Sur le chemin du retour

Jeudi 27 décembre 2012 à 17h55

LES 13 marins du Vendée Globe sont de l’autre côté de la Terre. Le dernier, Alessandro di Benedetto, navigue à la longitude de Perth, au sud-ouest de l’Australie, tandis que la tête de flotte affronte actuellement le désert liquide du Pacifique. Au milieu de cet océan « papier de verre », comme le surnomment les marins, les concurrents sont à 2 200 milles de la première terre (4 000 km), soit une semaine de navigation.


Après les dangers de la mer croisée et des tempêtes de l’Océan Indien, le Pacifique fait souvent figure d’océan plus clément bien qu’il soit le plus grand de ce tour du monde. Pourtant, ce dernier a réservé en seconde partie de semaine une embûche aux deux leaders, Armel Le Cleac’h (Banque Populaire) et François Gabart (Macif) avec une zone de calmes générée par un petit centre dépressionnaire en formation sur leur route directe. Les deux concurrents ont choisi de la contourner par le Sud, une route plus courte mais avec peu de vent, au risque de voir réduire leur écart sur leurs deux poursuivants, Jean-Pierre Dick (Virbac Paprec 3) et Alex Thomson (Hugo Boss).


Le Cléac’h et Gabart espéraient toucher vendredi matin un solide vent de 30 nœuds, issu de la dépression qui s’est formée dans leur tableau arrière. « Sauf en cas d’imprévu, nous allons sûrement rester assez proches avec François, constatait Armel Le Cleac’h lors de la vacation de jeudi. Le Cap Horn sera la difficulté de notre fin de semaine prochaine ».


Le demi-tour du monde commence aussi à se faire sentir sur les bateaux. Dimanche, l’un des fidèles du peloton de tête, Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat), a dû mettre la course entre parenthèses pour réparer ses fixations d’hydrogénérateurs. Ces systèmes, qui fournissent l’énergie du bord, connaissaient des défaillances depuis le large du Portugal. Le skipper suisse s’est d’abord abrité au nord de l’île d’Auckland à l’endroit même où Marc Guillemot (Safran) avait dû faire escale lors de la dernière édition. Cette île a le mérite d’être sur la route des marins mais est encore très exposée aux forts vents du Grand Sud. Cette fois-ci, elle n’a pas été le meilleur des abris. Malmené par des conditions difficiles, le mouillage de Cheminées Poujoulat a dérapé et obligé le skipper à s’amarrer à son voisin de baie, un navire scientifique russe. L’équipage du navire a alors mis à l’eau un semi-rigide pour porter assistance au marin, enfreignant ainsi la règle qui veut que les concurrents du Vendée Globe ne puissent recevoir aucune aide extérieure. Informé des événements, le comité de course a porté réclamation pour suspicion d’assistance extérieure. De son côté, Bernard Stamm a fait une seconde escale dans la baie de Kaikai en Nouvelle-Zélande pour terminer ses réparations.


Un peu plus loin, c’est Javier Sanso (Acciona) qui a dû lever le pied en raison d’une avarie sur le chariot de la drisse de grand-voile. Mercredi, à la tombée de la nuit, le concurrent a donc dû faire de la gymnastique en haut de son mât. « Cette réparation m’a fait perdre du temps mais m’a aussi totalement détaché de la course, regrettait-il jeudi dans un message envoyé à terre. Cette situation est assez frustrante mais, au moins, je vais dans la bonne direction et je pourrai vite naviguer de nouveau. »

 

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Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Norbert Conchin
Norbert Conchin
Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
François Tregouet
François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.