51e jour de course

Par Figaro Nautisme
Lundi 31 décembre 2013 à 12h49

Dernier jour de l’année, la tête de flotte approche du Cap Horn, bien chargé en glaçons, et Alessandro di Benedetto espère quitter l’Océan Indien dans les trois jours.

Dernier jour de l’année, la tête de flotte approche du Cap Horn, bien chargé en glaçons, et Alessandro di Benedetto espère quitter l’Océan Indien dans les trois jours.

L’état de la flotte
 

Une quinzaine de milles séparent les deux leaders, François Gabart et Armel Le Cleac’h. Ils termineront donc l’année 2012, fidèles à eux-mêmes : en régate planétaire. « Petite discussion VHF @VoileBanquePop qui est juste devant moi. Va falloir faire attention à ne pas se rentrer dedans. Ça ferait désordre… » twittait François Gabart ce samedi. Désormais, les deux compères négocient le passage du mythique Cap Horn, les routages tablent sur un passage dans la nuit du 1 au 2 janvier. L’heure de la délivrance approche donc mais il faut absolument rester sur ses gardes en raison des icebergs présents sur cette zone. « On ne peut pas couper à travers champs, regrette Armel Le Cleac’h dans un clin d’œil. On doit passer le Cap. » Ce sera le deuxième passage du Cap Horn pour le skipper de Banque Populaire, le premier pour Macif.
Au classement de midi, les deux concurrents affichaient de belles vitesses, respectivement 20.6 et 19.9nœuds. En 3e position, Jean-Pierre Dick filait à 17 nœuds ce matin, 12.5 au classement de midi. Le skipper niçois (337.6 NM) a choisi une route plus nord que ses deux principaux concurrents, il a empanné ce lundi matin. Entre le 40e et le 50e jour de course, Jean-Pierre Dick a repris 226 milles de course.
En quatrième position, on retrouve le britannique Alex Thomson qui tient une belle allure alors qu’il quitte la dernière porte des glaces, Pacifique-Est : 18.8 nœuds au classement de 9 heures, 15.7 au classement de midi. Six skippers sont ensuite groupés autour de la porte Pacifique-Ouest. C’est Jean Le Cam qui ouvre la marche 2025.9 NM de retard sur le leader et Bernard Stamm qui ferme le groupe à 2821.5 NM de la tête de flotte. Cheminées Poujoulat a perdu 1900 milles en raison de la réparation de ses hydrogénérateurs.
On retrouve ensuite Bertrand de Broc suivi de Tanguy de Lamotte qui approchent de la porte Nouvelle-Zélande. Alessandro di Benedetto navigue de son côté sous l’Australie.


Notre analyse météo
 

Lundi 31
A 24h du cap Horn, situation très favorable pour les deux premiers qui peuvent surfer dans des vents solidement établis au NW à l’avant d’une dépression. Beaucoup moins favorable pour Virbac Paprec qui, se faisant rattraper par une dorsale avec des vents d’ouest mous, devrait se recaler nettement au sud en attendant de se faire cueillir par un nouveau NW engendré par la dépression suivante. Hugo Boss, lui, étant déjà poussé par cette dépression suivante pourra continuer à faire grande vitesse sur la route directe.
Après avoir été favorisé durant les 3 derniers jours, Jean-Pierre Dick doit regretter amèrement de louper de peu l’occasion de passer le Horn dans le même train que les deux leaders.
Synerciel emmenant la meute des poursuivants progressera dans un vent fort d’ouest mais ne pourra pas gagner sa dernière porte des glaces sur un seul bord, il devra empanner dans 24h.

 

Mardi 01
Rattrapés par cette dorsale qui a affecté la veille la course de Virbac Paprec, début d’après-midi pour la Francedébut de matinée pour les cap Horniers, Macif et Banque Populaire doubleront le cap dans des vents d’ouest faiblissants. Mais comme ils pourront rapidement mettre du nord dans leur route pour faire cap vers l’île des Etats, l’angle au vent deviendra plus favorable et la vitesse moyenne ne devrait pas trop en pâtir.
Derrière Virbac Paprec aura retrouvé des conditions de route rapide et aura pour objectif de ne pas laisser plus de 24h entre les premiers et lui au passage du Horn. Même conditions rapides pour Hugo Boss qui voudra remplir le même objectif de décalage avec son prédécesseur. A 18hutc Synerciel pourra profiter d’une bascule du vent de SW à l ‘W pour empanner et faire route vers la dernière porte des glaces ?


Mercredi 02

Grande ouverture du jeu des options pour la remontée de l’Atlantique.
Situation confuse avec menaces de calmes entre l’Argentine et les îles Falkland. Les skippers devraient choisir de faire une route très au large pour laisser ces îles sur leur bâbord. La vitesse moyenne des deux premiers chutera. Ils seront condamnés à multiplier les empannages dans un vent de SSW faiblissant parfois à moins de 12 nœuds. Virbac Paprec passera le Horn dans un vent de nord faiblissant. En soirée il sera peut-être même obligé de tirer un bord en tribord amure dans un temporaire NNE au moment de faire cap au NE. Pas de problème pour Hugo Boss qui sera en bonne position pour bien profiter de ce secteur nord. Synerciel et son peloton de poursuivants progresseront dans des vents souvent trop portant dans l’axe de la route mais puissamment établis 7 à 8 Beaufort.

 

Jeudi 3
Hugo Boss passera le Horn. Jean-pierre Dick aura-t-il décidé de tenter autre chose que les premiers en choisissant une route à l’ouest des Falkland. Cela devrait être tentant pour aller chercher sa chance dans une situation météo très différente. En effet c’est au près, dans des vents parfois forts que les leaders progresseront. Le début de la remontée de l’Atlantique s’annonce laborieuse.

Les poursuivants ne manqueront toujours pas de vents dans le Pacifique. La dépression qui les accompagne fournira au moins du force 7 à 8. A surveiller, les risques de tempêtes dans ce flux très dynamique.
 

 

 

L'équipe
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
Geoffroy Langlade
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Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Norbert Conchin
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Sophie Savant Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Guillaume Fourrier est un vrai passionné de la mer. Il pratique la pêche en mer depuis l'âge de 13 ans et a aujourd'hui à son actif près de 20 records de France, d'Europe et du Monde pour la prise de gros spécimens. Originaire de Boulogne-sur-Mer, il a sillonné les eaux de la façade Atlantique mais également celles de la Méditerranée. Il a également trempé ses lignes sur des contrées exotiques comme la Nouvelle-Calédonie, où il séjourna plusieurs mois à la recherche de gros poissons du lagon. Il pêche aujourd'hui en Normandie, son nouveau port d'attache.