Calculs mathématiques contre route météo

Par Figaro Nautisme
Lundi 26 novembre 2012 à 15h30

La route théorique, qui permet de classer les concurrents du Vendée Globe, est une ligne qui va au plus court, en plein cœur de l’anticyclone de Sainte-Hélène. De quoi faire grincer les dents des internautes qui parlent de « faux classement ».

La route théorique, qui permet de classer les concurrents du Vendée Globe, est une ligne qui va au plus court, en plein cœur de l’anticyclone de Sainte-Hélène. De quoi faire grincer les dents des internautes qui parlent de « faux classement ».

« Cela fait une semaine que je le dis @luctalbourdet #VG2012: le classement est faux depuis une semaine, à quand une modification du mode de calcul ? », interpelle Jacques Guyader sur Twitter. « Pas nouveau mais faudrait pas attendre la fin du Vendée Globe 2012 pour rectifier Errare humanum Est, Perserverare Diabolicum. », avance de son côté Luc Talbourdet. L’organisation accueille ces réflexions avec une pointe d’agacement, comme en témoigne Denis Horeau, directeur de course : « C’est la même chose depuis 20 ans, à chaque fois lors du passage de l’anticyclone de Sainte-Hélène. » Au moment de la définition du parcours théorique, le 10 septembre, il était impossible de connaitre l’emplacement de l’anticyclone.


Une ligne théorique, loin des skippers de l’Ouest.
 

Pour classer les concurrents pendant la course, les organisateurs ont défini, en collaboration avec les skippers, un parcours théorique: le chemin le plus court pour aller et revenir aux Sables d’Olonne. Ce parcours est balisé par un certain nombre de points de passages obligatoires, le prochain est ainsi la première porte des glaces : « La Porte Atlantique. » La position de chaque concurrent est calculée par rapport à la distance qui le sépare de ce point de référence en ligne directe. C’est la raison pour laquelle un concurrent décalé à l’Ouest, comme Jean-Pierre Dick, perd des places dans le classement car, même s’il descend vers le sud, il se décale de la route théorique située à son est. Cette semaine, Jean-Pierre Dick (Virbac-Paprec) pourrait donc être désavantagé par ce type de classement tandis que la semaine dernière, au contraire, Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) était avantagé par cette technique : il était le skipper le plus à l’est de la flotte et donc en meilleure position que ses concurrents qui filaient plus au sud mais plus loin de la route théorique. Toutefois ces décalages ne sont que temporaires. « Il est difficile d’avoir les distances réelles entre chaque bateau, explique Yann Elies, vainqueur de la Solitaire du Figaro 2012, voilà pourquoi on utilise ce type de classement ». Le parcours théorique ne bouge que lorsque les organisateurs sont obligés de changer les portes de glace en raison des icebergs. Ces dernières limitent le terrain de jeu des skippers au Sud, les empêchant de s’approcher trop près de l’Antarctique. « Lorsque nous changeons les portes, nous ajustons le parcours théorique, explique Denis Horeau. Mais nous ne changerons pas la route au niveau de l’anticyclone car un skipper peut très bien passer au cœur de ce phénomène météo s’il le souhaite. » Les concurrents qui se décalent à l’Ouest pour contourner l’anticyclone espèrent récupérer plus vite la dépression qui les portera vers les mers du sud. Ils acceptent donc de perdre du temps, de s’éloigner de la route théorique, pour récupérer plus de vitesse ensuite. C’est une option météo. « Ce serait arbitraire de donner un classement par rapport au way point météo, observe de son côté Yann Elies. Plutôt que d’essayer de changer l’organisation du classement, il faut mieux expliquer les subtilités du classement au grand public. »

 

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Eric Mas
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Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
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Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Guillaume Fourrier est un vrai passionné de la mer. Il pratique la pêche en mer depuis l'âge de 13 ans et a aujourd'hui à son actif près de 20 records de France, d'Europe et du Monde pour la prise de gros spécimens. Originaire de Boulogne-sur-Mer, il a sillonné les eaux de la façade Atlantique mais également celles de la Méditerranée. Il a également trempé ses lignes sur des contrées exotiques comme la Nouvelle-Calédonie, où il séjourna plusieurs mois à la recherche de gros poissons du lagon. Il pêche aujourd'hui en Normandie, son nouveau port d'attache.