48e jour de course

Par Figaro Nautisme
Vendredi 28 décembre 2012 à 12h21

Le duel des leaders de tête pourrait tourner au trio pour la remontée de l’Atlantique : Jean-Pierre Dick bénéficie d’un effet d’élastique qui lui est cette fois-ci favorable. De son côté, Bernard Stamm a pu reprendre le large ce vendredi matin après la réparation de ses hydrogénérateurs.

Le duel des leaders de tête pourrait tourner au trio pour la remontée de l’Atlantique : Jean-Pierre Dick bénéficie d’un effet d’élastique qui lui est cette fois-ci favorable. De son côté, Bernard Stamm a pu reprendre le large ce vendredi matin après la réparation de ses hydrogénérateurs.

 

L’Etat de la flotte


Au classement de midi, ce vendredi, la tête de flotte est toujours occupée par Armel Le Cleac’h (Banque Populaire), à seulement 2.1 NM de son dauphin, François Gabart (Macif). Les deux leaders sont englués dans les calmes d’une zone de transition météorologique et avancent au ralenti, respectivement 12.4 et 11.9 nœuds. Au classement de 9 heures, ils ont été flashés à 9.5 et 9.1 nœuds.
Christopher Pratt, joker de Banque Populaire sur ce Vendée Globe, admire leur performance : « Ce sont quand même deux skippers qui ont un mental hors du commun. Ils ont un niveau de performance hyper linéaire avec un moral égal, même s’il y a une part de bluff lors des vacations, alors que le commun des mortels subit naturellement des fluctuations de moral. » Christopher Pratt mène actuellement une étude sur la motivation des skippers pendant la course. Quatre concurrents répondent tous les dix jours à des questionnaires sur la motivation (qui ne seront dévoilés qu’après la course), il s’agit des deux de tête, de Bernard Stamm et de Tanguy de Lamotte.
Pour différencier les deux leaders, Christopher Pratt avance tout d’abord qu’Armel Le Cleac’h a parcouru entre 600 et 700 NM de moins que son dauphin. « Avec ses trajectoires météo parfaites, il sollicite moins le bateau et cela finira peut-être par payer, explique-t-il. Je dirais qu’Armel Le Cleac’h a déjà une expérience de Vendée Globe, aussi il est plus sage, plus conservateur. François Gabart est un peu plus jeune fou, sans que cela soit péjoratif. Ses vitesses sur l’eau sont impressionnantes ! » Ces différences se remarquent également au niveau de leurs bateaux, quasi-identiques à quelques différences près. « L’équipe de François Gabart est allée un peu loin dans le développement du bateau qui est plus léger, plus extrême, remarque Christopher Pratt. Ils ont fait des choix de voile plus osés comme la grand-voile plus légère mais qui risque aussi de se déchirer plus facilement. Je crois qu’il y a 12/13 kilos de différences entre les deux bateaux. »
Christopher Pratt envisage maintenant la remontée de Jean-Pierre Dick (Virbac-Paprec) qui est dans un flux bien établi. « Avec les routages de jeudi matin, je tablais sur 3 heures d’écart au Cap Horn et l’après-midi, les routages montrait dix heures d’écart. Au final, je pense que Jean-Pierre Dick et les deux premiers passeront le Cap Horn dans la même demi-journée. Il devrait donc y avoir une bataille à trois. » Avant le départ, Christopher Pratt avait parié sur Jean-Pierre Dick, Armel Le Cleac’h, Vincent Riou (abandon sur avarie) et François Gabart. Un pronostic dans le désordre.
Derrière les trois de tête, on retrouve Alex Thomson (Hugo Boss) à 832.9 NM du leader. Le premier des tontons flingueurs est à 1842 NM d’Armel Le Cleac’h. « Le peloton est tellement loin qu'on n'est plus dans la même course », nous confiait Jean Le Cam jeudi soir. Le dernier de la flotte, Alessandro di Benedetto, est à un peu moins de 5000 NM du leader, sous l’Australie.

