Vincent Riou : «Je ne sais pas de quoi sera fait mon avenir»

Mardi 27 novembre 2012 à 15h38

INTERVIEW. Seul ancien vainqueur présent sur cette édition, Vincent Riou a dû abandonner, suite à une collision avec une bouée métallique à la dérive. Nous l'avons joint mercredi après-midi, alors qu'il était en approche des côtes brésiliennes.

SAILING - PRE-VG 2012-2013 - PRB ©La Chaîne Météo
INTERVIEW. Seul ancien vainqueur présent sur cette édition, Vincent Riou a dû abandonner, suite à une collision avec une bouée métallique à la dérive. Nous l'avons joint mercredi après-midi, alors qu'il était en approche des côtes brésiliennes.

Figaro Nautisme. - Quelle est votre position actuelle?

Vincent Riou. - Les réparations que j'avais effectuées tiennent, parce que je ne force pas trop sur le bateau. Je suis actuellement à 80 milles de Salvador de Bahia et ça bouchonne un peu. Je vais attendre mercredi pour accoster. Mon équipe arrive jeudi au Brésil pour m'aider à réparer. On verra comment se déroule le retour du bateau.

Quel est votre programme de réparation?

Cela va dépendre des pièces. Le tirant d'outrigger est en cours de fabrication en Suisse. Je ne sais pas encore si je pourrai ramener mon bateau moi-même, mais j'aimerais bien. Je verrai en fonction de mes obligations, mais ce serait bien que le bateau soit de retour en Europe avant la fin de l'année.

Votre accident est tout à fait improbable. Quel sentiment prédomine sur le moment? Et deux jours après?

Quand l'incident arrive, il y a un sentiment d'injustice assez fort parce que tomber sur cette bouée métallique, c'est comme chercher une aiguille dans une botte de foin. Même deux jours après, ce sentiment est toujours présent même si on commence à se remettre le cerveau à l'endroit pour penser à l'avenir et non au passé.

Quelles sont les échéances auxquelles vous pensez?

Il faut que je me construise un programme pour l'année prochaine. Mon partenariat avec PRB s'arrêtait à la fin du Vendée Globe donc pour l'instant je ne sais pas de quoi sera fait mon avenir. On va se mettre autour de la table avec PRB et discuter. Moi j'espère pouvoir continuer avec eux à mes côtés.

PRB parle de continuer en IMOCA uniquement en cas de réduction des coûts, trouvez-vous que l'inflation des budgets dans la voile est trop forte?

Comme tous les sports mécaniques, la voile connaît une forte inflation. Lorsqu'il y avait une croissance économique, cette inflation ne dérangeait pas les partenaires. Mais dans la situation économique actuelle, il est plus compliqué pour les sponsors d'aligner les budgets adéquats. Pour le Vendée Globe, on parle tout de même d'une augmentation moyenne de 30% d'une édition à l'autre. C'est aux marins et aux classes de trouver un produit qui coïncide avec les finances des partenaires. Les sponsors commencent à avoir du mal à trouver les solutions en Imoca, mais à défaut de trouver moins cher, il faut au moins éviter que ce soit plus cher.

Aller vers la monotypie peut-il être la solution?

La monotypie, c'est un bien grand mot. Proposer des standards, oui c'est une solution et ce serait un premier pas. Par contre, on n'empêchera jamais des grandes entreprises de dépenser des fortunes. Mais si quelques aspects étaient réglementés, ce serait déjà un grand pas. Il faudrait aussi donner une plus grande accessibilité à la performance car des skippers comme Tanguy de Lamotte et Alessandro Di Benedetto font de la figuration.

L'équipe
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Norbert Conchin
Norbert Conchin
Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.