Boucler la boucle reste un exploit

Mardi 27 novembre 2012 à 15h15

Faire un tour du monde en solitaire et sans escale ne sera jamais anodin, ni banalisé. L’histoire du Vendée Globe le prouve.

Faire un tour du monde en solitaire et sans escale ne sera jamais anodin, ni banalisé. L’histoire du Vendée Globe le prouve.

Boucler un tour du tour à la voile en solitaire, sans escale et sans assistance, restera toujours un authentique exploit. Depuis 1989, le bilan des six premiers Vendée Globe est éloquent. Sur les 116 marins à s’être alignés au départ, seulement 60 ont rejoint la ligne d’arrivée. Un taux de réussite d’un sur deux en moyenne. Comme tout sport mécanique, la casse est la principale cause d’échec. Tour d’horizon d’une course planétaire devenue mythique.

 

1989-1990

Premier Vendée Globe. Le 26 novembre 1989, ils sont treize, ne sachant pas où cette aventure va les mener, à s’élancer des Sables d’Olonne. On se souviendra du Fleury-Michon X couché sur le flanc à l’entrée de l’océan Indien et secouru par Loïck Peyron. De la rage de vaincre de Titouan Lamazou qui élimine un par un tous ses adversaires pour écrire la première légende de « l’Everest des mers » en 109 jours. Ils ne seront que sept à rejoindre la ligne d’arrivée.

 

1992-1993
Deuxième acte. Alain Gautier domine de la tête et des épaules la course. Aux Sables d’Olonne, il faudra attendre 6 jours et demi pour connaitre son dauphin, Jean-Luc Van den Heede. Une nouvelle fois, ils ne seront que 7 sur les 14 partants à connaitre les joies du devoir accompli. La diversité des avaries subies est impressionnante : délaminage, quille défaillante, pilote automatique en panne, problème de structure et safran cassé. Hélas, la course sera endeuillée par la mort du Britannique Nigel Burgess, retrouvé noyé dans le Golfe de Gascogne.

 

1996-1997

Un Vendée Globe terrible. 15 candidats et seulement 6 élus ! Dans une traversée apocalyptique de l’océan Indien, balayé par une mer dantesque et des vents de plus de 50 noeuds, Tony Bullimore, Raphaël Dinelli et Thierry Dubois chavireront tour à tour. On se souvient encore de l’acte héroïque de l’Anglais Pete Goss qui porta secours à Dinelli et le sauva des flots. Et puis de la dramatique disparition du canadien Gerry Roufs dans le Pacifique Sud. Six mois plus tard, son monocoque sera retrouvé vide sur une côte chilienne. Après cette tragédie, les coureurs et les architectes définiront des normes de sécurité plus strictes à bord des monocoques de 60 pieds. Cette édition de triste mémoire fut remportée par Christophe Auguin.

 

2000-2001

Les 24 solitaires qui s’alignent au départ de ce quatrième acte ont tous en mémoire l’édition précédente. Une météo favorable permettra à 15 d’entre eux de rentrer à bon port. Ce Vendée Globe couronne un très grand marin en la personne de Michel Desjoyeaux. Elle révèle aussi tout le talent et la détermination de la britannique Ellen McArthur, deuxième aux Sables d’Olonne. On retiendra aussi l’incroyable exploit d’Yves Parlier qui bricola ingénieusement un gréement de fortune dans un fjord néo-zélandais, et termina finalement treizième.

 

2004-2005

A ce jour, ce Vendée Globe est celui qui a le taux de réussite le plus grand. 13 des 20 candidats retrouvent victorieusement le chenal des Sables d’Olonne. Une édition marquée par le doublé d’un bateau aux couleurs de PRB. Après Michel Desjoyeaux, c’est au tour de Vincent Riou de décrocher la timbale.

 

2008-2009

L’édition la plus prolifique depuis la création de la course avec 30 aventuriers au départ. C’est aussi une véritable hécatombe. 40 % seulement de la flotte terminera sans encombre le tour du monde après 17 abandons ! Huit ans après, Michel Desjoyeaux, impérial, double la mise en pulvérisant au passage le record de l’épreuve en 84 jours et 3 heures.

 

2012-2013
Septième acte en cours. Après 15 jours de mer, Armel Le Cléac’h mène les débats en route vers les mers du Sud. Ils ne sont plus que 13 marins sur 20 engagés à poursuivre l’aventure planétaire. Du jamais vu, 7 solitaires au tapis dans un laps de temps aussi court. Sans présager de la suite...

 

L'équipe
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Norbert Conchin
Norbert Conchin
Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
François Tregouet
François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.