 

Notre analyse météo
 

Pas de chance pour Macif et Banque Populaire, une dépression secondaire a décidé de passer au nord de leur route. Se retrouvant entre la dépression principale dans leur lointain sud-ouest et cette secondaire qui les dépasse par le nord, ils subissent des vents faibles. Avec un vent de nord parfois inférieur à 10 nœuds, évoluant lentement vers l’ouest, leur progression sera relativement lente vers la dernière porte qu’ils doivent toucher dans leur NE. La progression vers le Cap Horn ne va donc pas être très efficace.
C’est beaucoup mieux pour Virbac-Paprec. A l’arrière de cette dépression secondaire, il bénéficie de vent de NW force 6 pour faire route rapide sur un cap efficace. Avec sa position beaucoup plus nord, laisser la dernière porte à tribord n’est pas une trop grosse contrainte.
Tout va bien aussi pour Hugo Boss qui va pouvoir aussi faire route directe et rapide vers la dernière porte.
En remontant la flotte vers l’ouest, ce n’est pas moins de quatre dépressions qui se suivent pour offrir à chacun du vent le plus souvent soutenu, NW à l’avant de la dépression, SW à l’arrière. La circulation est rapide. Même Cheminées Poujoulat (actuellement en 10e position, à 2888.9 NM du leader) devrait regagner les 50e en profitant d’un bon vent de nord, avant qu’un anticyclone ne vienne imposer ses vents faibles sur le SW de la Nouvelle Zélande.

Samedi 29
La situation s’éclaircit pour les deux leaders qui pourront toucher leur porte vers 18hTU et aussitôt empanner pour replonger au sud dans des vents d’ouest de force 6 à 7. Virbac-Paprec et Hugo Boss continueront leur route rapide et leur cap efficace dans le vent de NW auquel ils resteront accrochés.
Le peloton des trois (SynerCiel, Gamesa, Mirabaud) glissera toujours sur le tapis roulant mais ça se compliquera probablement pour les poursuivants, une peu lâchés par leur dépression moteur qui risque d’être trop rapide pour eux.

Dimanche 30
Les deux prétendants molliront de nouveau sur une dorsale entre deux dépressions. Ils devraient forcer leurs routes au sud en attendant que le NW annonciateur d’une nouvelle dépression ne vienne les cueillir. Derrière, déjà dans ce NW, les conditions continueront à être plus favorables pour les deux rattrapants.

Lundi 31
Toujours du NW médium pour les quatre premiers. Pas de tempête à redouter mais des icebergs signalés au large du Cap Horn. Derrière ça fluctue plus, mais dans des proportions raisonnables. Ce sont les derniers qui seront les plus exposés à des risques de fort coup de vent.

Mardi 1
Bonne nouvelle, les deux leaders devraient passer le Cap Horn de jour, à deux, et dans des conditions très maniables. Cela devrait être un bon premier janvier pour Macif et Banque Populaire. Juste derrière eux, Virbac-Paprec sera heureux de n’avoir plus que 18 heures de retard au passage de cette porte naturelle qui annonce un nouveau terrain de jeu, beaucoup plus ouvert.

 

Nos pronostics
 

Passage du Cap Horn le 1er janvier avec Armel Le Cleac’h et François Gabart toujours en tête, rattrapés par un Jean-Pierre Dick, favorisé par un bel effet d’élastique, et qui viendra batailler avec eux pour la remontée de l’Atlantique.

 

L'équipe
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Norbert Conchin
Norbert Conchin
Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
Guillaume Fourrier
Guillaume Fourrier
Guillaume Fourrier est un vrai passionné de la mer. Il pratique la pêche en mer depuis l'âge de 13 ans et a aujourd'hui à son actif près de 20 records de France, d'Europe et du Monde pour la prise de gros spécimens. Originaire de Boulogne-sur-Mer, il a sillonné les eaux de la façade Atlantique mais également celles de la Méditerranée. Il a également trempé ses lignes sur des contrées exotiques comme la Nouvelle-Calédonie, où il séjourna plusieurs mois à la recherche de gros poissons du lagon. Il pêche aujourd'hui en Normandie, son nouveau port d'attache.