Louis Burton : « Je n'ai qu'une envie, c'est d'y retourner »

Par Mathieu, Edouard
Lundi 26 novembre 2012 à 21h15

INTERVIEW. Pour sa première participation au Vendée Globe, Louis Burton, le benjamin de la course (27 ans) a dû abandonner dès le cinquième jour de course, après une collision avec un chalutier. Le skipper de Bureau Vallée est certes déçu, mais se projette déjà vers les prochaines échéances.

©La Chaîne Météo

INTERVIEW. Pour sa première participation au Vendée Globe, Louis Burton, le benjamin de la course (27 ans) a dû abandonner dès le cinquième jour de course, après une collision avec un chalutier. Le skipper de Bureau Vallée est certes déçu, mais se projette déjà vers les prochaines échéances.

Figaro Nautisme. - Une semaine après votre abandon, quel est le sentiment qui prédomine?

Louis Burton. - Je pense que ce que j'ai vécu est quelque chose qui reste gravé à vie dans la mémoire d'un homme. J'ai pris une semaine de break où j'ai fait beaucoup de choses qui ne sont pas en rapport avec la voile. Maintenant, on part mardi pour La Corogne pour rapatrier le bateau. On verra tout ce que l'on peut récupérer de ce bateau parce qu'en dehors du hauban, le reste est encore en très bon état. On a du temps en plus par rapport aux autres concurrents pour préparer les prochaines échéances, il faut le voir de cette façon.

 

Quelles sont vos prochaines échéances?

Dans la voile, mon prochain objectif est la Transat Jacques Vabre l'an prochain. Mercredi, on va remplacer le hauban du bateau et ramener le bateau aux Sables d'Olonne pour revoir les sponsors et tous les gens qui nous ont soutenus. J'ai simplement le regret de ne pas avoir pu ramener le bateau aux Sables en étant en course. Mon équipe avait fait un travail énorme à terre, pour permettre aux pièces nécessaires à la réparation d'être prêtes à temps. Malheureusement, je n'ai pas pu remplir ma part du travail.

 

C'est la deuxième fois que vous êtes percuté par un chalutier (après la Route du Rhum 2010). Pensez-vous que la malchance vous poursuit?

Je ne pense pas que ce soit de la malchance. Peut-être qu'il n'y a pas assez de moyens de sécurité. Aujourd'hui, avec toutes les technologies qui existent, on devrait être capable d'avoir des instruments anti-collision. Surtout en solitaire, on ne peut pas être tout le temps devant les radars. Après, je n'ai pas encore discuté avec Alain Gautier (directeur de la sécurité du Vendée Globe), peut-être qu'il me dira que c'est trop compliqué.

 

Que vous inspire ce nombre impressionnant d'abandons précoces?

C'est la course en solitaire la plus difficile au monde et ça se confirme tous les jours. Ça renforce aussi ce que je disais précédemment. Les conditions de sécurité ne sont peut-être pas optimales surtout pour ce qui est des collisions avec des chalutiers. Mais je n'ai aucune rancoeur, que ce soit envers la sécurité du Vendée Globe ou même envers le pêcheur qui m'a percuté. Il faisait son travail, il n'y a rien à redire à cela. C'est simplement dommage.

 

Malgré votre abandon, vous avez vécu le départ de cette course, quelles sont les émotions positives que vous gardez?

Déjà, monter ce projet c'était quelque chose d'exceptionnel et de très positif. J'ai eu beaucoup de chance d'avoir la confiance de mes partenaires. J'ai notamment eu une équipe super au niveau technique et la gestion de ce projet jusqu'au départ de la course est une grande satisfaction. En plus, il n'y a pas de rancoeur du sponsor qui n'a pas du tout l'intention de laisser tomber la voile. Pour ce qui est de la course, la sortie du chenal a évidemment été un grand moment. En prime, je n'avais pas trop mal réussi mon départ...

 

Pensez-vous déjà à un prochain Vendée Globe?

Bien sûr, même s'il y a d'autres échéances entre temps. Cette course c'est du délire. Surtout après ce qui m'est arrivé, je n'ai qu'une envie, c'est d'y retourner. J'aimerais beaucoup m'aligner à nouveau sur le Vendée Globe pour aller découvrir ces mers que je ne connais pas. Mon partenariat avec Bureau Vallée se termine initialement fin 2013, mais nous allons avoir un entretien dans les prochains jours et lors du salon nautique avec bien sûr l'envie de continuer ensemble.

 

Continuez-vous à suivre la course?

Je n'ai jamais cessé de la suivre. Même si pendant la semaine qui a suivi mon abandon j'ai fait beaucoup de choses extérieures à la voile, je m'intéresse toujours à ce qui se passe. Mais c'est un autre point de vue, celui du passionné avec tout de même des connaissances d'initié. Par contre, mon favori a abandonné dès les premières heures de course, c'était Marc Guillemot...

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Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
Geoffroy Langlade
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Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Guillaume Fourrier
Guillaume Fourrier est un vrai passionné de la mer. Il pratique la pêche en mer depuis l'âge de 13 ans et a aujourd'hui à son actif près de 20 records de France, d'Europe et du Monde pour la prise de gros spécimens. Originaire de Boulogne-sur-Mer, il a sillonné les eaux de la façade Atlantique mais également celles de la Méditerranée. Il a également trempé ses lignes sur des contrées exotiques comme la Nouvelle-Calédonie, où il séjourna plusieurs mois à la recherche de gros poissons du lagon. Il pêche aujourd'hui en Normandie, son nouveau port d'attache.