Dick se rapproche, Le Cléac'h et Gabart assurent

Vendredi 28 décembre 2012 à 8h03

Armel Le Cleac'h (Banque Populaire) et François Gabart (Macif) naviguent à 13 et 15 noeuds ce vendredi matin, passant au sud d'une zone de transition météorologique. Pendant ce temps, Jean-Pierre Dick revient petit à petit dans la partie avec 17 noeuds de vitesse moyenne au classement de 8 heures. Le niçois est à 460.4 NM du leader. Bernard Stamm, lui, est toujours au mouillage.


Armel Le Cleac'h (Banque Populaire) et François Gabart (Macif) naviguent à 13 et 15 noeuds ce vendredi matin, passant au sud d'une zone de transition météorologique. Pendant ce temps, Jean-Pierre Dick revient petit à petit dans la partie avec 17 noeuds de vitesse moyenne au classement de 8 heures. Le niçois est à 460.4 NM du leader. Bernard Stamm, lui, est toujours au mouillage.


Armel Le Cléac’h (Banque Populaire) et François Gabart (Macif) négocient ensemble le phénomène météo qui leur a barré la route. Vendredi, à 8 heures du matin, 12.7 milles séparaient les deux leaders à l’approche de la huitième et dernière porte des glaces, Pacifique-est. Malgré des vents de nord-ouest encore instables de l’ordre de 15 noeuds, les frères siamois naviguaient à une vitesse honorable comprise entre 13,5 et 15 noeuds.



 

Limiter les risques



En bonne locomotive, les deux hommes de tête ont opté pour le même choix stratégique, celui de contourner le petit centre dépressionnaire qui se dresse devant leur étrave par le sud. Une option somme toute conforme au tempérament des deux navigateurs, qui tendent à choisir des trajectoires les plus proches possibles de la route directe. Le Cléac’h et Gabart ne se sont donc pas quittés, ils n’ont pas été jouer avec le feu sur une trajectoire différente. Aucune raison de prendre le moindre risque quand on navigue en tête d’une flotte, bord à bord avec un adversaire particulièrement tenace, et que le plus proche poursuivant est encore à plus de vingt-quatre heures de mer. Certes, Jean-Pierre Dick (Virbac-Paprec) réalise une belle opération en réduisant l’écart à 460 milles mais le matelas est encore confortable pour les deux hommes de tête.

C'est dans la remontée de l'Atlantique que Jean-Pierre Dick pourrait avoir son mot à dire, les options stratégiques seront plus nombreuses qu’autour de l’Antarctique où les fameuses portes limitent considérablement le jeu. On se rappelle qu’en 2000, Michel Desjoyeaux, nanti de plus de 300 milles d’avance sur Ellen Mac Arthur au Cap Horn, avait dû batailler pour se défaire de la jeune Anglaise. De même, en 2004, Jean Le Cam, fort de plus de 250 milles d’avance sur Vincent Riou, avait vu son pécule fondre en vingt-quatre heures, juste après avoir viré le « caillou ». Englué dans des calmes, le leader n’avait pu que constater le retour implacable de son dauphin. Pour la première fois de l’histoire du Vendée Globe, celui qui avait passé le Cap Horn en tête n'avait pas gagné l'épreuve. Au vu de ces constats, on comprend que les navigateurs soient d’une grande prudence quant à l’issue de cette édition 2012-2013. Le passage du Cap Horn pourrait avoir lieu dans la journée du 1er janvier.

 



Peu de changement



Le trio de tête est poursuivi par Alex Thomson (Hugo Boss). Le skipper britannique vient de passer la porte Pacifique-Ouest, il est à 850 NM du leader au classement de 8 heures. A un peu moins de 1900  milles, on retrouve Jean Le Cam (Synerciel), toujours aux prises avec la petite dépression qui s’était formée en mer de Tasman. Petit à petit, elle devrait s’évacuer par le sud-est et laisser la place à une zone de transition qui pourrait ralentir la marche en avant de Mike Golding (Gamesa), Dominique Wavre (Mirabaud) et Javier Sanso (Acciona 100% EcoPowered). C’est d’ailleurs cette possible modification des conditions météo par le nord de la zone qui a incité le navigateur suisse à se décaler dans le sud de son concurrent britannique. Javier Sanso, quant à lui, était loin de ces problématiques. Mercredi, à la tombée de la nuit, l'Espagnol a dû grimper en tête de mât pour réparer la poèce de son rail de têtière de grand-voile. 

