Le nouvel an des concurrents

Par Figaro Nautisme
Lundi 31 décembre 2013 à 15h13

Heure australienne, argentine, française ou temps universel ? Les skippers du Vendée Globe ont l’embarras du choix pour marquer le passage à la nouvelle année.

Heure australienne, argentine, française ou temps universel ? Les skippers du Vendée Globe ont l’embarras du choix pour marquer le passage à la nouvelle année.

En ce 31 décembre, la flotte s’étend du sud-est de l’Australie pour Alessandro di Bendetto qui négocie la porte du même nom, au sud de l’Argentine pour les leaders qui approchent du Cap Horn. A bord, les concurrents sont en décalage horaire permanent : les montres et ordinateurs de bord sont bien souvent à l’heure universelle (une heure de moins que la France), bien plus pratique pour organiser les communications et garder une certaine cohérence tout au long de la course, mais le soleil, lui, est au rythme du grand sud. «Même si l’heure de bord est l’heure universelle, je m’endors plus souvent la nuit et, là, le soleil se lève et j’ai faim », nous confiait jeudi après-midi Jean Le Cam.


Un saut dans le temps au programme du réveillon
 

Curiosité du grand sud, Tanguy de Lamotte s’apprête à fêter deux fois le nouvel an. Le skipper d’Initiatives Cœur a commencé par ouvrir le champagne à midi, heure française, puis il aura le droit à un retour en arrière en passant l’antiméridien, communément appelé « la ligne de changement de date ». Lorsque Tanguy de Lamotte va passer cette ligne il va reculer de 12 heures, il aura atteint les 180°C Est et repartira de zéro à l’ouest.


Voir aussi la vidéo très pédagogique de Jean Le Cam

 

Cette particularité temporelle a été mise en évidence par l’équipage de Magellan au 16e siècle. A l’arrivée ils ont réalisé qu’ils avaient une journée de retard par rapport à leur carnet de bord pourtant rigoureusement tenu à jour. La faute à l’antiméridien !
Tanguy de Lamotte se réjouit donc de pouvoir fêter deux fois la nouvelle année, avec en plus une autre bonne nouvelle : son sponsor, Mécenat chirurgie cardiaque, pourra opérer un sixième enfant grâce à l’opération 1 clic = 1euro. De son côté, Bertrand de Broc, juste devant lui au classement, doit passer l’antiméridien à minuit, temps universel.

 

Au menu des réjouissances


En tête de flotte, Armel Le Cleac’h (second au classement de lundi midi), a embarqué une bouteille de champagne pour le Cap Horn et une autre pour la nouvelle année. « C’est parfait, ça va faire d’une pierre deux coups ! » Le concurrent est toutefois tendu par les icebergs qui encombrent le Cap Horn. « On va attendre d’être dégagé de tout danger pour célébrer car c’est vrai que l’endroit a l’air mal pavé », précise-t-il. Un peu plus loin, Dominique Wavre admet également avoir d’autres priorités avec une visibilité à 200 mètres à peine. « Je sais que j’ai un bon petit gueuleton qui m’attend dans un coin du bateau qu’on surnomme « la cave », a-t-il expliqué ce lundi. Mais je m’en occuperai quand ce sera le bon moment ; peut-être après le Cap Horn, ou lorsque j’aurai enfin franchi cette (xxx) porte. » (ndlr: Pacifique-Ouest) Le skipper de Mirabaud a surtout hâte de célébrer le retour du soleil après le tunnel de nuages gris et bas du grand sud. En 5e position au classement de lundi midi, Jean Le Cam n’oublie pas son côté bon vivant avec un bon menu de réveillon. Au choix: un ris de veau et des petites pommes Duchesse, un Parmentier ou un confit de canard. « Je suis clairement gâté de ce côté-là », remarque-t-il. Surtout que le marin a découvert un nouveau paquet de bonbons, des crocodiles.

Jean-Pierre Dick aura le droit au traditionnel foie gras avec un plat indonésien, « Nasi Goreng », du fromage et une salade de fruits lyophilisée. "Je prendrai des chocolats et des Galettes St Michel, ajoute-t-il. Pour le folklore, je mettrai un fond musical puis j’appellerai la famille, des amis pour leur souhaiter mes vœux. " Mais le skipper niçois rappelle que les conditions dans les mers du sud ne sont pas les plus propices à la fête: "je me souviens d'un autre réveillon en mer, un copain m’avait appelé à bord pour lancer le compte à rebours avant le passage à la nouvelle année. C’était un moment chaud à bord avec du vent et de la mer, c’était limite que le bateau ne parte à l’abattée, et lui, il était à fond dans le réveillon. Nous étions tous les deux dans deux mondes totalement différents (rires). » Cette année, Jean-Pierre Dick espère bien prendre le temps de se poser un instant sur son bateau pour contempler les étoiles.

 

Bon réveillon à tous!

 

L'équipe
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Norbert Conchin
Norbert Conchin
Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
Guillaume Fourrier
Guillaume Fourrier
Guillaume Fourrier est un vrai passionné de la mer. Il pratique la pêche en mer depuis l'âge de 13 ans et a aujourd'hui à son actif près de 20 records de France, d'Europe et du Monde pour la prise de gros spécimens. Originaire de Boulogne-sur-Mer, il a sillonné les eaux de la façade Atlantique mais également celles de la Méditerranée. Il a également trempé ses lignes sur des contrées exotiques comme la Nouvelle-Calédonie, où il séjourna plusieurs mois à la recherche de gros poissons du lagon. Il pêche aujourd'hui en Normandie, son nouveau port d'attache.