Alex Thomson revient fort

Mercredi 9 janvier 2013 à 18h54

Tandis que les passages au cap Horn se succèdent, Alex Thomson remonte l'Atlantique Sud à vive allure et refait son retard sur Jean-Pierre Dick, troisième.

Tandis que les passages au cap Horn se succèdent, Alex Thomson remonte l'Atlantique Sud à vive allure et refait son retard sur Jean-Pierre Dick, troisième.

Mercredi après-midi, François Gabart (Macif) et Armel Le Cléac’h (Banque Populaire) remontaient l’Atlantique Nord entre 10 et 11 noeuds par le travers des côtes brésiliennes. Toujours au près face à des vents de secteur nord de l’ordre de 15 noeuds, Gabart possédait un petit matelas de 100 milles d’avance sur Le Cléac’h qui lui emboitait le pas. 444 milles derrière Macif, au près débridé dans des vents de nord-ouest plus soutenus, Jean-Pierre Dick (Virbac-Paprec) allongeait la foulée en maintenant une vitesse moyenne de 15 noeuds.

 

Thomson aux allures portantes

 

La bonne opération du jour est à mettre à l’actif d’Alex Thomson (Hugo Boss) qui a opté pour une route près du continent sud-américain où il bénéficie de vents portants de sud. Le skipper britannique n’a plus que 126 milles de retard sur Dick. Une position enviable qui rend Thomson optimiste pour la suite. « Les fichiers météo montrent que ça devrait avancer vite pour moi dans les prochains jours, jusqu’à ce que j’arrive sur une petite zone de basse pression au sud de Rio. Je vais surveiller attentivement la progression de ce système car derrière, les vents seront très faibles donc il faut que je trouve le meilleur timing possible pour le traverser ». En laissant les îles Malouines à tribord, Jean Le Cam (SynerCiel) a trouvé des vents favorables qui lui permettent de filer à 16 noeuds. Derrière le Finistérien, les concurrents se bousculent au cap Horn.

 

Ça se bouscule au cap Horn !

 

En ce 60ème jour de mer, on assiste à un véritable défilé au cap Horn. D’ici ce soir aux alentours de 22 heures, cinq concurrents auront franchi la longitude du 67°17’21’’. Les trompettes du Horn ne vont pas arrêter de retentir ce mercredi, comme pour fêter ces deux mois de course. Et ce sont celles de la renommée pour Mike Golding (Gamesa) qui fête son sixième passage (dont trois à l’envers !) et son poursuivant Dominique Wavre (Mirabaud), le vétéran, pour qui c’est le neuvième Horn en course. Un record toute catégorie ! « On navigue sur un cimetière à bateaux et j’ai un respect énorme pour tous ces marins qui nous ont précédé ici » a déclaré le navigateur suisse.

 

Stamm ravitaillé et hors-course

 

Pour son compatriote Bernard Stamm, troisième à doubler le rocher à 12h49mn TU (13h49 heure française), cette étape marque le commencement d’une aventure différente. La rencontre avec son « bateau ravitailleur » Pakea Bizcaia a bien eu lieu. Cheminées Poujoulat a reçu du carburant et est arrêté au mouillage sous le vent de l’île du Horn, au nord du phare qui signale ce petit bout du monde. Une fois ses batteries rechargées, il signifiera son abandon et reprendra la route vers les Sables d’Olonne, hors course. Ce soir, ce sera au tour d’Arnaud Boissières (Akéna Vérandas) et de Javier Sanso (Acciona 100% EcoPowered) de mettre le clignotant à gauche.

 

Bientôt plus que trois dans le Pacifique

 

Bientôt ils ne seront plus que trois bateaux à dévaler les pentes liquides du Pacifique. Bertrand de Broc (Votre Nom autour du Monde avec EDM Projets) et Tanguy de Lamotte (Initiatives-cœur) viennent d’y vivre des moments difficiles. Ce dernier a mis des heures à se remettre de la récupération de son reacher dans l’eau (suite à une rupture de drisse). Une opération exténuante qui l’a complètement lessivé. Le ton éternellement jovial d’Alessandro Di Benedetto ne cache pas ses soucis domestiques. Après le démontage intégral du moteur de Team Plastique, il est intervenu sur sa grand-voile pour changer un boîtier de latte.

 

LES VOIX DU LARGE

 

Alex Thomson (Hugo Boss) : « La grande nouvelle, c’est que j’ai terminé le support de mon hydrogénérateur et que je peux donc désormais recharger mes batteries à 100% pour la première fois depuis un mois! La collision au cours de laquelle il s’était cassé a quand-même eu lieu il y a un mois et le processus de réparation a été très long…Mais je suis content d’avoir pris mon temps, et également ravi d’avoir pu effectuer tout ce travail en mer, sans avoir eu à m’arrêter. Ça n’a pas été facile d‘économiser de l’énergie pendant tout un mois, mais je croise les doigts en espérant que je n’aurai pas d’autres soucis et que le bateau va à nouveau fonctionner normalement. J’ai vraiment hâte de pouvoir refaire de l’eau et de pouvoir enfin me débarrasser de cette barbe ! ».

