Belle opération pour Dick

Samedi 5 janvier 2013 à 18h13

En attendant de connaître le résultat des options différentes de Gabart et Le Cléac’h, Jean-Pierre Dick revient fort.

En attendant de connaître le résultat des options différentes de Gabart et Le Cléac’h, Jean-Pierre Dick revient fort.

François Gabart (Macif) et Armel le Cléac’h (Banque Populaire) vont devoir vivre la tête penchée pendant un moment. Samedi après-midi, face à un flux de secteur Nord de l’ordre de 10 noeuds, les deux leaders remontaient l’Atlantique Sud au près à la vitesse du vent. Gabart possédait alors 41 milles d’avance sur Le Cléac’h en étant décalé latéralement de 170 milles plus à l’est. Qui a pris la meilleure option ? Réponse la semaine prochaine d’après Le Cléac’h : « Je suis toujours content de ma position ! On verra ce que ça donne dans quelques temps. Je fais ma route, je ne m’occupe pas trop de ce que fait François. Pour l’instant ça avance, c’est bien, on fera les comptes dans une semaine. Cette partie-là de l’Atlantique entre le cap Horn et le Brésil, ce n’est pas ce qu’il y a de plus simple au niveau de la stratégie. Ça change pas mal tous les jours au niveau des fichiers météo. Il faut trouver le meilleur chemin pour aller rejoindre les alizés au niveau du Brésil, ce n’est pas facile ». La belle opération du jour est à mettre à l’actif de Jean-Pierre Dick (Virbac-Paprec) qui a réduit à 269 milles l’écart qui le sépare de Macif.

 



Le Cam prépare la guerre



Derrière Alex Thomson (Hugo Boss), Jean Le Cam (SynerCiel), à l’approche du cap Horn, s’apprête à vivre des moments difficiles : « J’ai deux ris dans ma grand-voile, le bateau va bien. Le vent est très instable, j’ai entre 20 et 28 nœuds. Ça me surprend car les fichiers ne prévoyaient pas ça il y a 24 heures. Je devrais pouvoir aller tout droit vers le cap Horn, mais je vais finalement devoir tirer des bords, ce qui ne me plaît pas. Je vais bientôt avoir 33 nœuds de vent de sud-ouest, avec des grains, je me suis mis des alarmes de vent et de cap pour ne pas me faire avoir ! D’ailleurs, je vais me préparer pour la guerre, il faut que je range tout avant la tempête ! ».



 

Bon anniversaire Alessandro



Le groupe des cinq emmené par Mike Golding (Gamesa) vient de franchir la dernière porte des glaces Pacifique-est et progresse entre 15 et 17,5 noeuds. Le plus rapide de cette fine équipe étant toujours Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) qui occupe désormais le huitième rang de la hiérarchie. Fermant la marche à 5 000 milles de Gabart, Alessandro Di Benedetto (Team Plastique) a eu le bon goût de fêter ses 42 ans aujourd’hui en étant le plus rapide de la flotte à 16 heures avec 19,2 noeuds affichés au compteur.



 

Tous derrière Stamm



Nouvel élan de solidarité des skippers du Vendée-Globe à l’égard de Bernard Stamm. 16 des 19 concurrents engagés au départ dans l’aventure ont adressé un courrier collégial à Bernard Bonneau (Président du Jury International) et Bruno Retailleau (Président de la SAEM Vendée qui organise l’épreuve). Les arguments de ces derniers ne manquent pas pour appeler le jury à l’indulgence : « Nous, skippers du Vendée Globe 2012-2013, demandons à ce que le jugement pris à l’encontre de Bernard Stamm soit revu. Nous pensons que sa disqualification n’est pas juste et qu’il mérite de terminer sa course en étant classé. Nous demandons cette révision au vue des éléments suivants : Bernard a pris seul son mouillage ; le navire russe s’est positionné après Bernard ; celui-ci est devenu un danger qui n’existait pas à la prise du mouillage par Bernard ; les faits qui se sont enchaînés par la suite en sont la conséquence, ils étaient imprévisibles ; le comportement de l’équipage russe respecte l’article 7.5 de l’avis de course sur le sauvetage et l’assistance en mer ;  le comportement des marins, de part et d’autre, a été exemplaire, il mérite d’être salué et non sanctionné ; si Bernard a enfreint la règle c’est malgré lui et nous avons l’intime conviction que Bernard a strictement respecté l’esprit de la règle ; nous considérons la situation subie par Bernard comme un cas de force majeure. Merci de prendre en compte notre avis dans votre décision finale ». Il reste à souhaiter que cet appel sera entendu.




LES VOIX DU LARGE



Armel Le Cléac’h (Banque-Populaire) : « (Sur sa barbe fournie) Les conditions depuis le Horn, ce n’est pas les vacances. On a eu une dépression assez creuse, au portant dans une mer démontée. Les dernières 36 heures n’ont pas été très drôles. Il y a eu de quoi faire, des changements de voiles, du matossage, des empannages donc j’avais autre chose à faire que de me raser. Et puis il y a un moment où on se dit qu’il faudrait aller dormir un peu donc on n’a pas vraiment le temps de se raser. Mais ne vous inquiétez pas, je n’arriverai pas aux Sables avec cette grosse barbe. (Sur sa stratégie)  Les degrés remontent tout doucement, il fait assez frais la nuit mais on sent qu’on se rapproche de zones un peu plus chaudes ».



