Di Benedetto : « Le Vendée Globe, c'est un rêve »

Mercredi 21 novembre 2012 à 19h54

Dernier du classement, Alessandro Di Benedetto ne cherche pas à rivaliser avec les « grands ». Son seul voeu est de s'amuser et il y arrive très bien.

©La Chaîne Météo
Dernier du classement, Alessandro Di Benedetto ne cherche pas à rivaliser avec les « grands ». Son seul voeu est de s'amuser et il y arrive très bien.

Figaro nautisme. - Comment jugez-vous votre début de Vendée Globe?

Alessandro Di Benedetto. - Je suis très content d'être ici, de participer à cette course mythique. C'est l'Everest des Mers, j'avais hâte de partir et de naviguer avec Team Plastique. C'est un joli bateau qui a déjà une belle histoire. C'est bien qu'il continue à surfer sur les océans. Je suis satisfait d'être 14e au classement. Les premiers jours, j'ai fait très attention au bateau, j'ai rencontré de la houle croisée, cassante et j'ai quelque fois modifié le cap et ralenti pour ne pas casser. Je fais très attention car la route est longue...

Vous avez déjà fait ce parcours sur un voilier de 6,50m, cela vous aide-t-il?

Je pense que oui. Ça m'a surtout beaucoup aidé dans la préparation du bateau et de l'équipement à terre. La gestion du repos, la protection du corps, l'organisation de la vie à bord, les vivres et l'eau sont aussi des aspects que j'avais pu tester lors de ce précédent tour du monde. Tout peut arriver à n'importe quel bateau et au meilleur skipper. Une collision, un problème technique, c'est rarement prévisible. Avec mon sponsor, j'ai essayé de faire une liste des priorités, en particulier sur les contrôles du bateau, la sécurité. Si j'arrive à la suivre nous pourrons réaliser un beau projet.

Etait-ce plus difficile que sur un 60 pieds?

C'est différent. Sur un 6.50, une des choses les plus difficiles est le manque d'espace. Il faut par exemple savoir gérer la mer forte dans le Grand Sud. Sur un 60 pieds la difficulté est d'anticiper la météo. On ne peut pas commettre de faute, on ne peut rien laisser au hasard. Chaque faute, aussi minime soit elle, peut être fatale. Avec l'inertie du bateau et la grande surface des voiles un petit problème peut très rapidement se transformer en quelque chose de dangereux.

Yves Parlier vous attribuait le courage et la persévérance comme qualités principales. Ce sont ces valeurs que vous voulez mettre à l'épreuve avec ce Vendée Globe?

Je participe à ce Vendée Globe pour plusieurs raison mais tout vous raconter serait bien trop long. Je pense qu'à mon retour, je vais écrire un livre sur ce Vendée Globe. Je le fais parce que c'est un rêve, parce que c'est le top de la course pour un solitaire, parce qu'on navigue sur des machines puissantes qui donnent des sensations incroyables. Je le fais pour l'aventure, pour partager des émotions avec le grand public, mais aussi avec les salariés de Team Plastique et des autres partenaires. Il ne faut pas oublier que c'est un grand voyage.

Comment se passe la vie à bord?

Le rythme commence à venir. Il faut s'organiser mais au final, le rythme se forme tout seul en fonction des conditions météo et de l'avancement du bateau. Pour le moment ça se passe très bien, je fais pousser mes salades pour avoir des aliments frais tous les jours. Je suis en forme et je connais de mieux en mieux ce bateau, ses limites et les miennes.

Les réparations que vous avez apportées pour l'hydrogénérateur et le safran babord tiennent-elles?

Oui, même si malheureusement, l'hydrogénérateur ne marche désormais qu'à environ 50 % de ses capacités. Il va falloir faire avec. Le safran va bien aussi, j'ai démonté un taquet bloqueur de la bôme et j'ai remplacé le taquet explosé. Aujourd'hui, j'ai fait d'autres petites interventions: un peu de colle pour une petite rentrée d'eau sur un hublot et le collage d'un petit taquet.

Vous avez un des bateaux les plus vieux de la course, cela vous frustre-t-il de ne pas pouvoir concourir à armes égales avec les autres skippers?

C'est surtout le seul à avoir une quille fixe et c'est vrai, il a bien 14 ans... Je le savais depuis le début que j'allais avoir plusieurs handicaps par rapport aux autres. Mais ça ne me dérange pas car je suis en train de m'amuser et je veux faire une belle course. Je veux avant tout raconter une belle histoire de navigation et d'émotions en mer.

L'objectif est-il seulement de terminer?

Bien sûr, c'est important de terminer la course. Mais mon objectif est surtout de faire la meilleure performance possible, donner le meilleur de moi-même. Si j'y arrive, je pourrais être satisfait. Un Vendée Globe, ça se prépare aussi à terre. Ce ne sont pas forcément les bateaux plus rapides qui vont terminer. Terminer, c'est déjà avoir réussi quelque chose d'énorme.

Contactez-vous les autres concurrents? Et la terre?

Oui, de temps en temps j'échange des mails avec Arnaud (Boissières) et Tanguy (de Lamotte). J'appelle aussi mon sponsor, la famille de temps en temps mais le téléphone est souvent plus compliqué. J'envoie beaucoup de mails et surtout des vidéos et photos. Les mails me permettent de partager des choses comme je l'ai fait avec la réparation de l'hydrogénérateur.

L'équipe
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Norbert Conchin
Norbert Conchin
Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
François Tregouet
François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.