et Armel Le Cléac’h, avec un avantage certain pour le skipper charentais.

Après le passage des Açores dans des conditions idéales de navigation avec 20-25 noeuds de sud-ouest, François Gabart (Macif) et Armel le Cléac’h (Banque Populaire) accélèrent dans la remontée de l’Atlantique Nord sur la route directe vers Les Sables d’Olonne. Jeudi (16h) par le travers de Lisbonne, Gabart cavalait à 18 noeuds et Le Cléac’h à un nœud de moins. Légèrement décalé dans l’ouest, le skipper de Banque Populaire comptait alors un retard de 108 milles sur le jeune leader.

 

Gabart tient le bon bout

 

En possédant six heures d’avance à 1 067 milles de la ligne d’arrivée, Gabart a-t-il course gagnée ? Bien sûr que non ! Mais la balance penche de plus en plus en sa faveur car, pour s’imposer, le Finistérien devra naviguer 10 % plus vite que Gabart. Difficile challenge quand l’on sait que les deux monocoques 60 pieds Imoca de dernière génération sont des frères jumeaux, des plans VPLP -Verdier qui possèdent le même potentiel de vitesse. Surtout qu’apparemment, les deux bateaux n’ont pas l’air d’avoir le moindre handicap pour aborder le sprint final. En sachant aussi qu’il n’y aura pas de réelle option stratégique à prendre avant de retrouver la terre ferme. Peut-être encore quelques décalages pour tenter d’exploiter un angle de vent plus favorable, mais rien de radical. On ne peut pas exclure non plus une avarie majeure qui surviendrait pour l’un ou pour l’autre, ou encore un choc avec un objet flottant non-identifié qui ruinerait tout espoir de victoire.

 

Dick en pleine réflexion

 

Toujours troisième, Jean-Pierre Dick (Virbac-Paprec) tient la dragée haute à Alex Thomson (Hugo Boss) en progressant à une moyenne de 10 noeuds. Bien que privé de quille, le Niçois garde encore 69 milles d’avance sur le Britannique. « Pour l’instant je suis dans l’anticyclone donc au portant et il n’y a pas beaucoup de vent, ce qui n’est pas une allure facile pour mon bateau sans quille. Je m’interdis de mettre des voiles trop grandes pour éviter que le bateau ne se couche. La question est de savoir si je termine ou non. J’analyse tous les jours plusieurs fois la météo pour voir s’il y a une petite brèche pour venir jusqu’aux Sables. Les Açores sont prévus pour le dimanche 27 janvier et là, j’aurai vraiment une bonne notion pour savoir comment le bateau passe dans un peu de mer et je pourrai prendre la bonne décision ».

 

Le Cam et Golding à l’équateur

 

1 463 milles derrière Thomson, Jean Le Cam (SynerCiel) s’apprête à changer d’hémisphère à 14,5 noeuds de moyenne. « Les conditions sont plutôt assez sympas. Le bateau va vite et la mer est calme. Ce sont les dernières heures dans l’hémisphère sud et je pense passer l’équateur ce soir. Il m’aura fallu un peu plus de deux mois et un tour du monde pour inverser le positionnement entre Mike Golding et moi-même. A l’aller, on avait exactement les mêmes positions mais inversées. C’est long pour un écart de 38 milles…».
A 472 milles du tableau arrière de SynerCiel, Dominique Wavre (Mirabaud) a retrouvé du vent le long des côtes brésiliennes. Le vent n'est pas très fort mais il est maintenant de travers et permet une progression pile vers le nord à 13 nœuds de moyenne. 191 milles derrière, à la latitude de Salvador De Bahia, la situation s'améliore progressivement pour Arnaud Boissières (Akéna Vérandas), même s'il progresse toujours au près dans un vent de nord-est de 10 nœuds. Le skipper sablais a viré de bord la nuit dernière et semble vouloir rester proche des côtes brésiliennes. Plus à l'est, à 230 milles de Wavre, l'Espagnol Javier Sanso (Acciona 100 % EcoPowered), en proie à d'importants soucis électroniques et de girouettes cassées qui lui interdisent de recevoir toute information concernant la force et la direction du vent, progresse toujours à faible vitesse (8,3 noeuds) dans un flux de nord-est de 8 nœuds qui devrait bientôt passer à l'est, lui permettant d'ouvrir un peu les voiles et de faire route directe vers le nord.

