Le Cléac’h revient fort

Mercredi 16 janvier 2013 à 18h05

En naviguant deux fois plus vite que François Gabart, Armel Le Cléac’h a pratiquement refait tout son retard.

En naviguant deux fois plus vite que François Gabart, Armel Le Cléac’h a pratiquement refait tout son retard.

Depuis qu’il a franchi mercredi matin l’équateur, Armel Le Cléac’h (Banque Populaire) remonte l’Atlantique nord à 14,5 noeuds de moyenne pendant que François Gabart (Macif) se traîne à 7,5 nœuds, englué dans les vents erratiques du Pot au noir. Conséquence immédiate, Le Cléac’h a repris 127 milles au leader lors des dernières vingt-quatre heures et ne pointe plus à 16 heures qu’à 78 milles du tableau arrière de Macif. Cette zone de convergence intertropicale est vraiment imprévisible. Le Cléac’h est décalé seulement de 20 milles dans l’est par rapport à Gabart, mais c’est suffisant pour naviguer deux fois plus vite ! Le match est relancé et il faudrait être devin pour savoir qui va le remporter.

 

Le Cléac’h en pleine forme

 

Ce retour express aux affaires a le don de rendre le finistérien particulièrement détendu. « Tout va bien, on a franchi l’équateur donc on est dans l’hémisphère nord. Je suis content, ça fait plaisir de retrouver une petite lettre N au niveau du GPS. Maintenant, on se rapproche de la maison, c’est sympa. On a même croisé un petit voilier breton qui allait vers le Brésil. Les fichiers météo ne sont pas forcément très fiables dans cette zone un peu perturbée. On essaye de se donner des points géographiques pour avancer dans le bon sens. On compare le vent qu’on a sur l’eau et le vent qu’on devrait avoir ».

 

Dick y croit encore

 

426 milles derrière Banque Populaire, Jean Pierre Dick (Virbac-Paprec) croit lui aussi en sa bonne étoile. « J’ai pris une belle avance sur Alex Thomson, 321 milles nous séparent actuellement. J’ai grappillé une centaine de milles sur François Gabart, cela booste le moral. Il faut que je continue à me rapprocher de la tête de flotte. Je n’ai pas beaucoup réduit l’écart avec Armel Le Cléac’h car lui aussi revient sur François ».

 

Cinq à la bagarre

 

Il n’y a pas que le Pot au noir qui perturbe la progression des solitaires. Dans le nouveau club des cinq, les marins se tirent les cheveux ou la barbe. Surtout pour Javier Sanso (Acciona 100% EcoPowered) qui a bien eu du mal à trouver la sortie de la zone de hautes pressions. Mais depuis la fin de nuit, le vent s’est renforcé pour quatre d’entre eux. Seul Jean Le Cam progressait à moins de 10 noeuds mercredi au classement de 16 heures. Le positionnement plus à l’ouest de Le Cam, toujours cinquième sur SynerCiel, lui permet de faire un décalage en longitude sur Mike Golding. Les deux hommes sont cet après-midi à 91 milles l’un de l’autre. Dominique Wavre (Mirabaud) et Arnaud Boissières (Akéna Vérandas) ont eux aussi connu une nuit difficile, mais le vent revient pour leur plus grande satisfaction.

 

De Broc allonge la foulée

 

Après s’être acquittés du mythique passage du cap Horn, Bertrand De Broc et Tanguy De Lamotte peuvent pleinement se concentrer sur la remontée de l’Atlantique. Pas de casse-tête météorologique et de porte à négocier, la voie est royale pour les deux hommes, d’autant plus qu’ils sont accompagnés dans cette remontée par un vent d’ouest sud-ouest d’une vingtaine de nœuds se renforçant à 25 nœuds. Un flux généreux en force mais aussi en période car il devrait les porter un bon moment. Une belle récompense pour les deux marins qui vont pouvoir allonger la foulée et combler leur retard. Enfin, Alessandro Di Benedetto (Team Plastique) se rapproche du cap Horn à 12,5 nœuds.