Les quatre navigateurs encore dans l'Océan Indien sont menés par Arnaud Boissières (Akena Vérandas) qui file toujours à l’avant d’un front, quand Bertrand de Broc (Votre Nom autour du Monde avec EDM Projets), Tanguy de Lamotte (Initiatives-cœur) et Alessandro Di Benedetto (Team Plastique) ont touché ce matin des vents plus réguliers. Les grandes vitesses seront de retour sous peu.




Le chemin de croix de Stamm



Pour Bernard Stamm, ce tour du monde commence à ressembler à un chemin de croix autour des rivages de Nouvelle-Zélande. Le skipper de Cheminées Poujoulat, après avoir cherché refuge le long de la côte est des îles Auckland, avait fini par mouiller dans Sandy Bay, une anse au nord de l’archipel. C’est ici que son ancre, engorgée dans des laminaires, ces algues dont les filaments peuvent remonter jusqu’à la surface, avait fini par décrocher. Bernard avait alors sollicité l’autorisation de se mettre à couple d’un navire scientifique russe qui avait jeté l’ancre dans la même baie. Cette demande, de même que les conditions de sa mise en œuvre, ont fait l’objet d’un rapport transmis au comité de course qui a décidé de porter l’affaire devant le jury sous forme d’une réclamation. Ce faisant, les arbitres sont dans leur rôle, celui de veiller à ce que les règles fondamentales qui régissent l’épreuve soient respectées. Bernard Stamm doit, quant à lui, dès qu’il disposera de l’énergie suffisante à bord, transmettre les éléments qui tendront à prouver qu’il n’a pas reçu d’assistance, au sens du règlement du Vendée Globe. Le jury devra ensuite statuer au vu de l’ensemble des pièces fournies. Pour l’heure, Bernard se débat toujours avec la réparation de ses hydrogénérateurs. Après avoir mouillé devant Dunedin, il a dû changer de havre, les vents tournant progressivement au nord-est. Le navigateur espère toutefois pouvoir repartir ce vendredi, afin de boucler son tour du monde.



 

CLASSEMENT



Positions du 28/12 à 5 heures : 1.Armel Le Cléac´h (Banque Populaire) à 8 773 milles de la ligne d’arrivée; 2.François Gabart (Macif) à 12,7 milles du leader; 3.Jean-Pierre Dick (Virbac Paprec) à 460,4 m; 4.Alex Thomson (Hugo Boss) à 849,7 m; 5.Jean Le Cam (SynerCiel) à 1 874,7 m; 6.Mike Golding (Gamesa) à 2 264,2 m; 7.Dominique Wavre (Mirabaud) à 2 316,5 m; 8.Javier Sanso (Acciona 100% EcoPowered) à 2 632,7 m; 9.Arnaud Boissières (Akéna Vérandas) à 2 850 m; 10.Bernard Stamm (Cheminées-Poujoulat) à 2 851,4 m; 11.Bertrand De Broc (Votre Nom Autour du Monde avec EDM Projets) à 3 606,4 m; 12.Tanguy de Lamotte (Initiatives-Coeur) à 3 920,5 m; 13.Alessandro Di Benedetto (Team Plastique) à 4 687,2 m. Abandons : Marc Guillemot (Safran); Kito de Pavant (Groupe Bel); Samantha Davies (Savéol); Louis Burton (Bureau Vallée); Jérémie Beyou (Maître CoQ); Zbigniew Gutkowski (Energa); Vincent Riou (PRB).

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Geoffroy Langlade
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Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
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Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
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Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Passionné depuis son enfance par toutes les formes de glisse et par la mer, Thomas a longtemps vécu dans le nord de la Floride aux Etats-Unis. Une expérience qui lui a permis de découvrir l'univers du bateau à moteur et du catamaran à travers plusieurs essais et croisières notamment dans les Caraïbes. Il contribue régulièrement à la rédaction de Figaro Nautisme.