 

Ça freine derrière

 

En queue de peloton et après une impressionnante remontée, Bertrand De Broc (Votre Nom autour du Monde avec EDM Projets) a retrouvé de l’air et filait dans l’après-midi à 11,4 nœuds. Toujours dans un flux portant, au reaching, Tanguy de Lamotte (Initiatives-coeur), qui vient de passer la latitude de Rio de Janeiro, bénéficie d’un vent de sud-est léger qui le pousse actuellement à 8,3 noeuds. Enfin, à plus de 4 200 milles de François Gabart, Alessandro Di Benedetto (Team Plastique) progresse au près, dans la bordure ouest d'une zone de haute pression, au large de Buenos Aires (Argentine). Le skipper franco-italien, privé de trois voiles de portant (gennaker, petit et grand spi), va maintenant devoir adapter son parcours aux configurations de voiles qui lui reste...

 

LES VOIX DU LARGE

 

Dominique Wavre (Mirabaud) : « Les conditions sont très bonnes, ça glisse bien, avec du vent de travers et environ 15 nœuds. On a une belle mer bleue et on fait enfin route directe vers les Sables d’Olonne. Je serai à l’équateur dans moins de deux jours. A l’extérieur, il fait très chaud. C’est vraiment magnifique, c’est un très bel alizé. La remontée de l’Atlantique sud a été terrible. C’est la plus mauvaise de tous mes tours du monde ».

 

Jean-Pierre Dick (Virbac Paprec) : « Le comportement du bateau est un peu différent et il dérape un peu sur l’eau. Il faut réapprendre comment le bateau fonctionne, que ce soit avec les ballasts dans le centre du bateau quand je suis au portant ou autre. Nerveusement il faut tenir le coup. Je préfère ne pas trop tenter de choses ».

 

Alessandro Di Benedetto (Team Plastique) : « Les températures remontent, 25 degrés, du soleil, et 22 degrés à l’intérieur, ce qui me permet d’être en maillot de bain et t-shirt. Ça fait du bien au moral et on se dit qu’on se rapproche des Sables d’Olonne. Le vent forcit, je suis au près avec pas loin de 10 nœuds, mais ça va être de plus en plus compliqué de sortir de l’Atlantique sud et de faire route vers le nord. (Sur son matériel) J’ai perdu des voiles. Je n’ai plus de grand gennaker, ni de spi de tête, ni de petit spi. Il me reste un code zéro mais que je ne peux pas envoyer car je n’ai plus de drisse. Tout ça va influencer mes choix et ma route car je vais essayer d’éviter au maximum les allures au portant avec des vents faibles ».

 

CLASSEMENT

Positions du 24/01 à 16 heures : 1.François Gabart (Macif) à 1 067 milles de la ligne d’arrivée; 2.Armel Le Cléac´h (Banque Populaire) à 108,5 milles du leader; 3.Jean-Pierre Dick (Virbac Paprec) à 646,4 m; 4.Alex Thomson (Hugo Boss) à 715,8 m; 5.Jean Le Cam (SynerCiel) à 2 178,8 m; 6.Mike Golding (Gamesa) à 2 216,5 m; 7.Dominique Wavre (Mirabaud) à 2 650,5 m; 8.Arnaud Boissières (Akéna Vérandas) à 2 841,8 m; 9.Javier Sanso (Acciona 100% EcoPowered) à 2 880,5 m; 10.Bertrand De Broc (Votre Nom Autour du Monde avec EDM Projets) à 3 090,9 m; 11.Tanguy de Lamotte (Initiatives-Coeur) à 3 375,1 m; 12.Alessandro Di Benedetto (Team Plastique) à 4 244,6 m. Abandons : Marc Guillemot (Safran); Kito de Pavant (Groupe Bel); Samantha Davies (Savéol); Louis Burton (Bureau Vallée); Jérémie Beyou (Maître CoQ); Zbigniew Gutkowski (Energa); Vincent Riou (PRB); Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat).

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Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
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Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
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Passionné depuis son enfance par toutes les formes de glisse et par la mer, Thomas a longtemps vécu dans le nord de la Floride aux Etats-Unis. Une expérience qui lui a permis de découvrir l'univers du bateau à moteur et du catamaran à travers plusieurs essais et croisières notamment dans les Caraïbes. Il contribue régulièrement à la rédaction de Figaro Nautisme.