 

LES VOIX DU LARGE

 

Bertrand de Broc (Votre Nom Autour du Monde avec EDM Projets) : « Ça va bien, c’est calme. C’est une autre vie depuis 2 jours. C’est agréable quand le Pacifique s’arrête surtout que le passage du cap Horn a été un peu violent. Le soir même en revanche, c’était agréable avec une mer lisse et 25-30 nœuds. Ça permet de voir les choses différemment, c’est sympa. (A propos de la remontée de l’Atlantique) C’est bien de remonter au portant, on a quelques jours de vent mais après ça va être un peu plus compliqué. Il faut prendre la bordure favorable mais la météo évolue. On va essayer de faire une bonne remontée mais en ce moment, on a des supers conditions avec 20 nœuds de vent sous gennaker ».

 

Mike Golding (Gamesa) : « Ca y est, les conditions annoncées sur les fichiers météo sont bien là, c’est encourageant. Je suis sous grand-voile et solent, avec un peu plus de vent que prévu et donc plus de pression dans les voiles, je ne m’y attendais pas. Mais je pense que ce n’est que temporaire. Je suis satisfait de ma position actuelle, et mon routage me paraît pas mal. Je vais continuer sur cette trajectoire mais ensuite, je vais virer. Jean va se faire aspirer vers les côtes et moi, de mon côté, j’ai encore de la marge. Et même si ça se passait très mal pour moi ici, je garderais tout de même un peu d’avance sur les bateaux de derrière ».

 

Tanguy De Lamotte (Initiatives-coeur) : « J’ai enfin pu dormir un peu après le passage du cap Horn et une nuit difficile passée à faire des changements de voile. Je n’avais pas dormi depuis 36 heures mais, en préparation, j’avais fait de petites siestes car je savais que j’allais entamer une période difficile au niveau sommeil. J’ai eu des conditions assez particulières au cap Horn, j’ai dû empanner quatre fois. Autant vous dire que la période d’accalmie qui a suivi était plus que bienvenue ! Le Horn, c’est tout un symbole, et je suis content de l’avoir franchi sur ce bateau, avec l’aide de tous ceux qui se sont investis dans le projet. Mais c’était aussi une journée de navigation comme les autres, il faut rester concentré. Je suis fier de voir que, même avec un bateau plus ancien, je m'en sors bien. Mon temps de course me placerait devant certains skippers des éditions précédentes qui avaient des bateaux plus récents que le mien, comme par exemple Michel Desjoyeaux en 2000 ».

 

CLASSEMENT

Positions du 16/01 à 16 heures : 1.François Gabart (Macif) à 2 944 milles de la ligne d’arrivée; 2.Armel Le Cléac´h (Banque Populaire) à 78,7 milles du leader; 3.Jean-Pierre Dick (Virbac Paprec) à 504,7 m; 4.Alex Thomson (Hugo Boss) à 825,6 m; 5.Jean Le Cam (SynerCiel) à 1 999,4 m; 6.Mike Golding (Gamesa) à 2 090,5 m; 7.Javier Sanso (Acciona 100% EcoPowered) à 2 272,7 m; 8.Dominique Wavre (Mirabaud) à 2 341,5 m; 9.Arnaud Boissières (Akéna Vérandas) à 2 381,2 m; 10.Bertrand De Broc (Votre Nom Autour du Monde avec EDM Projets) à 3 587,5 m; 11.Tanguy de Lamotte (Initiatives-Coeur) à 3 791,4 m; 12.Alessandro Di Benedetto (Team Plastique) à 4 486,5 m. Abandons : Marc Guillemot (Safran); Kito de Pavant (Groupe Bel); Samantha Davies (Savéol); Louis Burton (Bureau Vallée); Jérémie Beyou (Maître CoQ); Zbigniew Gutkowski (Energa); Vincent Riou (PRB); Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat).

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Geoffroy Langlade
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Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
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Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
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