Bertrand de Broc : « Je prends énormément de plaisir »

Mercredi 16 janvier 2013 à 18h46

©La Chaîne Météo

Figaro nautisme. - Que pensez-vous de votre course?

Bertrand de Broc. - Il faut être clair, je suis parti en sachant que je ne postulerais pas aux premières places. Mon but est de faire au mieux et de réaliser un tour du monde à ma mesure. Je n'ai eu que 30 jours de préparation alors qu'il m'en aurait fallu au moins trois fois plus, donc il ne fallait pas s'attendre à me voir jouer la victoire.

N'est-ce pas frustrant d'être aussi loin avec un bateau pourtant performant?

C'est vrai que le bateau est performant mais c'est aussi un bateau très compliqué à maîtriser et à connaître... Ce n'est pas avec la préparation que j'ai eue que je pouvais en tirer le maximum. Mais je ne vais pas me plaindre, je prends énormément de plaisir et j'ai la chance de participer à la course. Si je suis loin, c'est aussi que je ménage mon bateau pour rallier l'arrivée. J'étais déjà derrière à l'équateur, les autres sont partis, je les ai laissés faire. Accélérer et risquer de tout casser, ça ne sert à rien. J'ai aussi pris du retard dès le début en prenant le départ avec 48h de retard (Retour aux Sables d'Olonne sans passer la ligne de départ à cause d'une voie d'eau à l'avant, suite à un choc avec un semi-rigide de son équipe).

Après 3 semaines de course vous étiez encore en repérage sur votre bateau. Vous sentez-vous plus à l'aise aujourd'hui?

Assurément. Au niveau des choix de voile notamment, surtout au portant. J'ai beaucoup appris depuis le début de la course. Pour les réglages ou le nombre de ris, tout est plus rapide désormais. J'ai aussi bien cerné le pilote automatique. En plus, j'ai pu naviguer dans toutes les conditions, ce qui n'était pas le cas lors de mes entraînements d'avant course. Donc maintenant, je suis vraiment très satisfait du bateau.

Le passage du cap Horn lundi, 16 ans après votre premier, c'était une émotion particulière?

J'attendais beaucoup de ce moment, j'avais vraiment hâte de le voir et finalement je ne l'ai pas vu! (rires) Pourtant, je me suis approché très près mais je n'ai vu qu'un navire russe. J'étais déçu de ne pas le voir, mais c'est comme ça. C'était surtout un moment important pour tout le monde, pour les sponsors, pour mes proches et pour moi bien sûr. Ce n'est pas l'arrivée bien sûr mais c'est déjà une grande victoire, j'étais très ému. Ça permet aussi de voir à quel point les choses ont changé en 16 ans. La dernière fois, j'avais mis 85 jours à arriver au Cap Horn et cette fois-ci seulement 64!

Pensez-vous vivre des moments plus calmes avec votre retour dans l'Atlantique?

Le pire est derrière moi, c'est sûr. Au Cap Horn, il y avait 45 noeuds de vent et 6 mètres de creux. Là, j'ai 15-20 noeuds et une mer plutôt calme. On a plus le temps et pas de grosse houle. Les fichiers météo sont aussi plus fiables. Armel a eu des problèmes avec ses fichiers mais je pense qu'ils ne se trompent pas sur la puissance des vents, seulement sur leur direction qui peut varier jusqu'à 30 degrés. On se sent plus en sécurité désormais car on est proche des côtes. C'est important pour nos proches de nous savoir de retour dans l'Atlantique car ils sont souvent plus stressés que nous dans les Mers du sud.

Qu'en est-il de votre état de forme?

Moi, ça va. J'ai eu des hauts et des bas dans le Pacifique car je n'étais pas satisfait de ma place et de ma course. Ce n'était pas de la frustration, mais je n'étais pas content. Maintenant, ça va beaucoup mieux et j'ai compris que seule la ligne d'arrivée comptait. On est dans une course très différente par rapport à ma dernière participation, en 1996. A l'époque, le rythme du tour du monde était plutôt celui d'une Transat, aujourd'hui c'est autre chose. Les bateaux devant vont vite mais ce qui m'impressionne le plus, c'est qu'ils arrivent à maintenir longtemps un tempo aussi élevé.

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Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
François Tregouet
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Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Sophie est la dernière recrue de l'équipe de rédaction. Passionnée de loisirs nautiques et de voyages au bout du monde, Sophie est curieuse et dynamique, à l'affut des derniers évènements, bons plans, infos, bonnes adresses, mais ce n'est pas tout ! Douée pour le montage vidéo, elle est derrière la plupart de nos sujets multimédia et elle assure également l'animation des réseaux sociaux de Figaro Nautisme.
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Passionné depuis son enfance par toutes les formes de glisse et par la mer, Thomas a longtemps vécu dans le nord de la Floride aux Etats-Unis. Une expérience qui lui a permis de découvrir l'univers du bateau à moteur et du catamaran à travers plusieurs essais et croisières notamment dans les Caraïbes. Il contribue régulièrement à la rédaction de Figaro Nautisme.