Navigation sous adrénaline dans le Sud

Jeudi 6 décembre 2012 à 18h32

Les concurrents du Vendée Globe ont attaqué l'Océan Indien, déjà à la hauteur de sa réputation

SAILING - PRE-VG 2012-2013 - VIRBAC PAPREC - AERIAL VIEW ©La Chaîne Météo
Les concurrents du Vendée Globe ont attaqué l'Océan Indien, déjà à la hauteur de sa réputation

Terminée la régate fine, voici venu le temps de l'aventure, la vraie, dans le Grand Sud. La tête de course du Vendée Globe est en effet entrée en début de semaine dans l'Indien. Cet océan, surnommé «pays de l'ombre» par les marins, est pour l'instant fidèle à sa réputation qui en fait la partie du parcours la plus redoutée des concurrents: plafond bas, vents forts, mer chaotique, embruns glacés.

«Le vent est d'une instabilité assez exceptionnelle. Pas facile de se reposer mais je ne vais pas me plaindre, ça pourrait être bien pire. J'ai manoeuvré cette nuit sur le pont: le froid commence à être bien vif. Les glaces ne sont pas très loin», écrivait ainsi François Gabart (Macif) jeudi dans un message envoyé à terre.

Un panorama lunaire qui ne semble pas pousser les cinq bateaux de tête à la prudence, bien au contraire. En témoigne la valse des podiums virtuels: après avoir perdu la tête de la course le week-end dernier au profit de Jean-Pierre Dick (Virbac Paprec 3), Armel Le Cléac'h (Banque Populaire) a repris les commandes cette semaine avant de les laisser jeudi à Gabart. Dick a même quitté le podium pendant plusieurs heures dans la journée à la faveur du retour aux avant-postes de Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat).

Plonger dans le sud

Les marins du groupe de tête ont franchi, jeudi dans la journée, la «porte de Crozet», deuxième marque de passage virtuelle pour empêcher les bateaux d'aller flirter trop près avec les glaces de l'Antarctique, particulièrement nord cette année. Une «porte» qui ne semblait pas assez dissuasive pour les skippers qui, pris par l'enjeu de la régate planétaire qu'ils se livrent, ont replongé dans le sud dès la porte franchie, pour récupérer plus de vent en attendant de remonter pour la prochaine marque virtuelle.

«Après ce passage, je plongerai à nouveau dans le sud pour bénéficier de vents plus soutenus», expliquait ainsi Jean-Pierre Dick (lire ci-dessous). Au concours de tête brûlé, c'est Alex Thomson (Hugo Boss) qui est allé très au sud pour compenser le déficit de vitesse de son bateau plus ancien, et Bernard Stamm qui est revenu sur le trio de tête en deux jours, qui remportent la palme de la semaine.

Bagarre à tous les étages

Derrière, à distance raisonnable (environ 700 milles) mais pas encore insurmontable à l'échelle de la planète, le trio des «tontons flingueurs» -Le Cam, Golding et Wavre - a été décroché du fait de hautes pressions synonymes de vents mous qui les ont rattrapés et ralentis.

Jean Le Cam (SynerCiel) s'est illustré en début de semaine en plongeant dans une eau à 10 degrés pour libérer un filet qui s'était pris dans sa quille. Un peu plus loin derrière encore, les aventuriers continuent également leur progression au sud ouest du Cap de Bonne Espérance. Tanguy de Lamotte s'est fait une grosse frayeur mercredi avec des problèmes de pilote qui lui ont fait perdre le contrôle de son bateau et ont entraîné des bris de matériels. le marin-architecte, ralenti dans sa progression, a sorti la trousse à outil pour continuer sereinement son Vendée Globe et réparer sa grand-voile endommagée.

La bagarre est donc intense à tous les étages de la course, que les marins se battent pour la victoire ou contre eux même pour réaliser un rêve personnel.

L'équipe
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Norbert Conchin
Norbert Conchin
Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
François Tregouet
François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.