Collision avec un OFNI pour Stamm

Dimanche 6 janvier 2013 à 12h36

La malchance poursuit Bernard Stamm. Vers 3H30, dans la nuit de samedi à dimanche, Bernard Stamm a informé son équipe à terre d’une collision avec un objet flottant non identifié.

La malchance poursuit Bernard Stamm. Vers 3H30, dans la nuit de samedi à dimanche, Bernard Stamm a informé son équipe à terre d’une collision avec un objet flottant non identifié.

Le bateau du Suisse Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat), actuellement 8e au classement du Vendée Globe, a été victime d'une collision avec un objet flottant non identifié (OFNI) dans la nuit de samedi à dimanche dans le Pacifique sud. La collision a arraché son hydrogénérateur bâbord tandis que le second semble hors d'usage: il ne "chargerait" plus. Cependant, Bernard Stamm n'a plus non plus de réserve de carburant, c'est justement ce qui l'avait obligé à mouiller en Nouvelle-Zélande pour les réparations. 

 

Bernard Stamm cherche un abri


« La sécurité du bateau est engagée, c'est très clair », a assuré l'un des reponsables de son équipe, Régis Rassouli, lors de la vacation de ce dimanche. L'équipe de Bernard Stamm pense qu'il passera le cap Horn le 9 janvier. L'équipe de Bernard Stamm envisage un ravitaillement en carburant grâce à un bateau à portée de trajectoire ou sinon dans un port.

Les abris sont, a priori, situés après le passage du Cap Horn. Les conditions météos actuelles sont “musclées”; le vent est instable, la mer difficile et le froid constant. Un champ de glaces est également annoncé."
Ce dimanche matin (7H30) Bernard Stamm se situait à 1060 milles du cap Horn. 

 

Cheminées Poujoulat injoignable

 

Pour préserver son pilote automatique, Bernard Stamm a dû couper l'ensemble des autres sources de consommation d'énergie. Son équipe n'a donc plus de contact avec le skipper. Les hydrogénérateurs sont des petites hélices qui produisent de l'énergie pour nombre d'instruments de bord. Le pilote automatique d'abord, indispendable pour un solitaire (c'est ce qui avait obligé Zbigniew Gutkowski à abandonner en début de course). Mais aussi la réception de données météorologiques, sachant que les conditons actuelles sont mauvaises, et la détection de glaces (présentes sur zone). La centrale de navigation a également besoin d'énergie, elle indique l'orientation et la force du vent, la cartographie et les données du bateau: vitesse, cap, position. Un défaut d'hydrogénérateur met également en péril les feux de positions, l'AIS (le trafic maritime), le radar, le mouvement de quille, la VHF, sans oublier la production d'eau via un dessalinisateur. Bernard Stamm a précisé se préparer à puiser dans ses réserves de sécurité pour ce qui est de l'eau. Enfin, les hydrogénérateurs de Cheminées poujoulat permetttaient de fournir de l'électricité au mini-lab, en partenariat avec Océanopolis.

Ce dimanche après-midi, le skipper de Cheminées Poujoulat a indiqué devoir désormais passer la très grande majorité de son temps avec sa centrale coupée, la batterie principale du monocoque ne disposant plus que de 5% de son potentiel de charge.

 

Comble de malchance
 

Depuis le large du Portugal, les hydrogénérateurs de Cheminées Poujoulat sont défaillants. Fin décembre, Bernard Stamm regrettait vivement: Bernard Stamm juge sévérement ses hydrogénérateurs: "Ils ont été construits comme des jouets, pas comme quelque chose de sérieux. Les mecs se sont plantés, ils ont fait du Lego, les dimensions n’étaient pas bonnes, c’était trop petit, expliquait-il lors de la vacation du 1er janvier. Il faut qu’il y ait un contrôle rigoureux, ce n’est pas possible de partir avec quelque chose de si mal dimensionné. Autant de moyens mis en œuvre pour atteindre un résultat aussi médiocre, c’est à pleurer. Je suis en colère, ça m’a pompé l’existence, c’est dommage. "


Le désespoir de Stamm avec ses hydrogénérateurs
 

Ce sont ces problèmes techniques qui ont obligé le skipper à mouiller en Nouvelle-Zélande, le 23 décembre, pour de longues heures de réparations. En raison de cet épisode, le skipper suiss était sous le coup d'une disqualification pour assistance extérieure. Le dérapage de son mouillage l'avait contraint à se mettre à couple d'un navire russe dont l'équipage lui avait alors prêté main forte sans qu'il en ait fait la demande, une aide interdite sur le tour du monde sans escale et sans assistance. Toutefois, lueur d'espoir, Le dossier de cette disqualification a été réouvert par le jury international samedi après réception du témoignage d'un membre de l'équipage de ce navire russe.

 

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Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Sophie Savant Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
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Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Passionné depuis son enfance par toutes les formes de glisse et par la mer, Thomas a longtemps vécu dans le nord de la Floride aux Etats-Unis. Une expérience qui lui a permis de découvrir l'univers du bateau à moteur et du catamaran à travers plusieurs essais et croisières notamment dans les Caraïbes. Il contribue régulièrement à la rédaction de Figaro Nautisme.