Sébastien Josse : « Il y a deux courses différentes »

Vendredi 14 décembre 2012 à 18h05

INTERVIEW. Sébastien Josse a beau courir en MOD70, il n'en oublie pas pour autant le Vendée Globe auquel il a déjà participé deux fois. Il a accepté de livrer au Figaro Nautisme ses impressions sur la course.

Depart du Vendee Globe 2004 ©La Chaîne Météo
INTERVIEW. Sébastien Josse a beau courir en MOD70, il n'en oublie pas pour autant le Vendée Globe auquel il a déjà participé deux fois. Il a accepté de livrer au Figaro Nautisme ses impressions sur la course.

Figaro Nautisme. - Comment jugez-vous ce Vendée Globe?

Sébastien Josse. - Il y a clairement deux courses différentes, une des bateaux neufs et une des plus anciens. Mais ça reste intéressant notamment avec les deux de tête. Depuis Sainte-Hélène, la séparation des groupes est plus marquée, ça sera très difficile de revenir pour les bateaux au-delà de la troisième place. Lors de la descente de l'Atlantique, on a pu assister à deux types de stratégie. Armel (Le Cléac'h) était en tête et il a donc pris une trajectoire plus sûre car il n'avait pas de raison de prendre un risque. Jean-Pierre Dick, au contraire, était dans le rôle du poursuivant et a donc tenté un pari. Je ne pense pas qu'une des deux stratégies ait marché mieux que l'autre. Ils ont chacun fait ce que leur position les incitait à faire.

Le système des portes des glaces change-t-il la donne?

Je ne pense pas que ça change grand-chose. Quand on regarde bien, les bateaux qui sont en tête le sont depuis bien avant ces portes. C'est sûr que le choix des options est plus restreint, les trajectoires sont plus linéaires. Mais si les portes n'étaient pas là, les bateaux les plus développés pourraient aussi plonger au sud et accroître leur avance. La course n'est pas faussée.

Auriez-vous aimé être au départ de cette édition ou vous projetez-vous sur une prochaine?

Comme beaucoup d'autres skippers, ça m'aurait énormément plu. Mais il y a un écart entre la volonté et la possibilité. Je voulais des bonnes conditions mais tout n'était pas réuni, ce n'est pas grave. Pour ce qui est de la prochaine édition, ce serait prématuré d'y penser dès maintenant. C'est dans 4 ans et on parle tellement de changements de réglementation qu'il serait risqué de se lancer sur un projet aujourd'hui. Actuellement, je suis très bien sur mon trimaran et dans ce que je fais.

N'êtes-vous pas inquiet pour l'avenir des MOD70?

Pas du tout. Les bateaux sont très bien. Il n'y a pas eu de casse, de chavirage ou de drame. Ils sont fiables et solides, chose à laquelle on n'était pas trop habitué avec les multicoques. C'est vrai que l'ambition d'un circuit privé n'est pas évidente vue la situation économique actuelle. Mais les MOD70 peuvent s'insérer dans d'autres courses. Donc je ne suis pas inquiet même s'il n'y a que 5 ou 6 bateaux dans la catégorie.

Le Vendée Globe est-il la plus difficile des courses selon vous?

En solo, c'est possible même si la Solitaire du Figaro, c'est aussi compliqué. Quand vous prenez le top 10 des skippers de la Solitaire, ils peuvent tous rivaliser sur le Vendée Globe, donc le niveau est très élevé. Sur le Vendée Globe, l'effort reste plus long et c'est logique que ce soit plus compliqué. Mais si on compare avec l'équipage, je pense que la Volvo Ocean Race est aussi difficile que le Vendée Globe. Partir pour une course de 9 mois, ce n'est jamais évident et ça reste un tour du monde.

Que préférez-vous entre le solitaire et l'équipage?

Je n'ai pas de préférence. J'aime bien varier les plaisirs. Du moment que j'ai un projet qui rentre à 100 % dans mes objectifs, c'est suffisant. Je recherche toujours les meilleures conditions pour pouvoir vivre ma passion. L'équipage forme à la cohésion, c'est essentiel. Le solitaire apprend à être fort mentalement. Les deux sont intéressants à vivre.

L'équipe
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Norbert Conchin
Norbert Conchin
Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
François Tregouet
François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.