Le regard de Loïck Peyron sur la course

Dimanche 25 novembre 2012 à 18h00

 Actuellement à San Francisco où il joue le rôle de « pilote d’essai » à bord du AC72 d’Artemis Racing, Loïck Peyron livre au Figaro Nautisme ses premières impressions sur le Vendée Globe.

 Actuellement à San Francisco où il joue le rôle de « pilote d’essai » à bord du AC72 d’Artemis Racing, Loïck Peyron livre au Figaro Nautisme ses premières impressions sur le Vendée Globe.

 Contraint à l’abandon sur la dernière édition du Vendée Globe pour cause de démâtage alors qu’il faisait course en tête depuis 16 jours, Loïck Peyron a suivi le début de la circumnavigation en solitaire, sans escale et sans assistance avec attention, même s’il se trouve à l’autre bout du monde. « La course est passionnante, ils régatent vraiment sérieusement. François Gabart (MACIF) a imprimé un beau rythme dès le début, il navigue bien et proprement, mais ce n’est pas vraiment une surprise. Fort heureusement, c’est quelqu’un d’un peu plus âgé qui a repris les rennes. Il faut bien un peu respecter la hiérarchie », plaisante Loïck Peyron, qui estime que jusqu’à présent, les leaders ont navigué dans des conditions plutôt favorables, ce qui a été moins le cas de l’arrière de la flotte. Dans quelques jours, c’est l’anticyclone de Sainte-Hélène qu’il faudra contourner. « Les côtes brésiliennes sont les plus pénibles à négocier, aussi bien à l’aller qu’au retour mais ça devrait passer en souplesse », poursuit-il. « Ils devront tous être extrêmement attentifs à l’angle qu’ils choisiront pour contourner Sainte-Hélène, que ce soit par rapport au vent que par rapport aux vagues. Il faudra qu’ils essayent de raccourcir la route, mais pas trop. Il y a aura quelques réglages à faire et sûrement quelques grains mais les skippers vont passer un moment relativement tranquille dans les jours à venir. Après, ils commenceront à préparer le Sud, verront leur premier albatros…les choses sérieuses pourront commencer », ajoute-t-il.

 


Alors que l’on déplore déjà sept abandons après seulement deux semaines de course, Loïck Peyron revient sur le côté aléatoire de la course au large. « Ces courses là sont aléatoires, peut être maintenant plus que jamais. Il y a de plus en plus d’objets flottants sur l’eau, ce qui augmente les probabilités de chocs, alors que l’on n’a pas beaucoup de moyens pour les éviter. C’est comme une épée de Damoclès permanente. On n’est jamais sûr de pouvoir continuer la course, ni même de pouvoir rentrer », explique-t-il, notant néanmoins que certains abandons sont liés à des problèmes purement mécaniques, qui continueront d’exister quoiqu’il arrive. Côté sportif, Loïck Peyron déplore le manque de préparation de certains skippers, étrangers notamment. « Le Vendée Globe est devenu une régate planétaire pour la majeure partie des Français mais reste une aventure exceptionnelle pour les étrangers, à part pour Alex Thomson qui m’impressionne. Je ne le sentais pas aussi efficace que ça. Et même ceux qui acquièrent de l’expérience n’ont toujours pas le budget et le bateau à la hauteur de leur talent. Il faudra encore attendre longtemps pour voir un étranger dominer un jour le Vendée Globe, si tant est que l’on peut le dominer ».

 


Trois « bateaux de cœur »


Difficile pour Loïck Peyron de se frotter au jeu des pronostics. « Je vois les trois premiers du classement final sur le podium ! En fait, c’est impossible de prédire quoique ce soit, même si sur le papier, plusieurs bateaux sont capables de s’imposer. Ce qui vient d’arriver à Vincent (Riou) le prouve. Même si on a de nombreux de milles d’avance, tout peut se passer », commente-t-il. Le skipper a tout de même ses favoris. « J’ai quand même trois bateaux de cœur. Celui d’Armel (Le Cleac’h), qui s’appelle Banque Populaire et qui m’évoque beaucoup de souvenirs (Loïck Peyron a battu le record du Trophée Jules Verne à bord du Maxi Banque Populaire V le 6 janvier dernier, ndlr), celui de Jean-Pierre Dick, à bord duquel on a gagné la dernière édition de la Barcelona World Race et enfin SynerCiel, mon ancien Gitana 80 à qui je n’ai pas réussi à faire faire un tour complet. Ca serait bien qu’il le fasse avec Jean (Le Cam), même s’il a déjà bouclé une Barcelona World Race ».

 

L'équipe
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Norbert Conchin
Norbert Conchin
Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
François Tregouet
François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.