Arnaud Boissières (Akéna Vérandas) : « C’est un peu le shaker, il n’y a pas énormément de vent, il y a 32 nœuds mais la mer est de travers, assez forte, 4 ou 5 mètres de creux. C’est un peu l’auto-tamponneuse. C’est sûr que ce sont vraiment des conditions de Grand Sud. Le ciel a bien changé, je me trouve à 1400 milles du cap Horn donc je me dis que c’est le dernier coup de vent avant d’y arriver. Je savoure ! Bernard Stamm va quand même super vite par rapport à nous quatre (ndlr : lui-même, Javier Sanso, Dominique Wavre et Mike Golding). J’ai mon « chorizo espagnol rouge » sur l’écran en ligne de mire ».



Alessandro Di Benedetto (Team Plastique) : « Là j’ai du vent assez fort et je viens de passer il y a quelques minutes la porte Nouvelle-Zélande. J’ai pu à nouveau abattre un peu pour reprendre le cap pour la prochaine porte Ouest Pacifique. Ça va mieux, j’ai 41 nœuds de vent mais j’ai changé de cap, j’ai pu abattre, je suis un peu plus tranquille. Aujourd’hui j’ai un petit souci avec le moteur. Il ne marche pas donc je vais voir. Ça fait quelques jours que je n’ai pas dormi comme je voudrais donc je vais dormir et essayer de le remettre en route demain. Il va falloir faire avec mais le moteur c’est très important, notamment pour les ballasts ».



Alex Thomson (Hugo Boss) : « Ce matin, j’ai les Iles Malouines en contact visuel, ce qui est d’actualité puisque j’ai cru comprendre qu’on en parlait beaucoup cette semaine. Tout ce que je peux en dire, c’est qu’elles sont sacrément plates ! Il devrait à nouveau y avoir du soleil aujourd’hui, ce qui est bien agréable, et les conditions devraient considérablement s’améliorer. C’est assez calme, surtout pour une zone située en plein milieu de l’océan. En revanche, il fait toujours horriblement froid la nuit mais, grâce au soleil, ça s’adoucit dans la journée, ce qui est plutôt bon pour le moral. Je profite également de ces conditions pour prendre autant de repos que je le peux. Je suis toujours satisfait de ma progression et ma trajectoire à l’est des Malouines va me permettre de bénéficier d’une certaine protection et donc de me concentrer sur la réparation de l’hydro-générateur qui n’en finit pas. J’ai passé une grosse partie de ma journée d’hier là-dessus et je vais m’y remettre aujourd’hui, dès que je peux. J’espère en voir bientôt le bout puisque, avec encore quatre semaines de course, c’est capital de pouvoir compter sur le deuxième hydro-générateur ».



Javier Sanso (Acciona 100% EcoPowered) : « Nuit mouvementée à bord d’Acciona. Je naviguais avec deux ris, à la tombée de la nuit, le vent est descendu à 15 noeuds. Je suis resté avec deux ris et le chariot cassé de la grand voile. J’ai donc dû, de nuit, démonter le rail de la grand-voile pour tirer le chariot défectueux, en remettre un autre, et renvoyer les ris. Faire ça, c’était compliqué, et le problème majeur, c’était de le faire dans le noir… et ça me congelait les doigts. Ce ne sont pas des températures très basses, il fait 8 degrés, ce n’est pas beaucoup, mais dévisser chaque vis fut un calvaire. Je ne pouvais pas mettre de gants car d’une main je m’accrochais, de l’autre je dévissais. Tout ça, au-dessus de la bôme. Bon à présent, c’est bon, grand-voile haute, et je suis de nouveau à fond ».



 

CLASSEMENT



Positions du 05/01 à 16 heures : 1. François Gabart (Macif) à 5 948 milles de la ligne d’arrivée; 2.Armel Le Cléac´h (Banque Populaire) à 41,2 milles du leader; 3.Jean-Pierre Dick (Virbac-Paprec) à 269,2 m; 4.Alex Thomson (Hugo Boss) à 666,4 m; 5.Jean Le Cam (SynerCiel) à 1 896,6 m; 6.Mike Golding (Gamesa) à 2 260 m; 7.Dominique Wavre (Mirabaud) à 2 348,4  m; 8.Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) à 2 405,2 m; 9.Javier Sanso (Acciona 100% EcoPowered) à 2 438,1 m; 10.Arnaud Boissières (Akéna Vérandas) à 2 487,8 m;  11.Bertrand De Broc (Votre Nom Autour du Monde avec EDM Projets) à 3 834,3 m; 12.Tanguy de Lamotte (Initiatives-Coeur) à 4 106,7  m; 13.Alessandro Di Benedetto (Team Plastique) à 5 011,2  m. Abandons : Marc Guillemot (Safran); Kito de Pavant (Groupe Bel); Samantha Davies (Savéol); Louis Burton (Bureau Vallée); Jérémie Beyou (Maître CoQ); Zbigniew Gutkowski (Energa); Vincent Riou (PRB).

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Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Sophie Savant Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
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Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
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Passionné depuis son enfance par toutes les formes de glisse et par la mer, Thomas a longtemps vécu dans le nord de la Floride aux Etats-Unis. Une expérience qui lui a permis de découvrir l'univers du bateau à moteur et du catamaran à travers plusieurs essais et croisières notamment dans les Caraïbes. Il contribue régulièrement à la rédaction de Figaro Nautisme.