 

Armel Le Cléac’h (Banque Populaire) : « Je suis rasé, c’est ma tenue printemps-été 2013. Les températures sont bien meilleures depuis deux ou trois jours, on sent qu’on a gagné quelques degrés. Ça grimpe un peu, on enlève les polaires et autres tenues qu’on avait dans les mers du Sud. Les lunettes de soleil sont de sortie. Deux mois de course, ça a été assez intense depuis le départ des Sables, il s’est passé beaucoup de choses, le rythme a été assez soutenu. On a encore un bon bout de chemin devant nous donc on va essayer de continuer comme ça jusqu’à l’arrivée. On va faire le maximum pour être là avant la fin du mois et vous offrir une belle course jusqu’au bout ».

 

Tanguy de Lamotte (FRA, Initiatives-Cœur) : « (A propos de son problème de drisse) C’était un moment difficile. Ça a duré quelques heures. Là je mets à peu près quatre fois le temps que ça m’a pris pour ramener la voile à bord à récupérer de mon effort. C’est vraiment une dépense énergétique assez énorme. Ça a été difficile mais j’ai réussi et maintenant je récupère. En ce qui concerne le bilan, tu m’aurais demandé hier, je t’aurais dit c’est parfait. Maintenant il y a une petite ombre au tableau mais je suis quand même assez content parce que j’arrive à aller à la même vitesse que Bertrand. La petite ombre au tableau est assez relative car je sais que je vais pouvoir réutiliser cette voile. Pour l’instant ça me ralentit un petit peu mais ce n’est vraiment pas trop mal, je suis heureux d’être encore en course dans cet état-là. J’ai besoin de me battre et d’être à l’arrivée, autant que les autres mais un peu plus pour ces petits enfants. Ces soucis de voile, ce n’est pas grand-chose par rapport à ce que ces enfants doivent subir ».

 

Dominique Wavre (Mirabaud) : « Je suis carrément content, c’est absolument super. Ça s’est fait pratiquement sans que je le voie. Je viens de le voir il y a cinq minutes mais avant, il était complètement couvert par le mauvais temps. Et j’ai eu droit à un vrai cadeau, des dauphins sont venus me visiter juste au moment où je passais le cap. C’était un cadeau fabuleux. Ça fait partie des grands moments que l’on vit. C’est la neuvième fois que je passe ici, c’est toujours extraordinaire ».

 

Mike Golding (Gamesa) : « Je viens de passer le Cap Horn pour la sixième fois et c’est un véritable soulagement d’en avoir fini avec les mers du sud et d’entrer à nouveau dans l’Atlantique. Je pense avoir beaucoup de chance d’être le détenteur de ce record, d’avoir franchi trois fois le cap Horn dans chaque sens. Mais là, tout de suite, ce que je ressens le plus, c’est la fatigue ! J’ai également la chance d’être soutenu par des gens extra, c’est vraiment un privilège. En compétition, on est obligés de pousser le bateau, de lui demander beaucoup et de lutter contre les conditions météo. Contrairement au football, notre sport repose en grande partie sur la technologie donc il y a un vrai mélange entre les éléments technologiques, tactiques et physiques. Je suis extrêmement surprise de voir que mon record entre le cap Leeuwin et le cap Horn tient toujours ! Quand on voir la course incroyable de François et Armel, je pensais vraiment qu’ils allaient battre ce record. Je suis ravi de garder ma couronne ! ».

 

CLASSEMENT

Positions du 09/01 à 16 heures : 1. François Gabart (Macif) à 5 034 milles de la ligne d’arrivée; 2.Armel Le Cléac´h (Banque Populaire) à 100,3 milles du leader; 3.Jean-Pierre Dick (Virbac Paprec) à 444 m; 4.Alex Thomson (Hugo Boss) à 570,4 m; 5.Jean Le Cam (SynerCiel) à 1 676,5 m; 6.Mike Golding (Gamesa) à 1 852,2 m; 7.Dominique Wavre (Mirabaud) à 1924,4 m; 8.Bernard Stamm (Cheminées-Poujoulat) à 1 971,3 m; 9.Arnaud Boissières (Akéna Vérandas) à 2 100,9 m; 10.Javier Sanso (Acciona 100% EcoPowered) à 2 128,8 m; 11.Bertrand De Broc (Votre Nom Autour du Monde avec EDM Projets) à 3 486,3 m; 12.Tanguy de Lamotte (Initiatives-Coeur) à 3 766 m; 13.Alessandro Di Benedetto (Team Plastique) à 4 532,3 m. Abandons : Marc Guillemot (Safran); Kito de Pavant (Groupe Bel); Samantha Davies (Savéol); Louis Burton (Bureau Vallée); Jérémie Beyou (Maître CoQ); Zbigniew Gutkowski (Energa); Vincent Riou (PRB).
 

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Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Sophie Savant Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
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Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Passionné depuis son enfance par toutes les formes de glisse et par la mer, Thomas a longtemps vécu dans le nord de la Floride aux Etats-Unis. Une expérience qui lui a permis de découvrir l'univers du bateau à moteur et du catamaran à travers plusieurs essais et croisières notamment dans les Caraïbes. Il contribue régulièrement à la rédaction de Figaro Nautisme.